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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2302117

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2302117

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2302117
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantSELARL SAMSON & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2023, M. A B, représenté par la SELARL Samson et Weil, demande au Tribunal d'annuler la décision référencée 48SI du 13 janvier 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul ainsi que les décisions portant retrait de points à la suite des infractions en date des 8 mai 2022, 23 octobre 2019, 27 avril 2020, 26 juillet 2020, 27 octobre 2020, 5 décembre 2020, 8 décembre 2020, 12 juillet 2021, 26 février 2021 et 25 septembre 2021.

Il soutient que :

- il n'a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des retraits de points ;

- la réalité des infractions n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- les mentions de l'infraction du 8 mai 2022 et de la décision 48SI ont été supprimées du relevé d'information intégral ;

- les moyens soulevés par le requérant contre les autres décisions portant retrait de points ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 1er juin 2023, M. B déclare, d'une part, se désister purement et simplement des conclusions tendant à l'annulation de la décision 48 SI ainsi que des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 8 mai 2022, 23 octobre 2019, 27 avril 2020, 26 juillet 2020, 27 octobre 2020, 12 juillet 2021, 26 février 2021 et 25 septembre 2021 et, d'autre part, maintenir le surplus de ces conclusions.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

En application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du Tribunal administratif a désigné Mme Syndique pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Syndique a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Dans le dernier état de ses écritures, M. B demande au Tribunal d'annuler les décisions portant retrait de points à la suite des infractions en date des 5 et 8 décembre 2020.

Sur l'étendue du litige :

2. Si, dans sa requête, M. B avait demandé l'annulation de la décision 48 SI du 13 janvier 2023 ainsi que des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 8 mai 2022, 23 octobre 2019, 27 avril 2020, 26 juillet 2020, 27 octobre 2020, 12 juillet 2021, 26 février 2021 et 25 septembre 2021, il a, dans son mémoire enregistré le 1er juin 2023, expressément abandonné ces conclusions. Dès lors, il y a lieu pour le tribunal de ne statuer que sur le surplus des conclusions.

Sur les infractions des 5 et 8 décembre 2020 :

3. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. () ".

4. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.

5. Il résulte du relevé d'information intégral produit par l'administration que les infractions relevées par radar automatique les 5 et 8 décembre 2020 ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires pour le recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit en défense une copie d'un document attestant du paiement par l'intéressé de ces amendes. Toutefois, il résulte de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 13 janvier 2023, produit par M. B, que ces paiements procèdent d'un recouvrement forcé engagé par le comptable public. En l'absence de paiement spontané de ces amendes et de copie des avis de contravention adressés à l'intéressé, aucune pièce ne permet d'établir que M. B aurait nécessairement reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route préalablement à l'édiction de ces titres exécutoires. Ce vice de procédure est de nature à entacher d'illégalité les décisions en cause dès lors qu'en l'espèce, il a privé l'intéressé de la garantie d'information prévue par cet article, notamment en ce qui concerne la qualification de l'infraction constatée, information déterminante pour connaître le nombre de points en jeu. Il suit de là que les décisions de retrait de points correspondant aux infractions commises les 5 et 8 décembre 2020 doivent être regardées comme étant intervenues au terme de procédures irrégulières.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation des décisions portant chacune retrait d'un point intervenues à la suite des infractions commises les 5 et 8 décembre 2020.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. B tendant à l'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 8 mai 2022, 23 octobre 2019, 27 avril 2020, 26 juillet 2020, 27 octobre 2020, 12 juillet 2021, 26 février 2021 et 25 septembre 2021 ainsi que de la décision 48 SI du 13 janvier 2023.

Article 2 : Les décisions du ministre de l'intérieur portant au total retrait de deux points affectés au permis de conduire de M. B à la suite des infractions commises les 5 et 8 décembre 2020 sont annulées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

La magistrate désignée,

N. Syndique

Le greffier,

S. Werkling

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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