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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2217667

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2217667

mercredi 3 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2217667
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème chambre
Avocat requérantDE SEZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2022, M. B C A, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 9 novembre 2022 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses droits aux conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de leur cessation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son avocat au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice et administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision litigieuse est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée de vices de procédure ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle a été prise en méconnaissance de la directive 2013/33/UE et des dispositions des articles L. 551-15 et L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, l'OFII conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que le litige a perdu son objet dès lors qu'il a rétabli rétroactivement M. C A dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil.

Par une décision du 6 février 2023, M. C A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bernabeu a été lu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant afghan né en 1994, est entré en France en 2021. Il a déposé une demande d'asile enregistrée au guichet unique le 22 novembre 2021. Par une décision du 24 novembre 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a accordé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 9 novembre 2022, l'OFII a mis fin à ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. C A demande l'annulation de cette décision.

2. M. C A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 février 2023. Par suite, ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

3. Postérieurement à l'enregistrement de la requête, l'OFII a rétabli à titre rétroactif M. C A dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil par une décision du 21 décembre 2022. Par suite, l'OFII a implicitement mais nécessairement retiré sa décision du 9 novembre 2022 ayant mis fin à ses droits aux conditions matérielles d'accueil. Les conclusions tendant à l'annulation de cette décision, ainsi que celles à fin d'injonction, ont perdu leur objet et leur intérêt. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. M. C A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII le versement d'une somme à ce titre.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. C A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et à l'annulation de la décision du 9 novembre 2022 prise par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, ainsi que celles à fin d'injonction.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me de Seze et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Baffray, président,

M. Lacaze, premier conseiller,

M. Bernabeu, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.

Le rapporteur,

S. Bernabeu

Le président,

J.-F. BaffrayLa greffière,

A. Macaronus

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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