jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2302707 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET GOUTAL, ALIBERT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés le 7 mars 2023, le 4 mai 2023 et le 18 mai 2023, la société par actions simplifiée GBI Promotion, représentée par Me Palmieri, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2022 par lequel le maire de Villemomble a retiré le certificat d'urbanisme CU 93077 20 B0552 du 18 janvier 2021 portant sur la parcelle cadastrée P n°110 sise 27 rue Longperier, ensemble le rejet tacite du recours gracieux formé par la requérante ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villemomble la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La fraude n'étant pas constituée compte tenu de l'absence de manœuvre du pétitionnaire en vue de tromper l'administration, le certificat d'urbanisme ne pouvait pas être retiré à la date du 14 septembre 2022 ;
- L'illégalité invoquée par la commune ne saurait remplir le critère de gravité requis pour considérer comme inexistant l'acte attaqué ;
- La commune ne peut pas substituer au motif initial de la décision litigieuse tiré de la fraude entachant l'acte, celui tiré de l'inexistence de l'acte.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 12 avril 2023 et le 16 mai 2023, la commune de Villemomble conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés et, à titre subsidiaire, entend substituer au motif du retrait initial un nouveau motif tiré de ce que le certificat d'urbanisme litigieux doit être regardé comme un acte inexistant.
Vu :
- la décision attaquée ;
- l'arrêté de retrait du permis de construire délivré le 16 juillet 2021 ;
- le certificat d'urbanisme CU 93077 20 B0550 délivré le 18 janvier 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique
- le rapport de Mme Delamarre, présidente-rapporteure ;
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public ;
- les observations de Me Jacquet Dubois substituant, Me Palmieri, représentant la société GBI ;
- les observations de Me Peynet, du Cabinet Goutal, Alibert et associés, représentant la commune de Villemomble.
Considérant ce qui suit :
1. Le maire de la commune de Villemomble a délivré, le 18 janvier 2021, à la société GBI Promotion le certificat d'urbanisme CU 93077 20 B0550 et le certificat d'urbanisme CU 93077 20 B0552. Par arrêté en date du 16 juillet 2021, modifié le 8 novembre 2021, et au visa des certificats d'urbanisme délivrés, le maire de la commune de Villemomble a accordé, au bénéfice de la société Giulia, un permis de construire n° PC 93 077 21 B0031 portant sur la construction d'un immeuble d'habitation comprenant trente-trois logements sur cinq niveaux, après démolition des immeubles existants, sur un terrain situé 25/27 rue Longperier, parcelles cadastrées section P n° 110 et 111. Par trois arrêtés en date du 14 septembre 2022, qui font suite à une procédure contradictoire engagée le 18 mai 2022, le maire de la commune de Villemomble a retiré les deux certificats d'urbanisme délivrés ainsi que le permis de construire, au motif que ces derniers auraient été obtenus de manière frauduleuse. Par la présente requête, la société GBI Promotion demande au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Villemomble en date du 14 septembre 2022, procédant au retrait du certificat d'urbanisme CU 93077 20 B0552 du 18 janvier 2021, ensemble le rejet tacite du recours gracieux formé par la société requérante.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, " la décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire () " et des dispositions de l'article L. 421-2 du code des relations entre le public et l'administration qui prévoient que " par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré ". La fraude est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que ni la société GBI Promotion ni la société Giula n'ont déposé de demande de certificat d'urbanisme portant sur la parcelle sise 27 avenue Longperier. Or la délivrance de deux certificats d'urbanismes irréguliers qui comportent des dates de demande fictives, a conduit à ce que la demande de permis de construire déposée par la société pétitionnaire soit instruite selon les règles du plan local d'urbanisme dans leur ancienne version approuvée le 28 mars 2017, donc dans une version plus favorable au projet. S'il est constant et particulièrement regrettable de constater que les sociétés GBI Promotion et SCCV Julia ne se sont pas inquiétées outre mesure de l'origine d'actes de nature à faciliter la réalisation de leur projet, l'existence de manœuvres frauduleuses en amont de l'édiction de ces actes ne ressort pas des pièces du dossier. Dans ces conditions, c'est à tort que le maire de la commune de Villemomble a estimé que le certificat d'urbanisme CU 93077 20 B0552 s'analysait comme un acte obtenu par fraude.
4. Toutefois, dans son mémoire en défense, la commune de Villemomble demande à ce que soit substitué au motif ayant initialement servi de fondement à la décision attaquée, le motif selon lequel celle-ci serait entachée d'inexistence. Il y a lieu de faire droit à la demande de substitution de motif présentée par la commune dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que celle-ci aurait pris la même décision de retrait si elle s'était fondée initialement sur ce motif et que cette substitution ne prive le requérant d'aucune garantie procédurale.
5. Lorsqu'un acte administratif est entaché d'une illégalité commise en toute connaissance de cause par un agent de l'administration au mépris de la règlementation en vigueur, celui-ci est nul et non avenu et ne fait, par conséquent, naître aucun droit au profit de l'intéressé, l'administration étant tenue de procéder à tout moment au retrait de cet acte inexistant.
6. Il ressort de l'analyse des pièces du dossiers que le certificat d'urbanisme litigieux a fait l'objet d'une enquête administrative dont les conclusions, datées du 19 mai 2022, font ressortir qu'il a été élaboré irrégulièrement par un agent de l'administration, à la demande de son supérieur hiérarchique, sans être rattaché à aucune demande déposée par le pétitionnaire et comportant des dates de demande et de délivrance fictives, de manière à permettre l'instruction de la demande de permis de construire présentée par le pétitionnaire, selon le règlement du plan local d'urbanisme (PLU) approuvé en 2017, plus favorable au projet, au lieu d'être instruit selon le règlement du PLU en vigueur depuis le 15 mai 2021, dont les dispositions sont plus restrictives sur les règles de hauteur. Il ressort également de l'analyse des pièces du dossier que ces faits, traduisant de graves manquements d'un agent de l'administration à ses obligations professionnelles et statutaires, ont fait l'objet d'un signalement auprès du procureur de la république du tribunal judiciaire de Bobigny, effectué par le maire de la commune de Villemomble, en date du 19 mai 2022. Dans ces circonstances, le certificat d'urbanisme litigieux doit être regardé comme entaché d'une illégalité commise en toute connaissance de cause par un agent de l'administration au mépris de la réglementation en vigueur, et par conséquent comme nul et non avenu, ne faisant naître aucun droit au profit de l'intéressé, et devant être par conséquent retiré par l'administration. Par suite, c'est sans erreur de droit que l'administration a procédé au retrait de cet acte inexistant.
7. Il résulte de ce qui précède que la société GBI Promotion n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Villemomble en date du 14 septembre 2022, procédant au retrait du certificat d'urbanisme CU 93077 20 B0552 du 18 janvier 2021, ensemble le rejet tacite de son recours gracieux.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la commune de Villemomble, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la société GBI Promotion une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société GBI Promotion est rejetée.
Article 2 : La société GBI Promotion versera une somme de 1 000 euros à la commune de Villemomble en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Villemomble est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société GBI Promotion et à la commune de Villemomble.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Delamarre, présidente,
- Mme Renault, première conseillère,
- Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
La présidente-rapporteure,
A-L. Delamarre
L'assesseure la plus ancienne,
Th. Renault
Le greffier,
I. Dad
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026