lundi 11 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2218037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEMONNIER- DELION- GAYMARD - RISPAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire, enregistrés les 19 décembre 2022 et les 10 janvier, 21 avril, 25 avril et 4 septembre 2023, M. A B et Mme F B, représentés par Me Antri Bouzar, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2022 par lequel le maire de Romainville a délivré à M. et Mme D un permis de construire comportant des démolitions en vue de construire une maison individuelle à usage d'habitation en R+2 et de démolir deux bâtiments existants sur une parcelle située 19 rue Racine, ensemble la décision portant rejet implicite de leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Romainville et de M. et Mme D une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire méconnaît les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il ne comporte aucune notice architecturale ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché de fraude, dès lors que le projet vise en réalité à la réalisation d'un immeuble collectif comprenant trois logements sur trois niveaux et que les cotes renseignées sur le plan de masse ont été intentionnellement faussées ;
- il méconnaît les dispositions de l'article IV. 3. b. du règlement du PLUi d'Est Ensemble relatives aux règles de retrait des constructions vis-à-vis des limites séparatives ;
- il méconnaît les dispositions de l'article IV. 3. c. du règlement du PLUi d'Est Ensemble relatives aux règles d'emprise au sol des constructions et à la nature en ville ;
- il méconnaît les dispositions de l'article IV. 3. d. du règlement du PLUi d'Est Ensemble relatives aux règles de hauteur ;
- il méconnaît les dispositions de l'article III. 1. c. du règlement du PLUi d'Est Ensemble relatives à la nature en ville.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 avril et 31 mai 2023, la commune de Romainville, représentée par Me Chaineau, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable, faute pour les requérants de produire leur titre de propriété et de justifier de leur intérêt pour agir ; subsidiairement, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2023, M. C D et Mme E D, représentés par Me Lemonnier, concluent au rejet de la requête et demandent au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 13 octobre 2023.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- et les observations de Me Chaineau, représentant la commune de Romainville.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 7 juillet 2022, le maire de Romainville a délivré à M. et Mme D un permis de construire comportant des démolitions en vue de construire une maison individuelle à usage d'habitation en R+2 et de démolir deux bâtiments existants sur une parcelle située 19 rue Racine. M. et Mme B, propriétaires de la parcelle voisine, demandent au tribunal d'annuler cet arrêté, ensemble la décision portant rejet implicite de leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce même code : " Le projet architectural comprend également : / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur. / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain. / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. D'une part, il est constant que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas la notice architecturale prévue par les dispositions précitées de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme. Toutefois, le plan de masse de l'existant joint au dossier de demande indique que le projet consiste en la création d'une maison individuelle à usage d'habitation en R+2, après démolition d'un bâtiment existant, et indique l'emplacement des constructions existantes et de la végétation existante, et les photographies jointes au dossier de demande, qui représentent les constructions et la végétation existante, permettent également d'apprécier l'état initial du terrain et de ses abords. Il ressort en outre des pièces du dossier que les plans satellite légendés de l'existant matérialisent les constructions supprimées, que le plan de masse de l'existant mentionne les caractéristiques des constructions voisines, et que les plans de masse et de coupe du projet indiquent les volumes et hauteurs projetés, ainsi que l'implantation de la construction, en retrait vis-à-vis de l'alignement, et que le document graphique d'insertion permet également d'apprécier l'insertion de la construction projetée vis-à-vis du bâti existant. Le traitement des façades latérales est et ouest, est, quant à lui, précisément décrit par les plans de coupe, qui indiquent que la façade latérale ouest est aveugle et traitée en enduit taloché ton pierre avec mise en place d'acrotères gris, et que la façade latérale est traitée en enduit taloché ton pierre et comprend deux puits de lumière en pavés de verre, non ouvrant, ces plans indiquant également que les murs de clôture existants sont conservés. Les matériaux et couleurs utilisés sont indiqués sur les plans de coupe et de façade joints au dossier de demande, et indiquent notamment que les acrotères sont gris, que les façades sont traitées en enduit taloché ton pierre, que les menuiseries sont en aluminium et laquées, de couleur noire, et que le portail coulissant est muni de deux vantaux en