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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2217003

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2217003

lundi 12 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2217003
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPôle Urgences (J.U)
Avocat requérantGORVITZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 et 28 novembre 2022, M. B C, actuellement retenu au centre de rétention administrative n° 3 du Mesnil-Amelot, représenté par Me Gorvitz, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler les décisions du 23 septembre 2022 par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet d'effacer son signalement du système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit ;

- elles ont été prises en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par l'article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de cette même convention ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entache d'illégalité les décisions prises sur son fondement.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut à l'irrecevabilité de la requête ou, à défaut, à son rejet au fond.

Il soutient que :

- la requête est tardive ;

- les moyens qu'elle contient sont infondés.

II. Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2022, M. B C, actuellement retenu au centre de rétention administrative n° 3 du Mesnil-Amelot, représenté par Me Gorvitz, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 novembre 2022 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné son maintien en rétention administrative le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

2°) d'enjoindre à l'autorité administrative de lui délivrer, sans délai et sous astreinte, une attestation de demande d'asile dans l'attente de l'intervention de la décision de la cour nationale du droit d'asile et de lui fournir les droits prévus par la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, un lieu pour l'accueillir ainsi qu'une allocation journalière.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elles a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par l'article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elles méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2022, complété de pièces, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête. Il soutient que ses moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme F pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 décembre 2022 :

- le rapport de Mme F ;

- les observations de Me Gorvitz, représentant M. C, présent, assisté de M. E, interprète en langue arabe, reprenant les conclusions et moyens de ses écritures et soutenant, en outre, que la demande de réexamen de sa demande d'asile présentée par M. C n'est pas dilatoire.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant irakien né en 1988, est entré en France en 2019. Il a présenté une demande d'asile le 30 avril 2019, qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 8 octobre 2019, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 13 juin 2022. Par un jugement du tribunal correctionnel de Nanterre du 1er juillet 2021, il a été condamné à deux ans d'emprisonnement pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. Par un arrêté du 23 septembre 2022, notifié le 31 octobre suivant alors qu'il était encore écroué, le préfet des Haut-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination, et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du 23 novembre 2022, pris le jour de sa levée d'écrou, ce même préfet l'a placé en rétention administrative. Le 28 novembre 2022, M. C a déposé une demande d'asile. Par un arrêté du 29 novembre 2022, notifié le jour même, le préfet des Hauts-de-Seine a décidé de le maintenir en rétention administrative durant le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Le 30 novembre 2022, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris une décision d'irrecevabilité à l'encontre de la demande d'asile de l'intéressé. M. C demande l'annulation des arrêtés préfectoraux des 23 septembre 2022 et 29 novembre 2022.

Sur la jonction :

2. Aux termes des deuxième et troisième alinéas de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif l'annulation de la décision de maintien en rétention dans les quarante-huit heures suivant sa notification pour contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement. () / Si l'étranger a formé un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 614-8 et que le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cette fin n'a pas encore statué sur ce premier recours, il statue sur les deux requêtes par une seule décision. ".

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que les requêtes n°s 2217003 et 2217209 présentées par M. C doivent être jointes pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

4. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Aux termes de l'article 61 du décret susvisé du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). / L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

5. Au cas particulier, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté préfectoral du 23 septembre 2022 et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet :

6. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Pascal Gauci, secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine. Il bénéficiait d'une délégation de signature du préfet, consentie par un arrêté n°2022-041 du 2 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine du même jour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétente du signataire doit être écarté.

7. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui constituent le fondement de chacune des décisions qu'il comporte et respecte en conséquence les exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré d'une insuffisante motivation doit donc être écarté.

8. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni de la motivation de l'arrêté contesté, qui comporte des mentions précises quant à la situation de M. C, que le préfet aurait pris sa décision sans avoir procédé à l'examen de la situation personnelle de l'intéressé. Notamment, et contrairement à ce que soutient M. C, le préfet a bien pris en compte son parcours de demandeur d'asile, en mentionnant notamment la décision de rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 8 octobre 2019, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 13 juin 2022. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de M. C doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux États membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. En tout état de cause, même à regarder le requérant comme ayant entendu se prévaloir de la méconnaissance de son droit à être entendu, l'intéressé, qui n'a assorti son moyen d'aucune précision, n'indique pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que soit prise les décisions contestées et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient pu faire aboutir la procédure administrative à un résultat différent. Par suite, ce moyen doit être écarté.

