jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2301958 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | JACQUEZ DUBOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 février, 13 septembre et 1er octobre 2023, M. B C, représenté par Me Lalanne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2022 par lequel le maire de Montfermeil a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif pour la modification de la hauteur et du nombre de niveaux d'une construction, de sa surface de plancher, de ses façades et de ses ouvertures, ensemble la décision du 13 décembre 2022 portant rejet de son recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au maire de Montfermeil de lui délivrer le permis de construire modificatif sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ; subsidiairement, de lui enjoindre de procéder, sous le même délai et la même astreinte, au réexamen de sa demande de permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montfermeil une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le motif selon lequel le projet méconnaît les dispositions de l'article UG 10.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme est entaché d'illégalité, dès lors que ces dispositions sont elles-mêmes entachées d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux objectifs du règlement du plan local d'urbanisme tels que définis par les dispositions de l'article R. 151-39 du code de l'urbanisme, et eu égard à l'incohérence que représente l'ajout d'une règle de gabarit maximal des constructions aux règles maximales de hauteur ;
- les demandes de substitution de motifs de la commune sont infondées.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 31 mars et 6 novembre 2023, la commune de Montfermeil, représentée par Me Jacquez-Dubois, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé et sollicite une substitution de motifs tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article UG 11.2 du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux volumes, toitures et percements, dès lors que la toiture projetée ne respecte pas la règle selon laquelle les toitures des constructions principales doivent comporter une ou deux pentes à 20° minimum, et de la méconnaissance des dispositions de l'article UG 12.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme relatives au stationnement, dès lors que l'emplacement de stationnement créé en fond de parcelle n'est pas facilement accessible.
La clôture de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 17 novembre 2023.
Vu :
- l'arrêté attaqué,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- les observations de Me Lalanne, représentant M. C, et de Me Jacquez-Dubois, représentant la commune de Montfermeil.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 28 septembre 2022, le maire de Montfermeil a refusé de délivrer à
M. C un permis de construire modificatif pour la modification de la hauteur et du nombre de niveaux d'une construction, de sa surface de plancher, de ses façades et de ses ouvertures. Il demande l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision du 13 décembre 2022 portant rejet de son recours gracieux dirigé contre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A D, adjoint au maire chargé notamment du développement urbain, a reçu délégation du maire de Montfermeil, par un arrêté n°2020-119 du 25 mai 2020, à l'effet de signer notamment " tous actes et décisions à caractère individuel, au titre du code de l'urbanisme, en matière d'occupations et d'utilisations du sol (autorisations, certificats d'urbanisme) et de leur contrôle, () ". Cet arrêté a été transmis au contrôle de légalité le 29 mai 2020 et publié au recueil des actes administratifs de la commune n° 105. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 28 septembre 2022 et de la décision portant rejet du recours gracieux doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ". Aux termes de l'article R. 151-39 du même code : " Afin d'assurer l'intégration urbaine, paysagère et environnementale des constructions, déterminer la constructibilité des terrains, préserver ou faire évoluer la morphologie du tissu urbain et les continuités visuelles, le règlement peut notamment prévoir des règles maximales d'emprise au sol et de hauteur des constructions. / Il peut également prévoir, pour traduire un objectif de densité minimale de construction qu'il justifie de façon circonstanciée, des règles minimales d'emprise au sol et de hauteur. Il délimite, dans le ou les documents graphiques, les secteurs dans lesquels il les impose. / Les règles prévues par le présent article peuvent être exprimées par rapport aux voies et emprises publiques, aux limites séparatives et aux autres constructions sur une même propriété ainsi qu'en fonction des objectifs de continuité visuelle, urbaine et paysagère attendus ".
4. Aux termes de l'article UG 10.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Montfermeil : " La hauteur maximale des constructions ne peut excéder 3 niveaux (R+2 soit 9m à l'acrotère ou R+1+Combles sous toiture en pente soit 7 mètres à l'égout du toit et 11 mètres au faîtage) ".
5. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme : " Sous réserve de l'application des articles L. 600-12-1 et L. 442-14, l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale a pour effet de remettre en vigueur le schéma de cohérence territoriale, le plan local d'urbanisme, le document d'urbanisme en tenant lieu ou la carte communale immédiatement antérieur ". Aux termes de l'article L. 600-12-1 du même code : " L'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale sont par elles-mêmes sans incidence sur les décisions relatives à l'utilisation du sol ou à l'occupation des sols régies par le présent code délivrées antérieurement à leur prononcé dès lors que ces annulations ou déclarations d'illégalité reposent sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet. / Le présent article n'est pas applicable aux décisions de refus de permis ou d'opposition à déclaration préalable. Pour ces décisions, l'annulation ou l'illégalité du document d'urbanisme leur ayant servi de fondement entraîne l'annulation de ladite décision ".
