jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2300671 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | ESTEVENY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 17 janvier 2023, 11 et 15 mai 2023, M. B C, représenté par Me Esteveny, demande au président du tribunal :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de mettre fin au signalement dont il fait l'objet au système d'information Schengen aux fins de non-admission ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées : elles sont entachées d'une incompétence de leur signataire ; elles sont insuffisamment motivées ; elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ; elles sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;
- en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français : le préfet des Hauts-de-Seine n'était pas territorialement compétent pour l'édicter ; il n'a pas bénéficié du droit d'être entendu ; les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ;
- en ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire : le préfet des Hauts-de-Seine n'était pas territorialement compétent pour l'édicter ; il n'a pas bénéficié du droit d'être entendu ; elle est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision d'éloignement ; elle est entachée d'erreur de droit au regard des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- en ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement : le préfet des Hauts-de-Seine n'était pas territorialement compétent pour l'édicter ; il n'a pas bénéficié du droit d'être entendu ; elle est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision d'éloignement ;
- en ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français : le préfet des Hauts-de-Seine n'était pas territorialement compétent pour l'édicter ; il n'a pas bénéficié du droit d'être entendu ; elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision d'éloignement et une décision de refus de délai de départ volontaire illégales ; elle est entachée d'erreur de droit au regard des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-5 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Charageat,
- et les observations de Me Esteveny, représentant M. C, qui soutient que la mesure d'éloignement est entachée d'un défaut d'examen dès lors que le requérant n'a pas été entendu sur son état de santé, que les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues dès lors que le requérant souffre d'une pathologie pouvant entraîner des conséquences d'une extrême gravité et qu'il aurait difficilement accès en Tunisie aux médicaments qui lui sont nécessaires et, s'agissant de la décision de refus de délai de départ volontaire, que le requérant n'a pas déclaré qu'il n'exécuterait pas la décision d'éloignement dont il pourrait faire l'objet, mais qu'il s'est borné à indiquer qu'il formerait un recours contre une telle décision.
Le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 janvier 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a obligé M. C, ressortissant tunisien né le 19 avril 1987 à Tataouine, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. C demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 susvisé : " () L'admission provisoire est accordée () d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué. ". Aux termes de l'article 80 du même décret : " () l'avocat ou l'officier public ou ministériel commis d'office, désigné d'office, () est valablement désigné au titre de l'aide juridictionnelle () si la personne pour le compte de laquelle il intervient remplit les conditions d'éligibilité à l'aide ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle
Sur certains moyens communs aux différentes conclusions :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L''autorité administrative compétente pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police ". En application de ces dispositions, le préfet du département dans le ressort duquel a été constatée l'irrégularité de la situation d'un étranger au regard des règles du droit au séjour sur le territoire français est compétent pour édicter à l'encontre de l'intéressé une décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que les décisions subséquentes.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'irrégularité du séjour du requérant a été constatée lors de la retenue aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour sur le territoire français dont l'intéressé a fait l'objet dans le département des Hauts-de-Seine. Par suite, alors qu'au demeurant il ressort également des pièces du dossier que cette mesure a fait suite à une interpellation du requérant dans ce même département, le moyen tiré de ce que le préfet des Hauts-de-Seine n'était pas territorialement compétent pour prendre les décisions contenues dans l'arrêté contesté doit être écarté.
5. En deuxième lieu, par un arrêté n° 2022-097 du 29 novembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 30 novembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à M. A D, pour signer les décisions contenues dans l'arrêté attaqué, en cas d'absence ou d'empêchement notamment de la cheffe du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige manque en fait et doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé à un examen complet et sérieux de la situation du requérant avant d'édicter les décisions en litige.
