mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2216208 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARENTS-TRENNEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 5 novembre, 8 novembre, 20 décembre 2022 et le 7 février 2023, M. F C et Mme B D, représentés par Me Trennec, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2021 par lequel le maire de Livry-Gargan a délivré à M. A E un permis de construire une maison individuelle à usage d'habitation sur une parcelle située 17 allée Violette, ensemble la décision portant rejet implicite de leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Livry-Gargan une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ;
- le projet méconnaît les dispositions des articles UE 4, UE 5 et UE 7.2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 9 décembre 2022 et le 6 mai 2024, M. A E, représenté par Me Menzel, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 31 janvier 2023 et le 13 mai 2024, la commune de Livry-Gargan, représentée par Me Corneloup, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et de l'absence d'intérêt pour agir des requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 17 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- et les observations de Me Calvo, représentant la commune de Livry-Gargan.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 17 mai 2021, le maire de Livry-Gargan a délivré à M. A E un permis de construire une maison individuelle à usage d'habitation sur une parcelle située 17 allée Violette. Les requérants doivent être regardés comme demandant l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision portant rejet implicite de leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan () des toitures () ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Si le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas de plan de toiture, cette omission est toutefois compensée par la notice architecturale, ainsi que la légende des plans des façades, qui indiquent que la toiture du pavillon individuel projeté sera réalisée en tuiles, aura une inclinaison de 45°, sera de couleur gris anthracite, que les débords du toit seront en PVC de couleur blanche, et que le faîtage de la toiture se situe à une distance de 10,58 mètres, mesurée à partir du terrain naturel. Dans ces circonstances, cette omission n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. En deuxième lieu, lorsqu'une autorisation d'urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Elle peut, de même, être régularisée par une autorisation modificative si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par l'autorisation initiale a été entretemps modifiée ou si cette règle ne peut plus être regardée comme méconnue par l'effet d'un changement dans les circonstances de fait de l'espèce. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'autorisation initiale.
6. En se bornant à soutenir que " le dossier est également incomplet en ce qu'il ne comprend pas la notice relative à la réglementation thermique ", les requérants n'assortissent ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, à supposer qu'ils aient entendu soulever le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas le document attestant de la prise en compte de la réglementation thermique prévu par les dispositions du j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, dans leur rédaction applicable à la date du 17 mai 2021, le permis de construire modificatif délivré à M. E le 19 septembre 2023, versé aux débats, a implicitement, mais nécessairement régularisé cette omission, dans la mesure où les dispositions du j) de l'article R. 431-16 applicables à cette date, qui renvoient aux dispositions de l'article R. 122-22 du code de la construction et de l'habitation, qui renvoient elles-mêmes aux dispositions de l'article R. 172-10 du même code, et aux dispositions des articles R. 172-11 et de l'article R. 171-12 du même code, n'exigeaient plus, pour les pavillons individuels à usage d'habitation, d'annexer au dossier de demande de permis de construire un document attestant de la prise en compte de la réglementation thermique. Par suite le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire, en l'absence de " notice relative à la réglementation thermique ", ne peut qu'être écarté comme inopérant.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article UE 4 du règlement du PLU : " Emprise au sol des constructions / Le coefficient d'emprise au sol des constructions est limité à 60% ". Le lexique du règlement du PLU indique que : " L'emprise au sol des constructions, y compris des constructions annexes, correspond à leur projection verticale au sol, exception faite des éléments de modénature, des éléments architecturaux, des débords de toiture, des oriels, des balcons, des éléments techniques d'isolation par l'extérieur et de production d'énergie renouvelable. Sont également exclus du calcul de l'emprise au sol, les piscines non couvertes, les bassins, les sous-sols et les parties de construction ayant une hauteur au plus égale à 0,60 mètre à compter du terrain naturel () ".
8. D'une part, la parcelle terrain d'assiette du projet est d'une superficie de 272 m², de sorte que l'emprise au sol de la construction projetée ne peut, en application des dispositions citées au point précédent, être supérieure à 163,20 m². Or, il ressort des pièces du dossier que cette dernière est d'une superficie de 81 m². D'autre part, les requérants ne démontrent pas en quoi la surface de l'emprise au sol indiquée dans le dossier de demande serait erronée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 4 du règlement du PLU et de ce que la surface de l'emprise au sol indiquée dans le dossier de demande serait erronée doivent être écartés.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article UE 5 du règlement du PLU : " Hauteur maximale des constructions / 5.1 Définition / La hauteur des constructions est mesurée en tout point de la construction à partir du terrain naturel () / 5.2 Dispositions générales / La hauteur maximale des façades / La hauteur de toute construction ne peut excéder celle résultant des prescriptions concernant l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ou par rapport aux constructions entre elles (Cf. art. 2.2 et 2.3). / Sauf prescription graphique particulière reportée au zonage, imposant un gabarit moins ou plus important, les constructions seront limitées à : / R + 1 + C soit 2 niveaux et 1 couronnement / H ( 7m à l'égout du toit ou à l'acrotère () ".
10. Si les requérants allèguent que le projet méconnaît les règles de hauteur instituées par les dispositions précitées de l'article UE 5 du règlement du PLU, dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de la configuration du terrain, décaissé, de sorte que le point de départ de la hauteur indiqué au dossier de demande n'est en réalité pas celui du terrain naturel, ils n'assortissent toutefois ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
11. En cinquième et dernier lieu, en se bornant à soutenir que les deux arbres existants sur la parcelle terrain d'assiette du projet seront abattus sans être remplacés, les requérants n'assortissent pas leur moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que deux arbres seront abattus et qu'un arbre sera replanté au sein de l'espace de pleine terre d'une surface de 142 m², répondant ainsi aux exigences des dispositions de l'article UE 7.2 du règlement du PLU applicables au traitement des espaces libres. Par suite, le moyen tiré de l'absence de compensation de l'abattage de deux arbres existants doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. C et de Mme D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Livry-Gargan et de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A E et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C et de Mme D est rejetée.
Article 2 : M. C et Mme D verseront une somme de 1 500 (mille cinq-cents) euros à la commune de Livry-Gargan, et une somme de 1 500 (mille cinq-cents) euros à M. A E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F C, à Mme B D, à M. A E, et à la commune de Livry-Gargan.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Myara, président,
- M. Laforêt, premier conseiller,
- Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
La rapporteure,Le président,
M. HardyA. MyaraLe greffier,
L. DionisiLa République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 22162082
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026