tôle d'acier ajourés. Les documents graphiques d'insertion indiquent que l'arbre existant est abattu, que deux arbres sont replantés, et que le terrain d'assiette du projet comporte deux jardins, dont l'un supporte une terrasse sur plots. Enfin, l'aménagement de l'accès au terrain, le traitement du portail d'accès, ainsi que la configuration de l'aire de stationnement des véhicules sont matérialisés sur le document graphique d'insertion. Dans ces circonstances, l'omission de la notice architecturale, compensée par l'ensemble des documents joints au dossier de demande, n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. D'autre part, le dossier de demande comporte plusieurs plans de masse qui, s'ils ne sont pas cotés dans les trois dimensions, font apparaître les travaux extérieurs aux constructions, la suppression de l'arbre existant, et la plantation de deux arbres. Par ailleurs, la hauteur de la construction projetée est indiquée sur les plans de coupe. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. Ensuite, le plan et le traitement de la toiture terrasse en R+1, entourée d'un mur-écran d'une hauteur de 1,90 mètre, et de la toiture-terrasse inaccessible et végétalisée en R+2, avec acrotères gris, figurent sur les plans de masse et les plans de coupe du dossier de demande, et ces deux toitures sont également matérialisées précisément sur le document graphique d'insertion. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les travaux projetés ont pour effet de modifier le profil du terrain, et seul un plan de coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain, à l'exclusion du plan de coupe faisant apparaître à la fois l'état initial et l'état futur du terrain, avait à être joint au dossier de demande, dont il ressort qu'il y a été intégré. Le document graphique d'insertion est, quant à lui, suffisant pour apprécier l'insertion du projet dans son environnement bâti. Enfin, les quatre photographies du dossier de demande font bien apparaître des vues du terrain existant, permettant situer le projet, respectivement dans l'environnement proche et lointain. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".
8. Si les requérants soutiennent que le dossier de demande ne comporte aucun relevé de terrain indiquant l'emplacement des arbres existants, les arbres à abattre et l'emplacement des arbres à replanter, un tel relevé de terrain ne figure pas parmi les documents exigibles par le service instructeur à l'appui d'une demande de permis de construire. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur des travaux : / a) nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière, / b) ou mentionnés à l'article R. 421-16 exécutés à l'intérieur d'un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, / le projet architectural comporte un document graphique faisant apparaître l'état initial et l'état futur du bâtiment faisant l'objet des travaux () ".
10. Le projet ne porte pas sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière ou sur des travaux mentionnés à l'article R. 421-16 et exécutés à l'intérieur d'un immeuble inscrit au titre des monuments historiques. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-11 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : / a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; / b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement ".
12. Le document graphique d'insertion légendé joint au dossier de demande de permis de construire comprenant des démolitions désigne précisément les bâtiments voués à la démolition. Par suite, le moyen tiré de ce que le dossier de demande n'indique pas quels sont les bâtiments destinés à être démolis, ni l'impact de cette démolition, doit être écarté.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions précitées, il appartient à l'autorité compétente en matière d'urbanisme, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
14. En se bornant à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions citées au point précédent et qu'il aurait dû être refusé ou, à tout le moins, faire l'objet de prescriptions au titre des dispositions précitées, dès lors qu'aucune étude géotechnique n'a été réalisée, alors que la parcelle est classée en zone d'aléa fort au titre du risque de retrait-gonflement des sols argileux, les requérants ne démontrent pas que le projet méconnaît ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
15. En sixième lieu, la fraude, dont le juge de l'excès de pouvoir apprécie l'existence à la date du permis de construire, est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier, y compris le cas échéant au vu d'éléments dont l'administration n'avait pas connaissance à cette date, que le pétitionnaire a eu l'intention de tromper l'administration ou s'est livré à des manœuvres en vue d'obtenir un permis de construire indu.
16. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet consisterait, contrairement à ce qui est soutenu, en un immeuble collectif à usage d'habitation de trois logements. Par ailleurs, en se bornant à soutenir que les cotes des plans de masse sont frauduleuses, les requérants n'apportent aucun commencement de preuve à l'appui de leurs allégations. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis de construire contesté a été obtenu par fraude doit être écarté.
