mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2218527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LANGLOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 décembre 2022, M. E A, représenté par Me Langlois, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail dans l'attente de la fabrication du titre de séjour, subsidiairement, de réexaminer sa situation, dans le même délai et sous la même astreinte, et de lui remettre dans l'attente une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- elle est entachée d'incompétence du signataire de l'acte ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'OFII le 7 juin 2022 a été émis dans des conditions irrégulières et à l'issue d'une délibération collégiale ; il n'est pas établi que le collège des médecins ait procédé à l'évaluation décrite par les dispositions du C de l'annexe II de l'arrêté du 5 janvier 2017 ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru en situation de compétence liée ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- la décision est fondé sur un avis médical rendu par l'OFII qui est entaché d'irrégularités ;
- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet devait examiner sa situation particulière ;
- elle méconnaît l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait son droit de se maintenir en France en application des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; dans l'éventualité d'une communication d'un relevé de la base TelemOfpra, il n'est pas démontré que l'agent ayant consulté cette base aurait reçu une habilitation ; une telle fiche est dépourvue de valeur probante.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans : -l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée et méconnaît l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnait les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés sont infondés.
Par une ordonnance du 19 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 juillet 2024 à 12h00.
Un mémoire produit pour M. A par Me Langlois a été enregistré le 27 août 2024.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gaullier-Chatagner a été lu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien né en 1993, est entré en France, selon ses déclarations, en 2018. Par un arrêté du 4 septembre 2018 du préfet de police, M. A a été transféré aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile. Il a ensuite été placé en procédure normale et sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 22 janvier 2021 du directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Office français de protection des réfugiés et apatrides). M. A a déposé une demande de titre de séjour pour raison de santé le 30 septembre 2021. Par un arrêté du 6 juillet 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-0979 du 25 avril 2022, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du lendemain, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme D C, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment les décisions de refus de délivrance d'un titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français en cas d'empêchement ou d'absence de Mme B. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police [] ". Aux termes de l'article L. 211-5 du code précité : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Il ressort de la lecture de l'arrêté litigieux que ce dernier vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que, notamment, l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. Le préfet mentionne que M. A a sollicité une carte de séjour pour raison de santé, et que l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé que si son état nécessitait une prise en charge médicale, celle-ci pouvait intervenir dans son pays d'origine. Il ajoute qu'il est célibataire et sans charge de famille et qu'il ne justifie pas d'une situation personnelle et familiale à laquelle la décision porterait une atteinte disproportionnée. Par suite, la décision litigieuse comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et ne révèle aucun défaut d'examen complet de la situation du requérant. Les moyens doivent être écartés.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé () ". Aux termes de l'article R. 425-11 : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ".
6. De première part, l'avis du collège des médecins de l'OFII, qui a été versé au dossier, indique que l'état du demandeur nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et qu'eu égard à l'offre de soin du pays dont il est originaire, il peut y bénéficier d'un traitement approprié. Par ailleurs, aucune disposition législative ou réglementaire n'exige une communication des informations, bases de données et sources sur lesquelles s'est fondé le collège de médecins pour prendre son avis.
7. De deuxième part, le bordereau de transmission du 7 juin 2022, également versé au dossier, comporte le nom du médecin ayant établi le rapport médical le 9 mai 2022, lequel est distinct des trois médecins ayant délibéré sur la situation de M. A. Ce bordereau fait état de la transmission du rapport au collège des médecins le 10 mai 2022.
8. De troisième part, la mention qui figure sur l'avis " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " indique le caractère collégial de l'avis et fait foi jusqu'à preuve du contraire. M. A n'apporte pas, en l'espèce, cette preuve contraire. En outre, les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. Par suite, la circonstance que, dans certains cas, ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis.
9. De quatrième part, M. A ne peut utilement se prévaloir, pour contester l'avis litigieux, de l'annexe II à l'arrêté ministériel du 5 janvier 2017, laquelle a pour seul objet de recenser des outils susceptibles d'être utilisés pour émettre l'avis sollicité et qui se borne à préciser que ces outils " peuvent être mobilisés ", de sorte que leur utilisation demeure une simple faculté.
10. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis émis le 7 juin 2022 par le collège de médecins de l'OFII doit être écarté en toutes ses branches, y compris celles relatives à une méconnaissance des dispositions de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application des dispositions citées au point 5 du présent jugement.
11. En quatrième lieu, en faisant état de l'erreur de fait commise par le préfet de la Seine-Saint-Denis quant à sa date d'entrée sur le territoire, dont il démontre qu'elle est intervenue en 2018 et non en 2020 comme le mentionne la décision, le requérant n'établit pas que cette erreur aurait eu une influence sur la décision attaquée, rejetant sa demande en tenant compte de son état de santé et de la circonstance qu'il ne justifie pas d'une situation personnelle et familiale à laquelle il serait porté une atteinte disproportionnée.
