jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2301616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | TAJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2023, M. A B, représenté par Me Taj, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer le stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a suivi les 7 et 8 novembre 2022 ;
2°) d'annuler la décision référencée 48SI par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul et lui a interdit de conduire, ainsi que les décisions antérieures portant retrait de points à la suite d'infractions commises à des dates inconnues ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'affecter quatre points à son permis de conduire en conséquence du suivi du stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- les auteurs des décisions attaquées sont incompétents ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'examen personnel de sa situation ;
- la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis du 5 décembre 2022 est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'aucun avis de passage n'a été déposé à son domicile ;
- elle méconnaît l'article L. 223-6 du code de la route dès lors notamment qu'aucune décision 48SI ne lui a été notifiée ;
- les décisions successives de retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des retraits de points.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut que la requête ne relève pas de sa compétence en tant qu'elle concerne les décisions de retrait de points et la décision 48SI et au rejet du surplus.
Il soutient qu'en cas de notification d'une décision 48SI, il est tenu de refuser l'enregistrement d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête et le cas échéant à ce qu'il lui soit enjoint de procéder au réexamen de la validité du stage suivi par le requérant et de sa situation.
Il soutient que :
- la requête est tardive dès lors qu'une décision 48SI a été notifiée au requérant le 15 juillet 2022 ;
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de points à la suite de l'infraction commise le 20 avril 2021 sont tardives dès lors que cette décision a été notifiée le 1er décembre 2021 ;
- le préfet était tenu de refuser l'enregistrement du stage ;
- les moyens soulevés par le requérant contre la décision 48 SI et les décisions de retrait de points ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Syndique pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Syndique a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 5 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer le stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a suivi les 7 et 8 novembre 2022, la décision référencée 48SI par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul ainsi que les décisions antérieures portant retrait de points à la suite des infractions commises à des dates inconnues.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision 48SI et des décisions de retrait de points :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ()". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " () Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".
4. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé.
5. En l'espèce, le ministre de l'intérieur établit, par les pièces qu'il verse à l'instance, que le pli contenant la décision référencée 48SI portant l'indication des voies et délais de recours et prononçant l'invalidation du permis de conduire de M. B a été présenté le 15 juillet 2022 à une adresse que l'intéressé indique avoir donné à l'administration à l'occasion de la délivrance du certificat d'immatriculation de son véhicule, en commettant toutefois une erreur sur le numéro de l'immeuble dans la voie. Dès lors qu'il revenait à l'intéressé de faire rectifier cette erreur, il ne saurait se prévaloir de la circonstance que la décision 48SI a été expédiée à une adresse erronée. Le pli retourné à l'administration portant la mention " Pli avisé et non réclamé ", la décision 48SI en litige ainsi que les décisions de retrait de points y étant récapitulées sont réputées avoir été régulièrement notifiées à la date de présentation le 15 juillet 2022. Dès lors, la requête de M. B, enregistrée le 7 décembre 2023 au-delà du délai de deux mois fixé par les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, est tardive et, par suite, irrecevable en tant qu'elle concerne ces décisions.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis refusant d'enregistrer le stage de sensibilisation à la sécurité routière :
6. Le quatrième alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route dispose que : " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière. () ". Aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I.-Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II.-L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III.-Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. / ()".
7. Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de rejeter toute demande de reconstitution de points acquis à la suite d'un stage de sensibilisation lorsque le conducteur a reçu, avant le dernier jour du stage, régulièrement notification d'une décision du ministre de l'intérieur l'informant que son permis de conduire a perdu sa validité par suite de l'épuisement de son capital de points.
8. Si M. B produit une attestation de participation à un stage de sensibilisation à la sécurité routière réalisé les 7 et 8 novembre 2022, il n'était plus titulaire d'un titre de conduite du fait de la notification antérieure le 15 juillet 2022 de la lettre par laquelle le ministre l'a informé de la perte de validité de son permis, ainsi qu'exposé aux points 2 à 5. Par suite, le préfet était tenu de rejeter la demande de l'intéressé de reconstitution de son capital de points. Ainsi, les moyens soulevés par le requérant contre cette décision sont inopérants et ne peuvent qu'être rejetés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La magistrate désignée,
N. Syndique
Le greffier,
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026