17. En septième lieu, aux termes de l'article IV. 3. b. du règlement du PLUi d'Est Ensemble : " Dispositions particulières applicables aux zones urbaines (hors zones de projet) / 3. Fiche d'indice : / b. Implantation par rapport aux limites séparatives () / Nom de l'indice : 0 / Dispositions qui s'appliquent aux secteurs régis par cet indice : / Implantation par rapport aux limites séparatives : / • L'implantation des constructions est possible sur les limites séparatives ou en retrait. / En cas de retrait : / Lorsque la façade ou partie de façade comporte un ou plusieurs éléments créant des vues, la distance de retrait minimale est égale à la moitié de la hauteur de la façade ou partie de façade, avec un minimum de 6 mètres. • Lorsque la façade ou partie de façade ne comporte pas d'éléments créant des vues, la distance de retrait minimale en tout point est égale au quart de la hauteur de façade ou partie de façade, avec un minimum de 3 mètres () ". Le dictionnaire du PLUi précise que : " () Sont considérés comme des éléments constituant des vues, les éléments répondant à l'une des conditions suivantes : * les ouvertures placées à moins de 1,90 mètre du plancher et à moins de 2,60 mètres du plancher en rez-de-chaussée (fenêtres, lucarnes, hublots, châssis de toit, portes-fenêtres) ; * les balcons, loggias et terrasses situés à plus de 0,60 mètre du terrain naturel dès lors qu'aucun pare-vue n'est prévu () ; Eléments n'étant pas considérés comme créant des vues : * les ouvertures en sous-sol à condition que la hauteur de l'ouverture au point le plus haut soit inférieure à 0,80 m par rapport au terrain naturel ; * les ouvertures placées à plus de 1,90 mètre du plancher pour tous les niveaux en dehors du rez-de-chaussée et à plus de 2,60 mètres du plancher en rez-de-chaussée ; * les portes pleines ; * les châssis fixes à verres translucides, les pavés de verre, jours de souffrance ; * les terrasses inaccessibles (absence d'ouverture de toute nature donnant sur la terrasse hors accès technique et d'entretien) ; * les terrasses situées à 0,60 mètre maximum au-dessus du terrain naturel ; * les balcons, terrasses et loggias situés à plus de 0,60 mètre au-dessus du terrain naturel dès lors qu'un pare-vue fixe, plein, non ajouré ou transparent, d'une hauteur minimale de 1,90 mètre est prévu ".
18. Il ressort des pièces du dossier que la façade latérale Est de la construction projetée est implantée partiellement en retrait vis-à-vis de la limite séparative latérale Est. La terrasse implantée en rez-de-chaussée se situe à moins de 0,60 mètre au-dessus du terrain naturel, la façade latérale en R+1 et en R+2 comporte deux ouvertures en pavés de verre non ouvrants, la terrasse en R+1 est entourée d'un mur-écran d'une hauteur de 1,90 mètre, et la terrasse végétalisée en R+2 est inaccessible. Ces éléments ne peuvent, dès lors, être regardés comme créant des vues, et la distance de retrait à respecter vis-à-vis de la limite séparative latérale est, en application des dispositions précitées de l'article IV. 3. b. du règlement du PLUi, d'un minimum de trois mètres. En l'espèce, il ressort des plans de masse joints au dossier de demande de permis de construire que chacun de ces éléments est implanté à une distance de 3,10 mètres vis-à-vis de la limite séparative latérale Est. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article IV. 3. b. du règlement du PLUi doit être écarté.