7. Il résulte de l'article L. 600-12-1 du code de l'urbanisme que l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un document local d'urbanisme n'entraine pas l'illégalité des autorisations d'urbanisme délivrées lorsque cette annulation ou déclaration d'illégalité repose sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet en cause. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de l'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours contre une autorisation d'urbanisme, de vérifier d'abord si l'un au moins des motifs d'illégalité du document local d'urbanisme est en rapport direct avec les règles applicables à l'autorisation d'urbanisme. Un vice de légalité externe est étranger à ces règles, sauf s'il a été de nature à exercer une influence directe sur des règles d'urbanisme applicables au projet. En revanche, sauf s'il concerne des règles qui ne sont pas applicables au projet, un vice de légalité interne ne leur est pas étranger. Par ailleurs, eu égard aux effets de la règle posée à l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme, lorsque le document local d'urbanisme sous l'empire duquel a été délivrée l'autorisation contestée est annulé ou déclaré illégal pour un ou plusieurs motifs non étrangers aux règles applicables au projet en cause et dans le cas où ce ou ces motifs affectent la légalité de la totalité du document d'urbanisme, la légalité de l'autorisation contestée doit être appréciée au regard de l'ensemble du document immédiatement antérieur ainsi remis en vigueur.
8. Contrairement à ce que soutient la commune de Montfermeil, la règle posée à l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme et rappelée au point précédent ne s'applique qu'aux litiges portant sur la légalité d'une autorisation d'urbanisme. Or, le présent litige porte sur la légalité de l'arrêté du 28 septembre 2022 par lequel le maire de Montfermeil a refusé de délivrer au requérant un permis de construire modificatif. Par suite, la commune n'est pas fondée à soutenir que l'exception d'illégalité soulevée par M. C serait inopérante, dès lors que le motif d'illégalité du document d'urbanisme qu'il invoque serait étranger aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme dont la méconnaissance lui a été opposée. Dès lors, l'annulation ou l'illégalité des dispositions du plan local d'urbanisme sur le fondement desquelles a été édicté le refus d'autorisation d'urbanisme entraîne l'annulation de ce dernier, sauf au juge à procéder, le cas échéant, à une substitution de base légale ou de motifs dans les conditions de droit commun.
9. En l'espèce, la zone UG, qui correspond aux quartiers d'habitat pavillonnaire traditionnel, comporte des règles de hauteur et de gabarit des constructions qui tendent au maintien du caractère résidentiel dominant du secteur, qui se caractérise par le faible gabarit des constructions existantes et autorise les évolutions de ces constructions uniquement par une densification " douce ", et notamment, par la surélévation ou l'extension, ainsi qu'il résulte des mentions du rapport de présentation du plan local d'urbanisme. Les auteurs du plan local d'urbanisme ont ainsi tenu compte de la moindre densité en secteur UG pour définir des règles plus strictes en matière de hauteur, qui s'expriment à la fois en nombre de niveaux et en mètres, au-delà desquels les constructions ne peuvent être autorisées, et qui peuvent cumuler des règles de hauteur totale, de hauteur au faîtage, de hauteur à l'égout du toit, et restreindre le nombre de niveaux autorisés, afin de préserver le caractère pavillonnaire du quartier et de garantir l'insertion des constructions nouvelles dans cet environnement. La circonstance que des constructions existantes respectent les règles maximales de hauteur, tout en comportant des nombres de niveaux différents, ne démontre pas l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation du règlement, lequel tend à préserver le caractère pavillonnaire de la zone et à interdire les constructions dont les niveaux sont supérieurs à deux. Par suite, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité des dispositions de l'article UG 10.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme, doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les demandes de substitution de motifs de la commune de Montfermeil, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2022 attaqué ni celle de la décision portant rejet de son recours gracieux. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Montfermeil, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement à M. C de la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. C le versement, à la commune de Montfermeil, d'une somme de 1 500 euros au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Montfermeil une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Montfermeil.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
Mme Renault, première conseillère,
Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La rapporteure,La présidente,
M. HardyA-L. Delamarre
La greffière,
I. Dad
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 23019582
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026