mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2218074 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | BEN YAHMED |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 9 décembre 2022, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête de M. B A, enregistrée le 8 décembre 2022.
Par cette requête et un mémoire enregistré le 25 octobre 2023, M. A, représenté par Me Ben Yahmed, demande au tribunal :
1)d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français, refuse de lui accorder un délai de départ volontaire, fixe le pays de destination duquel il pourra être éloigné et lui interdit de retourner sur le territoire français pendant deux ans ;
2)d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation dans le mois qui suivra la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de l'instruction.
Il soutient que :
-la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
-le refus de lui accorder un délai de départ volontaire résulte d'une erreur manifeste d'appréciation en l'absence de menace à l'ordre public et de risque de fuite ;
-la décision l'interdisant de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car sa présence ne caractérise pas une menace à l'ordre public et il présente des garanties de représentation suffisantes.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 octobre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est infondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat désigné chargé du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 30 octobre 2023 :
- le rapport de M. Baffray ;
- les observations de Me Ben Yahmed pour M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 25 mai 1992, est entré régulièrement sur le territoire français le 3 janvier 2019, muni d'un visa court séjour valable du 20 décembre 2018 jusqu'au 19 janvier 2019, et s'y maintient irrégulièrement depuis la fin de validité de son visa, n'étant pas titulaire d'un titre de séjour. Célibataire, sans charge de famille, il travaille illégalement à partir de mai 2019 en qualité de livreur et depuis janvier 2023 en qualité d'opérateur logistique sur la base d'un contrat à durée indéterminée. Le 6 décembre 2022, il a été placé en garde à vue pour conduite d'un véhicule sans être titulaire d'un permis de conduire français. Par un arrêté du 6 décembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles L. 611-1 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise notamment que l'intéressé est célibataire, sans charge de famille, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français après l'expiration de son visa court séjour et n'a pas effectué de démarches visant à solliciter un titre de séjour. Il comporte, dès lors, un exposé suffisant des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par ailleurs, le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble de la situation de l'intéressé. Par suite, cette décision satisfait donc à l'exigence de motivation et ses termes révèle un examen individuel de la situation de l'intéressé.
3. En second lieu, si l'intéressé déclare justifier d'une intégration professionnelle certaine en France en tant qualité de livreur chez Uber Eat depuis 2019 puis en tant qu'opérateur logistique depuis janvier 2023, il ne verse au soutien de ses allégations qu'un contrat à durée indéterminée à compter du 3 janvier 2023 ainsi que des fiches de paie, postérieurs à la date de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, sans être muni d'une autorisation de travail. Comme précisé au point 2, M. A se déclare célibataire, sans charge de famille et reconnaît également être en situation irrégulière depuis l'expiration de son visa. Il ressort du procès-verbal d'audition que ce dernier n'est pas dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, où réside ses parents, et qu'il y a lui_même vécu la majeure partie de sa vie, jusqu'à l'âge de 27 ans, tandis qu'il ne résiderait en France que depuis trois ans à la date de l'arrêté litigieux et ne justifie pas de l'intensité des liens personnels qu'il y aurait tissés en dehors de ses oncles et tante résidant en France. En conséquence, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
4. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
5. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ".
6. En l'espèce, M. A soutient que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en l'absence de menace à l'ordre public et de risque de fuite. Il ressort toutefois du procès-verbal d'audition du 6 décembre 2022 que l'intéressé a explicitement déclaré avoir l'intention de se soustraire à la décision l'obligeant à quitter le territoire français. L'intéressé, qui ne présente par ailleurs aucune garantie particulière de présentation, se trouve ainsi dans les cas où, en application du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des 2° et 4° de l'article L. 612-3 du même code, le préfet pouvait, sans erreur de droit et d'appréciation, ne pas assortir l'obligation de quitter le territoire d'un délai de départ volontaire.
7. Par suite, M. A n'est pas davantage fondé à demander l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
8. En premier lieu, M. A, célibataire, sans charge de famille, déclare avoir seulement quatre oncles et une tante en France, ses parents et grands-parents résidant au Maroc, et ne se prévaut d'une résidence stable en France que depuis décembre 2022. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En deuxième lieu, l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
10. Dès lors que, d'une part et comme il a été dit au point 5, c'est sans erreur d'appréciation que le préfet a décidé de ne pas accorder de départ volontaire à M. A, d'autre part, il ne ressort nullement des pièces du dossier que des circonstances humanitaires s'y opposeraient, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Par suite, M. A n'est pas non plus fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A n'est pas fondée est doit être rejetée en toutes ses conclusions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Ben Yahmed et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
Le magistrat désigné,La greffière,
J.-F. BaffrayD. CoulibalyLa République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2218074
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026