vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2300386 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BELKACEM |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2222447 du 10 janvier 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au greffe du tribunal administratif de Montreuil, le dossier de la requête de M. B A enregistrée le 27 octobre 2022 au greffe du tribunal administratif de Paris.
Par cette requête, M. A, représenté par Me Belkacem, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif préalable daté du 13 avril 2022, contre la décision implicite de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Île-de-France-Est lui refusant le renouvellement de sa carte professionnelle l'autorisant à exercer une activité privée de sécurité ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au non-lieu à statuer sur la requête de M. A.
Il fait valoir que :
- la demande du 25 juin 2021 de M. A doit être regardée, non comme une demande de renouvellement d'une carte professionnelle, mais comme une demande de délivrance d'une autorisation préalable pour suivre la formation d'agent de sécurité privée, laquelle lui a été délivrée, à la suite d'une nouvelle demande, le 31 octobre 2023, de sorte qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation formulées par le requérant ;
- la requête est irrecevable faute pour M. A de justifier de la transmission d'un recours administratif préalable obligatoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boucetta, rapporteure,
- et les conclusions de M. Breuille, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a formulé, le 25 juin 2021, une demande de renouvellement d'une carte professionnelle autorisant l'exercice d'une activité privée de sécurité. M. A allègue avoir formé, par un courrier daté du 13 avril 2022, auprès de la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) un recours administratif préalable obligatoire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure, alors en vigueur, contre la décision implicite de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Île-de-France-Est rejetant sa demande de renouvellement de carte professionnelle. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de la décision implicite par laquelle la CNAC du CNAPS aurait rejeté son recours administratif préalable obligatoire.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A a adressé, le 25 juin 2021, une demande de renouvellement d'une carte professionnelle l'autorisant à exercer une activité privée de sécurité. La circonstance invoquée par le CNAPS que M. A, à la date de cette demande, n'était plus titulaire d'une carte professionnelle, et ne pouvait dès lors pas formuler une demande de renouvellement, est sans incidence sur la nature de la demande qu'il a formulée auprès de l'administration. Cette demande ne peut, dès lors, être requalifiée, comme l'allègue le CNAPS, comme une demande de délivrance d'une autorisation préalable pour suivre une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle à l'exercice d'une activité privée de sécurité.
3. Ainsi, la délivrance à M. A, par une décision du 31 octobre 2023, d'une autorisation préalable pour accéder à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle à l'exercice d'une activité privée de sécurité ne rend pas sans objet les conclusions à fin d'annulation présentées contre la décision implicite de refus de renouvellement d'une carte professionnelle. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer soulevée en défense par le CNAPS ne peut être accueillie.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de présentation d'un recours administratif préalable obligatoire :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure, en vigueur à la date de la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle Île-de-France du CNAPS par application combinée des dispositions de l'article 4 de l'ordonnance du 30 mars 2022 et de l'article 8 du décret du 30 mars 2022 susvisés : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. ". Selon l'article R. 633-7 du code de la sécurité intérieure, alors en vigueur, les autorisations en cause sont délivrées par les commissions locales d'agrément et de contrôle. Aux termes de l'article R. 632-11 du même code, dans sa version applicable au litige : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle : () / 2° Statue sur les recours administratifs préalables formés à l'encontre des décisions des commissions régionales et interrégionales, sur le fondement de l'article L. 633-3 () ". Aux termes de l'article R. 633-9 de ce code alors en vigueur : " Le recours administratif préalable obligatoire devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle prévu à l'article L. 633-3 peut être exercé dans les deux mois de la notification, par la commission locale d'agrément et de contrôle, de la décision contestée. Cette notification précise les délais et les voies de ce recours. Toute décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret n° 2014-1294 du 23 octobre 2014 dans sa rédaction alors en vigueur : " En application du 4° de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, le silence gardé pendant deux mois par l'administration vaut décision de rejet pour les demandes dont la liste figure en annexe du présent décret. ". Figure parmi cette liste, l'agrément des dirigeants ou entrepreneurs individuels pour les activités privées de sécurité.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé, le 25 juin 2021, auprès de la CLAC une demande de renouvellement de carte professionnelle autorisant l'exercice d'une activité privée de sécurité, restée sans réponse. Ce silence a donné naissance, en application des dispositions citées au point précédent, à une décision implicite de rejet de sa demande.
7. Si M. A soutient avoir adressé, par un courrier daté du 13 avril 2022, un recours administratif préalable dirigé contre la décision implicite de refus de sa demande de renouvellement de carte professionnelle du 25 juin 2021, l'intéressé n'apporte pas la preuve de la notification d'un tel recours, dont la réception est contestée par l'administration. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme ayant exercé à l'encontre de la décision lui refusant le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur bien-fondé, les conclusions à fin d'annulation de M. A ne sont pas recevables. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles liées aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Romnicianu, président,
- M. L'hôte, premier conseiller,
- Mme Boucetta, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 06 décembre 2024.
La rapporteure,
H. BOUCETTA
Le président,
M. ROMNICIANULe greffier,
Y. EL MAMOUNI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602914
Le tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté les demandes de M. A... B..., ressortissant tunisien, visant à l’annulation d’un arrêté préfectoral du 8 mai 2026 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de deux ans, et d’un arrêté du 12 mai 2026 l’assignant à résidence. Le juge a estimé que les moyens soulevés, tirés notamment de l’incompétence de l’auteur de l’acte, du défaut de motivation, de la méconnaissance des articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, n’étaient pas fondés. La solution retenue confirme la légalité des décisions contestées, en application des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602912
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B... contre l'arrêté préfectoral du 5 mai 2026 lui interdisant le retour sur le territoire français pour un an. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et ne révélait pas de défaut d'examen particulier de sa situation. Il a estimé que l'interdiction de retour, fondée sur les articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602898
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de M. C... visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 23 février 2026 suspendant son permis de conduire pour six mois, ainsi que le refus d'aménagement par un éthylotest antidémarrage. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, erreur d'appréciation, méconnaissance de l'article R. 224-6 du code de la route) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602803
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, était saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre des arrêtés du 6 mai 2026 du préfet de la Seine-Maritime portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour et assignation à résidence. Le préfet a toutefois retiré ces arrêtés par un arrêté du 22 mai 2026, rendant la requête sans objet. En conséquence, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de M. B.... Il a néanmoins admis l’intéressé au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et a rejeté sa demande de frais de justice, faute de justificatifs.
01/06/2026