jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2300364 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2023, M. C D A, représenté par la société d'exercice libéral à forme anonyme (SELAFA) Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2022 du maire d'Aulnay-sous-Bois portant retrait de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable du 18 août 2022 autorisant la modification de la toiture et l'isolation des murs extérieurs d'un pavillon individuel à usage d'habitation situé 40 bis rue Séverine ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aulnay-sous-Bois une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, la commune d'Aulnay-sous-Bois, représentée par Me Moghrani, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 4 juillet 2024.
Vu :
- l'arrêté attaqué,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public.
Aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 14 novembre 2022, le maire d'Aulnay-sous-Bois a retiré la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable du 18 août 2022 dont M. C D A était bénéficiaire, autorisant la modification de la toiture et l'isolation des murs extérieurs d'un pavillon individuel à usage d'habitation situé au 40 bis rue Séverine. M. D A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, M. E B, directeur général des services et signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation de fonction et de signature du maire d'Aulnay-sous-Bois, à l'effet de signer, notamment, les autorisations d'urbanisme, par arrêté du 25 juin 2020, dont il est constant qu'il a été transmis au contrôle de légalité le 3 juillet 2020, ainsi que le mentionne l'encart " SLO ", trigramme d'identification d'un dispositif homologué de télétransmission entre la préfecture et les collectivités locales, et affiché le 6 juillet 2020.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire () ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente ne peut rapporter une autorisation d'urbanisme, tacite ou explicite, que si elle est illégale, et si la décision de retrait est notifiée au bénéficiaire de l'autorisation avant l'expiration du délai de trois mois suivant la date à laquelle cette autorisation a été accordée.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment, de l'accusé de réception versé aux débats par la commune, que le pli contenant la décision du 14 novembre 2022 attaquée, portant retrait de la décision de non-opposition tacite à déclaration préalable du 18 août 2022, a été notifié à M. D A le 16 novembre 2022, et non, ainsi qu'il le soutient, le 21 novembre 2022, cette dernière date correspondant à la date à laquelle la décision attaquée a été transmise au contrôle de légalité du préfet. Dès lors, le retrait est intervenu dans le délai de trois mois institué par les dispositions précitées de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, qui a commencé à courir le 18 août 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 424- 5 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme () / Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables : / 6° Dans les zones mentionnées au 1° du II de l'article L. 562-1 du code de l'environnement () ". Aux termes de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R. 421-14 à R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : / a) Les travaux ayant pour effet de modifier l'aspect extérieur d'un bâtiment existant, à l'exception des travaux de ravalement () ".
7. Pour retirer la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable du 18 août 2022, le maire d'Aulnay-sous-Bois s'est notamment fondé sur le motif tiré de l'irrégularité de la construction initiale, eu égard à la circonstance que la construction existante comporte une extension érigée sans déclaration préalable de travaux, de sorte que l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme n'est pas régularisable par la délivrance d'une décision de non-opposition à déclaration préalable autorisant la modification de sa toiture et l'isolation de ses murs extérieurs.
8. D'une part, il est constant que l'extension litigieuse a été réalisée sans autorisation d'urbanisme. A cet égard, si le requérant soutient que cette extension n'était pas soumise, eu égard à la surface de son emprise au sol, de 9 m², à la délivrance d'un permis de construire, le maire ne s'est toutefois pas fondé sur la nécessité d'un permis de construire préalable, mais sur la nécessité, eu égard à la nature de la construction irrégulière, d'une décision de non-opposition à déclaration préalable, dès lors que l'extension entraîne la modification de l'aspect extérieur du pavillon existant. D'autre part, s'il est constant, ainsi que le soutient le requérant, que l'extension du pavillon était achevée depuis plus de dix ans à la date de la décision de retrait attaquée, il est toutefois également constant que la commune d'Aulnay-sous-Bois est couverte par un plan de prévention des risques naturels (PPRN) liés à l'existence de poches de dissolution de gypse sur son territoire, institué par l'arrêté préfectoral du 21 mars 1986, et modifié le 18 avril 1995. Dès lors, le maire d'Aulnay-sous-Bois pouvait, sans commettre d'erreur de droit, en application des dispositions précitées du 6° de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme, opposer à M. D A, pour retirer la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable du 18 août 2022, l'irrégularité initiale de l'extension du pavillon, construite sans autorisation d'urbanisme.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. D A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2022 du maire d'Aulnay-sous-Bois.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Aulnay-sous-Bois qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement, à M. D A, de la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. D A le versement, à la commune d'Aulnay-sous-Bois, d'une somme de 1 200 euros au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D A est rejetée.
Article 2 : M. D A versera à la commune d'Aulnay-sous-Bois une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D A et à la commune d'Aulnay-sous-Bois.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
Mme Renault, première conseillère,
Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,La présidente,
M. HardyA-L. DelamarreLa greffière,
I. Dad
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 23003642
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026