12. En cinquième lieu, si le préfet s'est appuyé sur l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII pour estimer que l'état de santé du requérant nécessitait une prise en charge médicale pouvant lui être apporté dans le pays dont il est originaire, il ne ressort ni de la décision attaquée, qui mentionne que M. A n'a pas fait état de circonstances exceptionnelles empêchant son accès au soin, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis se serait cru en situation de compétence liée vis-à-vis de l'avis émis le 7 juin 2022.
13. En sixième lieu, pour refuser la demande de titre de séjour sollicitée par le requérant en raison de son état de santé, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur l'avis émis le 7 juin 2022 visé au point précédent. Pour contester cet avis, M. A soutient qu'il ne pourra pas bénéficier de façon effective du suivi spécialisé complexe nécessaire à son état de santé au Mali. Toutefois, il ne produit aucun élément au soutien de cette allégation de nature à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII. Dans ces conditions, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. A, le préfet de la Seine-Saint-Denis a fait une exacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
14. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
15. En se bornant à faire état de son entrée sur le territoire français au mois de juin 2018, soit quatre ans avant la décision attaquée, et de ce que cette durée lui aurait permis de nouer de solides attaches personnelles sur le territoire, le requérant, célibataire et sans charge de famille, n'apporte aucun élément précis et étayé de nature à établir que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
16. En huitième lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 13 à 15 du présent jugement, et dès lors que le requérant n'établit pas que son état de santé ne pourra faire l'objet d'une prise en charge effective au Mali, ni qu'il aurait noué de solides liens en France, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant le titre de séjours sollicité doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'aucun des moyens invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
18. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 5 à 10 du présent jugement, la procédure ayant conduit à l'émission de l'avis médical du 7 juin 2022 n'est pas entachée d'irrégularité. Le moyen tiré contre la décision portant obligation de quitter le territoire est donc, en tout état de cause, infondé.
19. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée, qui mentionne que l'autorité administrative " peut () décider que l'étranger est obligé de quitter le territoire ", que le préfet se serait cru à tort en situation de compétence liée pour décider l'éloignement de M. A. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de droit doit par suite être écarté.
20. En quatrième lieu, aux termes du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ". Et, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
21. Il résulte des développements qui précèdent que le requérant n'établit pas qu'il ne pouvait avoir un accès effectif aux soins nécessaires à son état de santé au Mali, alors que le préfet de la Seine-Saint-Denis a quant à lui produit un avis du collège des médecins de l'OFII du 7 juin 2022 dont il résulte qu'il peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié à son état santé dans le pays dont il est originaire. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article L. 611-3 9° doit être écarté. Pour les mêmes motifs, et alors que le requérant n'a pas établi l'existence d'un risque en cas de retour dans son pays d'origine, ni pour sa santé, ni pour sa sécurité, le moyen selon lequel la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. M. A n'apportant aucun élément de nature à étayer les allégations selon lesquelles il ne serait pas en sécurité en cas de retour dans son pays d'origine, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit également être écarté.
22. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 14 et 15 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire violerait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui n'est pas suffisamment étayé, doit être écarté.
23. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de l'article L. 542-1 du code précité : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision () ".
24. Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui demande l'asile a le droit de se maintenir sur le territoire français à ce titre jusqu'à la notification régulière de la décision de l'OFPRA ou, si un recours a été formé devant elle, jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification régulière de cette ordonnance. En l'absence d'une telle lecture ou d'une telle notification, l'autorité administrative ne peut regarder l'étranger à qui l'asile a été refusé comme ne bénéficiant plus de son droit de se maintenir sur le territoire français. En cas de contestation sur ce point, il appartient au juge de former sa conviction au vu des éléments versés au dossier par les parties ou, le cas échéant, de mettre en œuvre ses pouvoirs généraux d'instruction des requêtes et de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction, en particulier en sollicitant de l'étranger toute information ou tout élément relatif à l'état de la procédure de sa demande d'asile devant l'OFPRA ou la Cour nationale du droit d'asile, en exigeant de l'autorité administrative la production du relevé des informations de la base de données " Telemofpra ", qui mentionne les dates des décisions de l'OFPRA et de la Cour nationale du droit d'asile, les dates de leur notification et, le cas échéant, la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour, ou la copie de l'avis de réception que la Cour nationale du droit d'asile peut lui communiquer, ou en sollicitant auprès de l'OFPRA ou de la Cour nationale du droit d'asile tout élément d'information sur ces points.
