mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2216758 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FELTESSE WARUSFEL PASQUIER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, la Ville de Paris, représentée par sa maire, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à M. K, Mme G A, M. F A, M. J I, Mme M C, M. E C, Mme L H et à M. D C ainsi qu'à tout occupant de leur chef d'évacuer sans délai le hangar à bateaux situé 8 chemin du Halage à Pavillons-sous-Bois, sur les parcelles cadastrées B-2 et B-3 ;
2°) de l'autoriser à reprendre immédiatement possession des lieux aux frais, risques et périls des occupants, si besoin avec le concours d'un serrurier et de la force publique.
La Ville de Paris soutient que :
- la juridiction administrative est compétence pour connaitre de sa demande, dès lors que les biens en cause constituent une dépendance du domaine public fluvial ;
- la condition d'urgence est remplie et la mesure sollicitée est utile dès lors que l'occupation illicite du hangar porte atteinte à la sécurité de leurs occupants ;
- la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que les occupants du hangar sont sans droit ni titre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2022, M. K, Mme G A, M. F A, M.J I, Mme M C, M. E C, Mme L H et M. D C, représentés par la SELARL Feltesse Warusfel Pasquier et associés, demandent au juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de rejeter la requête ou, à titre subsidiaire, d'ordonner à la Ville de Paris de rechercher des solutions afin d'assurer leur hébergement et de leur octroyer un délai pour quitter les lieux, dans l'attente de leur relogement ;
3°) de mettre à la charge la Ville de Paris la somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable, faute pour la Ville de Paris de justifier de sa qualité de propriétaire et, par suite, d'un intérêt à agir ;
- les conditions d'urgence et d'utilité ne sont pas remplies ;
- la demande se heurte à une contestation sérieuse, en ce qu'elle méconnait les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il incombe à l'autorité administrative d'assurer leur hébergement, en application des articles L. 345-2 et L. 121-7 du code de l'action sociale et des familles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Marchand, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 9 décembre 2022 en présence de Mme Traore, greffière :
- le rapport de M. Marchand, qui informe les parties de ce que l'ordonnance à intervenir est susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'entre pas dans l'office du juge des référés d'autoriser la Ville de Paris à reprendre immédiatement possession des lieux aux frais, risques et périls des occupants, si besoin avec le concours d'un serrurier et de la force publique ;
- les observations de la représentante de la Ville de Paris ;
- les observations de Me Hassaini, substituant la SELARL Feltesse Warusfel Pasquier et associés, avocat des défendeurs.
La clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 13 décembre 2022 à 17 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi, sur le fondement de ces dispositions, de conclusions tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, le juge des référés y fait droit dès lors qu'au jour où il statue, la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ".
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire des défendeurs au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande d'expulsion :
4. En premier lieu, la Ville de Paris justifie, par la production de pièces issues du cadastre ainsi que d'une copie du procès-verbal du 15 décembre 1971 portant remise par le département de la Seine de dépendances du domaine public, être propriétaire du bien dont elle demande l'évacuation. Par suite, la fin de non-recevoir, opposée en défense, tirée de ce que la Ville de Paris ne justifierait pas de sa qualité de propriétaire du hangar en cause dans le présent litige et, par suite, de son intérêt à agir, doit être écartée.
5. En deuxième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande d'expulsion d'occupants sans droit ni titre d'une dépendance du domaine public, il appartient au juge administratif, lorsque l'exécution de cette demande est susceptible de concerner des enfants, de prendre en compte l'intérêt supérieur de ceux-ci pour déterminer, au vu des circonstances de l'espèce, le délai qu'il impartit aux occupants afin de quitter les lieux. Ce délai doit ainsi être fixé en fonction, notamment, d'une part, des diligences mises en œuvre par les services de l'Etat aux fins de procurer aux personnes concernées, après leur expulsion, un hébergement d'urgence relevant des dispositions de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles ou, si les intéressés remplissent les conditions requises, un hébergement ou logement de la nature de ceux qui sont visés à l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et, d'autre part, de l'existence éventuelle d'un danger grave et imminent pour les occupants de l'immeuble du fait de leur maintien dans les lieux, de l'existence d'un projet d'affectation de l'immeuble à une activité d'intérêt général, dont l'occupation a pour effet de retarder la réalisation, ainsi que de la possibilité qui a été donnée à l'autorité administrative de procéder au recensement et à la définition des besoins des personnes concernées.
6. D'une part, il résulte de l'instruction que les défendeurs occupent le hangar à bateaux situé 8 chemin du Halage à Pavillons-sous-Bois sans disposer d'aucun droit ou titre les y autorisant. Par suite, la demande tendant à leur expulsion ne se heurte, sur le principe, à aucune contestation sérieuse.
7. D'autre part, il résulte de l'instruction que l'occupation du hangar en cause présente un risque pour la sécurité des occupants, compte tenu notamment des installations électriques précaires qu'ils ont mises en place et des nombreux éléments inflammables présents. Par suite, la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire droit à la demande d'expulsion formée par la Ville de Paris.
9. Il résulte cependant de l'instruction que l'expulsion sollicitée est susceptible de concerner des enfants. En outre, la Ville de Paris n'allègue pas avoir formé le projet d'affecter le hangar en cause dans le présent litige à une activité d'intérêt général, et ne justifie pas des diligences accomplies par les services de l'Etat pour assurer le relogement ou l'hébergement des personnes concernées. Dès lors, et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'impartir aux personnes concernées un délai de trois mois pour libérer les lieux.
10. En dernier lieu, compte tenu des modalités de l'expulsion ci-dessus prescrites, celle-ci ne contrevient pas aux stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de libertés fondamentales, ni à celles du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
11. Il n'entre pas dans l'office du juge d'autoriser la Ville de Paris à reprendre immédiatement possession des lieux aux frais, risques et périls des occupants, si besoin avec le concours d'un serrurier et de la force publique. Par suite, la demande formulée en ce sens par la Ville de Paris doit être rejetée.
Sur la demande des défendeurs tendant à ce qu'il soit enjoint à la Ville de Paris de rechercher des solutions afin d'assurer leur hébergement :
12. Il résulte des dispositions de l'article L. 121-7 du code de l'action sociale et des familles que les mesures d'aide sociale en matière d'hébergement mentionnées aux articles L. 345-1 à L. 345-3 du même code sont à la charge de l'Etat. Par suite, la demande des défendeurs tendant à ce que la Ville de Paris les mette en œuvre doit être rejetée.
Sur la demande tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
13. La Ville de Paris n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante pour l'essentiel. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'une somme soit mise à sa charge en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : M. K, Mme G A, M. F A, M. J I, Mme M C, M. E C, Mme L H et M. D C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint à M. K, Mme G A, M. F A, M.J I, Mme M C, M. E C, Mme L H et M. D C et à tous occupants de leur chef de libérer le hangar à bateaux situé 8 chemin du Halage à Pavillons-sous-Bois, sur les parcelles cadastrées B-2 et B-3, dans un délai de trois mois à compter de la date de notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la Ville de Paris, à la SELARL Feltesse Warusfel Pasquier et associés et à M. K, Mme G A, M. F A, M.J I, Mme M C, M. E C, Mme L H et M. D C.
Fait à Montreuil, le 14 décembre 2022.
Le magistrat désigné par le président du tribunal,
Signé
A. Marchand
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026