10. En cinquième lieu, le moyen tiré de " l'erreur de droit " évoqué dans la requête sommaire n'étant assorti d'aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, il ne pourra qu'être écarté.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré irrégulièrement en France en 2019, selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 8 octobre 2019, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 13 juin 2022. L'intéressé ne fait valoir aucune attache personnelle ou familiale en France ni aucune insertion sociale ou professionnelle particulière. En outre, l'intéressé a été condamné à deux ans d'emprisonnement par un jugement du tribunal correctionnel de Nanterre du 1er juillet 2021 pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris, notamment celui de préservation de l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. En septième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

14. Si M. C soutient qu'il craint d'être exposé en cas de retour dans son pays d'origine à des persécutions, il ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations, alors que, par ailleurs, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis la Cour nationale du droit d'asile ont, par les décisions susmentionnées, refusé de lui reconnaître la qualité de réfugié. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées, qui n'est opérant qu'à l'égard de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.

15. En dernier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'encontre des décisions prises sur le fondement de cette dernière, doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 septembre 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'arrêté préfectoral du 29 novembre 2022 :

17. En premier lieu par un arrêté n° 2022-093 du 13 octobre 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation de signature à M. A D, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il n'est pas établi qu'elles n'auraient pas été absentes ou empêchées lorsque la décision en cause a été prise, à l'effet de signer notamment la décision de maintien en rétention litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

18. En deuxième lieu, l'arrêté du 29 novembre 2022, qui vise notamment l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoit la possibilité pour le préfet de décider le maintien en rétention d'un étranger lorsqu'il apparaît, au regard de critères objectifs, que la demande d'asile de l'intéressé a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement, et mentionne les éléments relatifs à la situation de M. C sur lesquels s'est fondé le préfet pour considérer que la demande de réexamen de sa demande d'asile a été présentée en vue de faire échec à son éloignement comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par conséquent, suffisamment motivé. Par ailleurs, il ne ressort ni de la motivation de cet arrêté, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de l'intéressé.

19. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux États membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. En tout état de cause, même à regarder le requérant comme ayant entendu se prévaloir de la méconnaissance de son droit à être entendu, l'intéressé, qui n'a assorti son moyen d'aucune précision, ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que soit prise les décisions contestées et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient pu faire aboutir la procédure administrative à un résultat différent. Par suite, ce moyen doit être écarté.

20. En quatrième lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peuvent, par suite, qu'être écartés.

21. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ". Aux termes de l'article L.754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ./ () ".

22. Il ressort des pièces du dossier que M. C, a présenté une demande d'asile le 30 avril 2019, rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 8 octobre 2019 confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 13 juin 2022 et notifiée le 15 juin suivant. M. C a été placé, le 23 novembre 2022, en rétention administrative, afin de pourvoir à son éloignement. L'intéressé a alors adressé une demande de réexamen de sa demande d'asile au chef du centre de rétention le 28 novembre 2022, soit plus de cinq mois après la notification du rejet de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. C ne fait état d'aucun risque sérieux en cas de retour dans son pays d'origine alors que, par ailleurs, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a déclaré sa demande de réexamen irrecevable le 30 novembre 2022. Dans ces conditions, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que cette demande présentait un caractère dilatoire.

23. En dernier lieu, l'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet le retour de l'intéressé dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme inopérant.

24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 novembre 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a maintenu en rétention administrative le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celui-ci, jusqu'à son départ de France, doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

25. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

26. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. C au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Gorvitz et au préfet des Hauts-de-Seine.

Jugement rendu en audience publique le 12 décembre 2022.

La magistrate désignée,

Signé

S. F Le greffier,

Signé

L. Dionisi

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2217209

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