vendredi 13 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2300043 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 janvier 2023, M. A B représenté par Me Pierre, demande au juge des référés du Tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 20 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a ordonné le renouvellement de son assignation à résidence pour une durée de six mois ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'urgence est constituée dès lors que les restrictions à sa liberté d'aller et venir que fait peser sur lui l'assignation à résidence sont pour lui un motif d'angoisse et de déstabilisation, menacent sa santé mentale déjà fragile et compromettent la possibilité de réaliser les missions qui lui sont confiées par la société d'intérim qui l'emploie ;
- la légalité de la décision est entachée d'un doute sérieux en raison d'une insuffisance de motivation et d'une méconnaissance de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 27 juillet 2021 est dorénavant dépourvue de force exécutoire, que le préfet ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, se fonder sur une décision portant interdiction de retour, en l'absence d'exécution de la décision, et que son état de santé constitue un obstacle à son éloignement.
La requête de M. B a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- la requête, enregistrée le 21 décembre 2022 sous le n° 2218240, tendant à l'annulation de la décision contestée.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Renault, première conseillère, pour statuer sur les demandes en référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 12 janvier 2023, en présence de Mme Baali, greffière :
- le rapport de Mme Renault, juge des référés ;
- et les observations de Me Grolleau, substituant Me Pierre, pour le requérant, qui persiste dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 31 décembre 1975, a été mis en possession, en dernier lieu, d'une carte de séjour pluriannuelle expirant le 4 juin 2021. Ses premiers rendez-vous aux fins de dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour ont été annulés et après avoir sollicité de nouveau un rendez-vous, l'intéressé a été convoqué par les services préfectoraux à un rendez-vous le 27 juin 2022, et s'est vu notifier à cette occasion un arrêté daté du même jour par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis, sur le fondement de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a prononcé son assignation à résidence, dans l'attente de l'exécution d'une décision d'obligation de quitter le territoire français en date du 27 juillet 2021. Par ordonnance du 26 août 2022, le juge des référés du Tribunal a suspendu la décision du 27 juin 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer sa demande de renouvellement de son titre de séjour et enjoint au préfet de réexaminer la situation de l'intéressé. En exécution de cette ordonnance, le préfet de la Seine-Saint-Denis a remis à M. B, le 16 septembre 2022, un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 15 mars 2023. Toutefois, par arrêté du 20 décembre 2022, le même préfet a renouvelé la mesure portant assignation à résidence de M. B pour une durée de six mois. Le requérant demande la suspension de ce dernier arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions relatives à l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
4. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé.
5. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que la décision litigieuse, qui restreint considérablement la liberté d'aller et venir de l'intéressé, a des conséquences délétères sur la santé psychique déjà fragile de M. B et rend difficile l'exercice des missions professionnelles qui lui sont confiées. Dans ses conditions, la condition de l'urgence doit être regardée comme remplie.
6. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
7. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la mesure de renouvellement de l'assignation à résidence de M. B a été prise aux motifs que son éloignement demeure une perspective raisonnable, que cet éloignement n'a pas pu être organisé entre le 27 juin 2022 et le 24 décembre 2022 et que l'état de santé de l'intéressé requiert encore une prise en charge médicale adaptée. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B s'est vu remettre, le 16 septembre 2022, un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour ayant expiré le 4 juin 2021, l'autorisant à travailler et valable jusqu'au 15 mars 2023, et que sa demande de renouvellement de son titre de séjour est toujours en cours d'instruction. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il n'existe pas de perspective raisonnable d'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 27 juillet 2021, apparaît, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 20 décembre 2022.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme de 800 euros au titre des frais que M. B devrait y exposer, soit en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au bénéfice de Me Pierre, avocat, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle serait accordé à M. B, et sous réserve alors que Me Pierre renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, soit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au bénéfice de M. B, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle lui serait refusé.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 20 décembre 2022 prolongeant l'assignation à résidence de M. B est suspendue.
Article 3 : L'État versera une somme de 800 euros au titre des frais d'instance dans les conditions mentionnées au point 9.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Pierre, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 13 janvier 2023.
La juge des référés,
Signé
Th. Renault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026