7. En quatrième lieu, si le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. En l'espèce le requérant invoque la méconnaissance de son droit d'être entendu, alors qu'il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de son audition par les services de police le 16 janvier 2023, que celui-ci a été mis à même de présenter ses observations avant l'édiction de l'arrêté attaqué, lors de l'entretien organisé par les services de police en application de l'article L. 813-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le requérant n'a pas été privé de la possibilité de présenter des observations concernant notamment son état de santé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
Sur les autres moyens d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose avec une précision suffisante les circonstances de fait qui ont conduit le préfet des Hauts-de-Seine à prononcer la décision en litige, laquelle répond ainsi aux exigences de motivation résultant notamment de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
9. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
11. M. C soutient qu'il souffre d'épilepsie, en faisant valoir que le défaut de prise en charge médicale de cette pathologie pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Tunisie. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment pas du certificat médical du 9 janvier 2023, très peu circonstancié, duquel il ressort que cette pathologie a été diagnostiquée en 2002, ni des éléments documentaires à caractère général versés aux débats par le requérant, que celui-ci ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé en Tunisie. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que lors de son audition mentionnée au point 7 le requérant a déclaré être entré en France au mois de mai 2022 afin de travailler, sans exprimer le besoin d'avoir accès à un traitement médical adapté à sa pathologie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C serait entré en en France au mois de mai 2022, qu'il est célibataire, sans charge de famille et qu'il possède la plupart de ses attaches familiales en Tunisie. En outre, si le requérant a déclaré occuper un emploi salarié dans un commerce de restauration, il n'en justifie pas. Enfin, il résulte de ce qui est dit au point 11, que l'état de santé du requérant ne lui impose pas de demeurer sur le territoire français. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français () ".
14. L'arrêté attaqué, qui vise notamment les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique qu'il existe un risque que le requérant se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, en se référant expressément aux motifs énoncés par les dispositions des 1° et 4° de l'article L. 612-3 mentionnées ci-dessus. Ainsi cet arrêté comporte la mention des considérations de droit et de fait sur lesquelles est fondée la décision en litige. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
16. En troisième lieu, M. C soutient qu'il n'a pas exprimé son intention de ne pas exécuter la décision d'éloignement qui pourrait être prise à son encontre, mais qu'il a seulement déclaré qu'il formerait un recours contre une telle décision, conformément à ses droits. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la décision en litige est également fondée sur la circonstance non contestée que le requérant ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le préfet des Hauts-de-Seine pouvait, pour ce seul motif, sans commettre d'erreur de droit, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Il suit de là que les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 n'ont pas été méconnues.
17. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard aux conditions du séjour du requérant en France, telles que décrites au point 12, que la décision en litige serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
18. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise notamment les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énonce avec une précision suffisante les éléments de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée, en précisant que le requérant est un ressortissant tunisien et qu'il pourra être éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays où il serait légalement admissible. Cette décision répond ainsi aux exigences de motivation prévues notamment par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
19. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision attaquée est illégale compte tenu de l'illégalité de la mesure d'éloignement sur laquelle elle est fondée ne peut qu'être écarté.
20. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
21. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard à ce qui est dit au point 12, que la décision en litige serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
22. En premier lieu, l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Et aux termes des dispositions de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
23. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. L'autorité administrative doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme présentant une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
24. L'arrêté attaqué vise notamment les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce avec une précision suffisante les éléments relatifs à la situation du requérant en France. Ainsi, la décision en litige est suffisamment motivée tant dans son principe que dans sa durée.
25. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision attaquée est illégale compte tenu de l'illégalité de la mesure d'éloignement et de la décision de refus de délai de départ volontaire sur lesquelles elle est fondée ne peut qu'être écarté.
26. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit, aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à M. C. Ce dernier figure donc, pour ce seul motif, au nombre des ressortissants étrangers pouvant faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français sur le fondement des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire susceptible de conduire l'autorité administrative à ne pas prononcer une telle mesure. Dans ces conditions, eu égard aux conditions du séjour du requérant en France telles que décrites au point 12, le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation en lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : M. C est provisoirement admis à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le magistrat désigné
par le président du tribunal,
D. CharageatLe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026