19. En huitième lieu, aux termes de l'article IV. 3. c. du règlement du PLUi d'Est Ensemble : " Dispositions particulières applicables aux zones urbaines (hors zones de projet) / 3. Fiche d'indice : / c. Emprise au sol des constructions et nature en ville / Nom de l'indice / E / Applicable au terrain / Emprise au sol maximum / 40 % / Obligation de pleine terre minimum / 40 % / () Emprise au sol des constructions : / L'emprise au sol des constructions est limitée à 40% maximum de la superficie du terrain. / () Nature en ville : / Une part de 40% minimum de la superficie du terrain doit être traitée en espace de pleine terre () ". Le dictionnaire du PLUi précise qu' " Au sens du présent règlement, l'emprise au sol des constructions correspond à la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. Elle est constituée de l'addition de tous les éléments bâtis figurant sur le terrain (constructions principales, constructions annexes). Toutefois en sont exclus : • les ornements tels que les éléments de modénature et les marquises, • les encorbellements, • les débords de toiture lorsqu'ils ne sont pas soutenus par des poteaux, • les rampes destinées à l'accès des personnes à mobilité réduite, • les isolations thermiques par l'extérieur sur les constructions existantes à la date d'approbation du présent règlement (04/02/2020), • les abris légers ou mobiliers d'habillage pour conteneurs de déchets, • les sous-sols • les éléments d'infrastructure ne dépassant pas le terrain naturel de plus de 60 centimètres sont également exclus du calcul. • le mètre extérieur des balcons ou terrasses en débord des façades d'une profondeur supérieure à 1 mètre () ".
20. En l'espèce, la superficie du terrain d'assiette du projet est de 298 m². La superficie de l'emprise au sol de la construction projetée ne doit, dès lors, pas être supérieure à 119,20 m², et la surface de pleine terre doit être d'une superficie minimale de 119,20 m². Il ressort des plans de masse du dossier de demande de permis de construire que l'emprise au sol de la construction projetée est d'une superficie de 108,07 m², et que la surface de pleine terre est d'une superficie de 119,80 m². Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article IV. 3. c. du règlement du PLUi doit être écarté.
21. En neuvième lieu, aux termes de l'article IV. 3. d. du règlement du PLUi d'Est Ensemble : " Dispositions particulières applicables aux zones urbaines (hors zones de projet) / 3. Fiche d'indice : / d. Hauteur des constructions / Nom de l'indice / 10 / Dispositions qui s'appliquent aux secteurs régis par cet indice : / La hauteur des constructions est limitée à 10 mètres maximum () ". Le dictionnaire du PLUI précise, s'agissant du calcul de la hauteur, que : " La hauteur se calcule en tout point de la construction à partir du terrain avant travaux " et que, " Dans le cas d'une toiture-terrasse, la hauteur est mesurée à l'acrotère () ".
22. Contrairement à ce qui est soutenu, le mur-écran entourant la terrasse située en R+1, d'une hauteur de 1,90 mètre, n'est pas un élément pris en compte dans le calcul de la hauteur de la construction, cette dernière se calculant en tout point de la construction à partir du terrain existant avant la réalisation des travaux. Il ressort des pièces du dossier que la hauteur de la construction projetée est de 9,30 mètres à l'acrotère de la toiture-terrasse. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article IV. 3. d. du règlement du PLUi doit être écarté.
23. En dixième lieu, aux termes de l'article III. 1. c. du règlement du PLUi d'Est Ensemble : " Dispositions particulières applicables aux zones urbaines (hors zones de projet) / 3. Fiche d'indice : / c. Nature en ville / La totalité de la superficie des espaces de pleine terre devra être végétalisée. / • Lorsque l'unité foncière de l'opération est inférieure ou égale à 500 m² : / Ces espaces doivent comporter un minimum d'un arbre à moyen développement par tranche de 100 m² d'espace de pleine terre. La tranche est prise en compte dès que le seuil de 50 m² est dépassé () ".
24. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 8, aucun relevé de terrain n'avait à être joint au dossier de demande de permis de construire pour permettre au service instructeur d'apprécier le respect des dispositions précitées de l'article III. 1. c. du règlement du PLUi. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 20, la superficie de pleine terre est de 119,80 m², de sorte que la plantation d'un seul arbre à moyen développement est requise, et il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que la plantation de deux arbres à moyen développement est prévue. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article III. 1. c. du règlement du PLUi doit être écarté.
25. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés à l'instance :
26. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Romainville et non compris dans les dépens, et une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront une somme de 1 500 (mille cinq-cents) euros à la commune de Romainville, et une somme de 1 500 (mille cinq-cents) euros à M. et Mme D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme F B, à M. C D, à Mme E D, et à la commune de Romainville.
Délibéré après l'audience du 12 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Myara, président,
- M. Laforêt, premier conseiller,
- Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2024.
La rapporteure,Le président,
M. HardyA. Myara
La greffière,
I. Dad
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 22180372
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026