mercredi 12 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2300515 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | ESTEVENY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 et 17 janvier 2023, M. D B, représenté par Me Esteveny, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en vertu de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- son droit d'être entendu a été méconnu ;
- la commission du titre de séjour aurait dû être saisie ;
- en estimant qu'il utilisait un alias et qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français, le préfet a entaché sa décision d'erreurs de fait ;
- l'obligation de quitter le territoire français a méconnu les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans la mesure il a déposé une demande de titre de séjour auprès de la préfecture du Val-de-Marne qui est en cours d'examen ;
- l'obligation de quitter le territoire français a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- elle est entachée des mêmes erreurs de fait que l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation en l'absence de risque de fuite établi ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement et de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été régulièrement communiquée au préfet de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Khiat, magistrat désigné,
- les observations de Me Esteveny pour M. B, le préfet de l'Essonne n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité tunisienne, né le 23 mars 1968 à Sayada (Tunisie), déclare être entré en France en 1987 et y résider depuis 2000. Par un arrêté du 13 janvier 2023, dont le requérant demande l'annulation pour excès de pouvoir, le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions en litige :
3. Par un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA-247 du 16 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Essonne du même jour, accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de l'Essonne a donné délégation à Mme C E, cheffe de bureau de l'éloignement, pour signer les décisions de la nature de celles en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté manque en fait et doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il ressort en outre des motifs de l'arrêté en litige que le préfet de l'Essonne a procédé à un examen particulier de la situation de M. B. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation et du défaut d'examen de la situation de l'intéressé doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ". Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne C-383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.
6. Le requérant se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu et ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et qui, si elles avaient pu être communiquées en temps utile, auraient été de nature à y faire obstacle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
7. En troisième lieu, si le requérant soutient que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie en vertu de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un tel moyen est inopérant à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français en litige.
8. En quatrième lieu, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Tel n'est pas le cas de la mise en œuvre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel ne prescrit pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laisse à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé, le 21 avril 2022, lors du rendez-vous qui lui a été accordé, une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture du Val-de-Marne. Il ne ressort pas des éléments du dossier que la préfète du Val-de-Marne ait statué sur cette demande. A cet égard, en relevant, à la date de l'arrêté en litige, que M. B s'était maintenu en France sans être titulaire d'un titre de séjour, le préfet de l'Essonne n'a pas, contrairement à ce qui est soutenu, commis d'erreur de fait. En outre, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prescrit pas la délivrance d'un titre de plein droit. Il s'ensuit que le dépôt d'une telle demande d'admission exceptionnelle au séjour ne faisait pas obstacle à ce que le préfet de l'Essonne prenne une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. B. Par suite, le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit en prenant une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. B au motif que celui-ci a sollicité son admission exceptionnelle au séjour.
10. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. M. B, qui s'est vu délivrer un titre de séjour valable du 1er décembre 2011 au 30 novembre 2012, a fait l'objet de deux mesures d'éloignement prises par le préfet de police de Paris et par le préfet d'Eure-et-Loir respectivement les 31 mars 2014 et 1er octobre 2015. M. B est célibataire, sans charges de famille, et n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. En outre, le requérant ne fait état d'aucune intégration socio-professionnelle sur le sol français. Si le préfet a relevé que M. B avait fait l'objet d'un signalement pour tentative de viol sur concubine et violence conjugales le 24 octobre 2012, ces faits datés et isolés, dont la matérialité est reconnue par l'intéressé, qui n'ont pas donné lieu à poursuites pénales, ne permettent pas à eux-seuls de regarder son comportement comme une menace à l'ordre public. Pour autant, eu égard aux conditions de séjour de M. B en France, le préfet de l'Essonne n'a pas porté une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale normale. Par suite, la décision l'obligeant à quitter le territoire français n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation des conséquences sur la situation personnelle du requérant.
12. En sixième et dernier lieu, si le préfet a relevé que M. B utilisait un alias uniquement sur sa ville de naissance, il en a uniquement déduit que l'intéressé ne présentait pas de garanties de représentation et a notamment pour ce motif refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait invoqué contre ce motif est inopérant à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.
13. Il résulte de ce qui précède que M. B ne démontre pas que la décision d'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est entachée d'illégalité.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
14. En premier lieu, le moyen tiré de l'illégalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire à raison de celle de l'obligation de quitter le territoire français, dont il n'est pas démontré qu'elle serait entachée d'illégalité, ne peut qu'être écarté.
15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une mesure d'éloignement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
16. Ainsi qu'il a été dit au point 11, le seul signalement de M. B en 2012 pour tentative de viol sur concubine et violences conjugales ne permet pas d'établir que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Si le préfet a en outre relevé que l'intéressé ne justifie pas de garanties de représentation suffisantes du fait de l'utilisation d'un alias uniquement sur sa ville de naissance, il ne le justifie nullement. De surcroît, contrairement à ce que l'arrêté relève, et ainsi qu'il a été dit au point 9, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Néanmoins, il est constant, comme il a été dit au point 11, que M. B s'est soustrait à l'exécution de deux mesures d'éloignement en 2014 et en 2015. Ce seul motif permettait légalement au préfet de l'Essonne de refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à l'intéressé, et il résulte de l'instruction que la même décision aurait été prise si elle reposait sur ce seul motif. Par suite, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B.
17. Il résulte de ce qui précède que le requérant ne démontre pas que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'illégalité.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
18. En premier lieu, le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination à raison de celle de l'obligation de quitter le territoire français, dont il n'est pas démontré qu'elle serait entachée d'illégalité, ne peut qu'être écarté.
19. En second lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est dépourvu de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peut, par suite, qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
20. En premier lieu, le moyen de l'illégalité de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français à raison de celle de l'obligation de quitter le territoire français ou de celle refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, dont il n'est pas démontré qu'elles seraient entachées d'illégalité, ne peut qu'être écarté.
21. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
22. S'il résulte de ce qui a été dit que le comportement de M. B ne peut être regardé comme constitutif d'une menace pour l'ordre public, il résulte de l'instruction que le préfet de l'Essonne aurait pris la même décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans compte tenu des mesures d'éloignement auxquelles l'intéressé s'est soustraites, ainsi que de la durée et de ses conditions de séjour en France. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne a commis une erreur de droit ou d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 avril 2023.
Le magistrat désigné,
Y. A
Le greffier,
S. Labart
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026