mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2301579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | TSIKA-KAYA JEAN RIGOBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2023, Mme B A, représentée par
Me Tsika-Kaya, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de deux années ;
2°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) et de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle doit être regardée comme soutenant que, s'agissant de la décision portant refus d'admission au séjour :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire.
Un mémoire en production de pièces a été enregistré le 7 mars 2024 pour le compte de Mme A, il n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ghazi, rapporteur ;
- et les observations de Me Tsika-Kaya, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante guinéenne née le 24 octobre 1976, déclare être entrée en France au cours de l'année 2011. Elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 21 octobre 2021. Par un arrêté du 4 octobre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de deux années. Par la présente requête, Mme B A sollicite l'annulation de ces décisions.
2. En premier lieu, Mme A soutient que la décision portant refus d'admission au séjour est insuffisamment motivée. Toutefois, ladite décision, qui vise les textes appliqués et notamment l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui constitue le fondement de sa demande, mentionne sa situation professionnelle, l'absence d'attaches sur le territoire français, sa durée de résidence et les motifs ayant conduit la commission du titre de séjour à émettre un avis défavorable s'agissant de son admission au séjour. Cette décision mentionne également les éléments essentiels de sa situation administrative, à savoir que celle-ci a bénéficié d'un titre de séjour et de récépissés du 5 février 2015 au 3 janvier 2019. Elle comporte donc les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant refus d'admission au séjour doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
4. En l'espèce, Mme A soutient que le préfet de la Seine-Saint-Denis a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant son admission au séjour. Elle se prévaut, d'une part, de son état de santé. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressée souffre d'une coxarthrose d'évolution rapide et d'une gonarthrose bilatérale causées par une obésité morbide. Toutefois, le seul document évoquant que Mme A doit se maintenir sur le territoire français du fait de son état de santé est le certificat du docteur C, médecin généraliste, du 6 octobre 2023 qui se borne à mentionner qu'elle " nécessite une poursuite des soins sur le territoire français ", sans même qu'il soit allégué que ces soins ne puissent lui être dispensés dans son pays d'origine. Par ailleurs, Mme A se prévaut d'avoir exercé une activité professionnelle sur le territoire français. Or, il ressort de la décision attaquée, et n'est pas contesté par la requérante, que celle-ci n'exerce plus aucune activité professionnelle depuis l'année 2018. De plus, si elle réside depuis plus de dix années sur le territoire français, elle n'allègue pas y détenir d'attaches. Enfin, par un avis du 4 août 2022, la commission du titre de séjour a émis un avis défavorable à l'admission au séjour de Mme A aux motifs que celle-ci a fait l'objet de trois mesures d'éloignement non exécutées, qu'elle ne justifie pas d'une intégration professionnelle et qu'elle n'établit pas détenir d'attaches en France. Dans ces conditions, la seule circonstance que l'intéressée réside en France depuis plus de dix années ne permet pas d'établir qu'elle justifie de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet de la Seine-Saint-Denis doit être écarté.
5. En troisième et dernier lieu, si Mme A justifie résider sur le territoire français depuis plus de dix années, il ressort de la décision attaquée, et n'est pas contesté par celle-ci, qu'elle est célibataire, sans enfant à charge et ne justifie d'aucune attache ni intégration sur le territoire français. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la présente décision méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du 4 octobre 2022. Sa requête doit donc être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées en matière de frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- Mme Ghazi, première conseillère,
- Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
La première conseillère,Signé A. GhaziLe président,SignéJ-C. TruilhéLa greffière,
SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026