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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2300693

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2300693

jeudi 25 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2300693
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation9ème chambre (J.U)
Avocat requérantLEMICHEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 janvier 2023 et 11 mai 2023, M. A D, représenté par Me Lemichel, demande au président du tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a désigné le pays de renvoi, ainsi que l'arrêté du même jour par lequel le préfet de police lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble : il est entaché d'une incompétence de son signataire ;

- en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français : elle n'est pas suffisamment motivée ; son dossier n'a pas fait l'objet d'un examen personnalisé et attentif ; il n'a pas bénéficié du droit d'être entendu garanti par un principe général du droit de l'Union européenne, ce qui constitue en outre une violation de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ; l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire : elle n'est pas suffisamment motivée, ce qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ; elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- en ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement : elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français : elle n'est pas suffisamment motivée ; elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision de refus de délai de départ volontaire illégale ; elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 février 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu :

- les arrêtés attaqués ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Mali sur la circulation et le séjour des personnes signée à Bamako le 26 septembre 1994 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-5 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Charageat,

- et les observations de Me Veillat substituant Me Lemichel, représentant M. D, qui soutient que l'arrêté de délégation de signature du préfet n'est pas produit, que le requérant n'a pas bénéficié du droit d'être entendu dès lors qu'il n'a été auditionné que dans le cadre d'une garde à vue au cours de laquelle il n'a pas été interrogé sur son droit au séjour au regard de sa situation personnelle et familiale, que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen dès lors qu'aucun élément du formulaire utilisé par le préfet ne mentionne son insertion professionnelle, ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le requérant réside en France depuis plus de quatre ans, qu'il a effectué des démarches pour régulariser sa situation, ayant présenté une demande d'asile qui n'a toutefois été enregistrée qu'en juin 2020, qu'il est à la recherche d'un employeur susceptible de l'accompagner dans sa demande de régularisation, alors qu'il exerce depuis le mois de mars 2020 le métier de maçon qui figure dans la liste des métiers en tension, et qu'il a précédemment fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui a été annulée pour erreur manifeste d'appréciation, que la décision de refus de délai de départ volontaire est fondée sur la circonstance que le requérant a fait usage de faux documents alors que ce dernier n'avait pas d'autre solution pour obtenir un travail et que l'interdiction de retour sur le territoire français est excessivement sévère à son égard dès lors qu'il est inséré professionnellement et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public.

Le préfet de police n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 16 janvier 2023, le préfet de police a obligé M. D, ressortissant malien né le 31 décembre 1989 à Kayes, à quitter le territoire français sans délai et a désigné le pays de renvoi. Par un arrêté du même jour, le préfet de police lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois. M. D demande l'annulation de ces décisions.

Sur la compétence du signataire des arrêtés attaqués :

2. Par un arrêté n° 2022-01166 du 3 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour, le préfet de police a donné délégation à Mme C B pour signer les décisions contestées, en cas d'absence ou d'empêchement notamment de la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière. Cette délégation de signature constituant un acte réglementaire, la preuve de son existence n'impliquait pas que le préfet verse aux débats la version signée de cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.

Sur les autres moyens d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose avec une précision suffisante les circonstances de fait qui ont conduit le préfet de police à prononcer la décision en litige, sans qu'il ait été nécessaire d'y faire mention des éléments invoqués dans la requête. Cette décision répond ainsi aux exigences de motivation résultant notamment de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait omis de procéder à un examen sérieux et complet de la situation du requérant.

5. En troisième lieu, il ressort de l'ensemble des dispositions des livres VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment des articles L. 614-1 à L. 614-19, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des portant obligations de quitter le territoire français et des décisions relatives au délai de départ, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ni, en tout état de cause de l'article L. 122-2 du même code.

6. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

7. Si le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. En l'espèce, le requérant invoque la méconnaissance du droit d'être entendu, en se bornant à faire valoir qu'il n'a pas été en mesure de présenter des observations préalablement à l'intervention de la décision en litige, sans alléguer qu'il aurait disposé d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que cette décision ne soit prise et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à y faire obstacle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. M. D soutient qu'il séjourne depuis le mois de décembre 2018 en France, où il est inséré professionnellement. Toutefois, l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français en litige, non contesté sur ce point, mentionne qu'il a déclaré que son épouse et son enfant résidaient au Mali. En outre, si le requérant établit avoir occupé différents postes dans le secteur du bâtiment avant l'intervention de l'arrêté attaqué, en tant qu'employé polyvalent du mois de mars 2020 au mois de mai 2021, en tant qu'ouvrier du mois de janvier au mois de juin 2022 et en tant que manœuvre du 21 septembre au 31 décembre 2022, il n'en résulte pas qu'il pourrait se prévaloir d'une insertion et d'une qualification professionnelles significatives. Enfin, le requérant, qui reconnaît avoir fait établir frauduleusement un titre d'identité italien et une carte vitale à son nom, ne peut sérieusement soutenir que de tels agissements auraient été réalisés sous la contrainte dans le but d'obtenir un emploi. Il suit de là, alors qu'au demeurant M. D, ne justifie pas avoir effectué de démarche auprès des services préfectoraux en vue de régulariser sa situation après le rejet de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile et après l'annulation par un jugement du 14 décembre 2021 d'une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre, que la décision en litige n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi par cette décision. Par suite, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas été méconnues. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

11. L'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire français, qui vise notamment les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public et qu'il existe un risque que celui-ci se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français, en se référant expressément aux motifs énoncés par les dispositions des 7° et 8° de l'article L. 612-3 mentionnées ci-dessus. Ainsi cet arrêté comporte la mention des considérations de droit et de fait sur lesquelles est fondée la décision en litige. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.

12. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait omis de procéder à un examen particulier de la situation du requérant.

13. En troisième lieu, si le requérant soutient que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il présente des garanties de représentation suffisantes, il allègue sans l'établir qu'il disposerait d'un document de voyage en cours de validité. Par suite, le préfet de police a pu légalement refuser de lui accorder un délai de départ volontaire au seul motif qu'il ne pouvait pas présenter de document d'identité ou de voyage en cours de validité, sans entacher sa décision d'erreur de droit. En outre, eu égard aux conditions du séjour du requérant en France, telles que décrites au point 9, cette décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :

14. Il ne ressort pas des pièces du dossier, alors que le requérant est un ressortissant malien et que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français mentionne qu'il pourra être éloigné d'office à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays où il serait légalement admissible, que cette décision serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Et aux termes des dispositions de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

16. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. L'autorité administrative doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme présentant une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

17. L'arrêté qui prononce la décision en litige vise notamment les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se réfère aux décisions du même jour notifiées simultanément au requérant par lesquelles le préfet a prononcé une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire à l'encontre de l'intéressé et énonce avec une précision suffisante les éléments relatifs à la situation de ce dernier en France, en mentionnant notamment qu'il constitue une menace à l'ordre public et qu'il ne possède pas des liens très intenses en France. Ainsi, la décision en litige est suffisamment motivée tant dans son principe que dans sa durée.

18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que l'illégalité de la décision de refus de délai de départ volontaire entraînerait l'annulation de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.

19. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit, aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à M. D. Ce dernier figure donc, pour ce seul motif, au nombre des ressortissants étrangers pouvant faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français sur le fondement des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire susceptible de conduire l'autorité administrative à ne pas prononcer une telle mesure. Dans ces conditions, eu égard aux conditions du séjour du requérant en France telles que décrites au point 9, le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation en lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.

Le magistrat désigné

par le président du tribunal,

D. CharageatLe greffier,

C. Chauvey

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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