25. D'une part, il ressort de la fiche " Telemofpra " de M. A, produite à l'instance par le préfet de la Seine-Saint-Denis, que la décision par laquelle l'OFPRA a définitivement rejeté sa demande d'asile lui a été notifiée le 3 février 2021. Dans ces conditions, et eu égard au caractère probant de ce document et de l'absence de tout élément versé par M. A de nature à remettre en cause la date de notification qu'il comporte, le préfet de la Seine-Saint-Denis pouvait légalement obliger M. A à quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, à supposer même que l'agent qui a consulté la fiche " TelemOfpra " versée au dossier n'ait pas été habilité conformément aux dispositions de l'arrêté du 9 décembre 1999 modifié, relatif à une opération d'automatisation des formalités administratives qui découlent d'une demande de statut de réfugié auprès de l'OFPRA, il ressort des pièces du dossier que les renseignements obtenus ne relèvent pas des éléments d'information détenus par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides relatifs à la personne sollicitant en France la qualité de réfugié et dont la protection constitue une garantie essentielle du droit d'asile, mais concernent seulement les modalités de notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides prise à l'encontre de M. A. Ainsi, le défaut d'habilitation de l'agent ayant consulté la base, qui ne constitue pas une garantie pour le requérant, n'est pas susceptible d'avoir eu une influence, en l'espèce, sur le sens de la mesure d'éloignement attaquée. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la consultation doit également être écarté. Par suite, la décision ne méconnait pas les articles L. 541-1 et L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :
26. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'aucun des moyens invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ volontaire, doit être écarté.
27. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".
28. Le préfet de la Seine-Saint-Denis a octroyé un délai de trente jours à M. A pour quitter le territoire français. En dehors d'une demande expresse de l'étranger, les dispositions précitées n'imposent pas au préfet de motiver spécifiquement cette décision. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle demande aurait été formulée. Par suite, le moyen tiré de ce que celle-ci ne serait pas suffisamment motivée doit être écarté comme inopérant.
29. En troisième lieu, et dès lors qu'il résulte des développements qui précèdent que le requérant peut faire l'objet d'un suivi médical approprié à son état de santé dans son pays d'origine et qu'il n'établit pas l'existence de circonstances particulières justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
30. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'aucun des moyens invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.
31. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
32. La décision attaquée mentionne que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour et n'est dès lors entachée ni d'un défaut d'examen de la situation particulière du requérant, ni d'une insuffisance de motivation. En outre, requérant n'a produit aucun élément établissant l'existence d'un risque pour sa santé ou sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen selon lequel la décision fixant le pays de renvoi aurait été prise en méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans :
33. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'aucun des moyens invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans, doit être écarté.
34. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre [] ".
35. Ainsi, droit d'être entendu, qui est une composante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, assortie d'une décision de refus d'un délai de départ volontaire et d'une décision portant interdiction de retour sur le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
36. Toutefois, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'interdiction de retour qui l'assortit.
37. M. A ne peut dès lors utilement soutenir qu'il n'aurait pas été informé de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français pouvait être accompagnée d'une interdiction de retour sur le territoire français et qu'il n'a pu être entendu préalablement à cette décision.
38. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées " et de son article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
39. L'arrêté litigieux vise les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'examen d'ensemble de la situation de l'intéressé a été effectué au regard de l'article L. 612-10 précité, qui vise les critères devant être pris en considération pour prononcer la mesure attaquée. A cet égard, le préfet développe dans son arrêté des éléments de fait relatifs à la durée de présence de l'intéressé sur le territoire français ainsi que la nature de ses liens avec la France, et notamment qu'il est célibataire et sans charge de famille, et qu'une mesure d'éloignement avait été prise à son égard le 4 septembre 2018. Par suite, l'arrêté litigieux fait état, de manière suffisamment circonstanciée, des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels le préfet a prononcé une décision d'interdiction de retour sur le territoire français et fixé sa durée à deux ans. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
40. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet le 4 septembre 2018 d'un arrêté de transfert aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile. Le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'erreur de fait quant à l'existence d'une mesure d'éloignement en 2018 manque donc en fait.
41. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
42. Il ne ressort ni de la décision attaquée, qui mentionne que le préfet " peut prononcer une interdiction de retour " et se réfère à la situation d'ensemble du requérant, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis se serait cru en situation de compétence liée pour prendre la mesure en litige.
43. En cinquième lieu, en se bornant à faire état de sa prise en charge médicale en France, et à soutenir qu'il y réside depuis quatre ans, sans justifier de des liens intenses et stables allégués sur le territoire, le requérant ne démontre pas que la décision attaquée serait intervenue en méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, ni que la durée de deux ans fixée par le préfet de la Seine-Saint-Denis serait disproportionnée au regard de sa situation. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
44. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A n'est pas fondée et doit être rejetée en toutes ses conclusions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Langlois et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Une copie sera adressée pour information à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Baffray, président,
Mme Lançon, première conseillère,
Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.
La rapporteure,
N. Gaullier-Chatagner
Le président,
J.-F. BaffrayLa greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026