lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2302911 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET GOUTAL, ALIBERT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 mars et le 24 mars 2023, la société civile immobilière de construction-vente Giulia, représentée par l'AARPI Alteva avocats, demande au juge des référés du Tribunal statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 14 septembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Villemomble a retiré le permis de construire qu'il lui avait accordé le 16 juillet 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villemomble la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision est susceptible de lui faire perdre le bénéfice de l'exonération des droits de mutation sur la vente du terrain objet du litige, que le litige interfère avec celui relatif au permis de construire retiré et qu'elle rend impossible la réitération de la promesse de vente du terrain conditionnée à l'obtention d'un permis de construire ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée en l'absence de fraude qui lui serait imputable, dès lors qu'elle ne s'en est pas prévalue des certificat d'urbanisme litigieux à l'appui de sa demande et qu'au demeurant ils ont pu faire l'objet d'une demande de sa part, à l'oral ou par le truchement de son notaire ;
- la substitution de motifs sollicitée doit être écartée dès lors que permis de construire retiré ne présente pas le caractère d'un acte inexistant.
Par des mémoires en défense enregistrés le 23 mars et le 28 mars 2023, la commune de Villemomble, représentée par le cabinet Goutal Alibert et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Giulia la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- il n'existe pas de doute sérieux quant à la légalité du motif sur lequel est fondé la décision attaquée ;
- à ce motif peut être substitué celui de ce que et que la décision se borne à retirer un acte inexistant.
Vu :
- la requête tendant à l'annulation de la décision contestée, enregistrée le 7 mars 2023 sous le numéro 2302714 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Le Garzic, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 28 mars 2023, en présence de Mme Mohammad, greffière :
- le rapport de M. Le Garzic, juge des référés ;
- les observations de l'AARPI Alteva avocats, avocat de la société Giulia, qui rappelle en ce qui concerne l'urgence que les travaux doivent démarrer avant le 30 avril 2023 pour qu'elle conserve l'avantage fiscal lié à l'une des parcelles et qu'un permis définitif doit être obtenu avant le 28 avril 2023 pour qu'elle garde le bénéfice de la promesse de vente sur l'autre parcelle et en ce qui concerne le fraude qu'elle n'est pas en mesure de confirmer que son notaire n'a fait aucune demande pour son compte de certificats d'urbanisme dont elle ne s'est en tout état de cause jamais prévalue et souligne que si le permis de construire était inexistant, son retrait litigieux n'aurait aucun objet ;
- et les observations du cabinet Goutal Alibert et associés, avocat de la commune, qui indique en ce qui concerne l'urgence que la requérante est partie aux stipulations de la promesse de vente dont elle se prévaut et qu'elle disposait d'une faculté de décaler la date butoir fiscale et en tout état de cause qu'elle a fait le choix d'un contentieux tardif contre l'acte litigieux et en ce qui concerne la fraude que la société n'a pas contredit les certificats d'urbanisme qui lui ont été adressé et s'en est prévalue dans ses écritures en défense contre la requête dirigée contre le permis de construire, et reprend ses écritures en ce qui concerne l'inexistence du permis.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été présentée par la société Giulia le 28 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La société Giulia a présenté le 30 avril 2021 auprès des services de la commune de Villemomble une demande de permis de construire portant sur la construction d'un immeuble d'habitation comprenant trente-trois logements sur cinq niveaux, après démolition des immeubles existants, sur un terrain situé 25/27 rue Longperier, parcelles cadastrées section P n° 110 et 111. Par arrêté du 16 juillet 2021, modifié le 8 novembre 2021, le maire de la commune de Villemomble a accordé le permis de construire sollicité, au visa notamment d'un certificat d'urbanisme délivré le 18 janvier 2021. Par un arrêté du 14 septembre 2022, le maire de la commune de Villemomble a toutefois retiré le permis de construire, au visa notamment d'une décision de retrait du certificat d'urbanisme, estimé frauduleux. La société Giulia demande que soit prononcée la suspension de l'exécution de cette décision de retrait du permis de construire accordé.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Il est constant que le permis de construire du 16 juillet 2021 a été instruit au regard des dispositions du plan local d'urbanisme dans sa version antérieure à celle adoptée par délibération du 30 mars 2021 et qui avait notamment pour effet de classer les parcelles en cause dans une zone dont le règlement aurait fait obstacle à sa délivrance, au motif que le dossier comprenait les certificats d'urbanisme n° 93077 20 B0550 relatif à la parcelle P 111 et 93077 20 B0552 relatif à la parcelle P 110 accordés à la société-mère de la société requérante rendant applicables les dispositions en vigueur à la date du 8 janvier 2021 mentionnée sur ces documents. Il est également constant que le dossier de demande de permis de construire déposé le 30 avril 2021 par la société Giulia auprès des services de la commune de Villemomble ne comportait pas ces certificats d'urbanisme. La commune produit à cet égard un rapport de synthèse de l'enquête administrative du 19 mai 2022 menée par ses services et adressé par ailleurs au procureur de la République, décrivant la manière dont ces certificats d'urbanisme, de même que celui relatif à une autre demande de permis de construire d'une filiale de la même société-mère, ont été élaborés sans qu'une demande ait été enregistrée et antidatés au sein de ses services puis adressés par courrier à la société-mère de la société requérante, même s'il n'indique pas la manière dont les certificats d'urbanisme auraient été introduits dans le dossier du permis de construire. La société fait quant à elle valoir dans ses écritures avoir pu demander le certificat d'urbanisme oralement et n'exclut pas que son notaire ait pu le faire en nom, sans apporter de précisions ni de justifications sur ces suppositions. La commune relève en outre que les certificats d'urbanisme ont été adressés à la société-mère de la société Giulia, légalement représentée par la même personne, respectivement le 15 juin 2021 et le 31 août 2021, soit postérieurement à la demande de permis de construire, et que le permis de construire délivré le 16 juillet 2021 vise " le Certificat d'Urbanisme accordé le 18 janvier 2021 ", sans réaction de la société Giulia qui a en revanche repris les certificats d'urbanisme à son compte dans ses écritures en défense à l'encontre de la requête tendant à l'annulation du permis de construire présentée devant le Tribunal.
4. Le moyen tiré de ce que la commune n'établit pas la fraude que laquelle elle a fondé à la décision de retrait du permis de construire litigieux n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, de nature à crée un doute sérieux quant à la légalité de ce retrait.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la société Giulia tendant à la suspension de la décision attaquée doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a également lieu de rejeter les conclusions relatives aux frais d'instance.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la société Giulia, partie perdante de la présente instance, le versement d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Villemomble.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Giulia est rejetée.
Article 2 : La société Giulia versera à la commune de Villemomble une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière de construction-vente Giulia et à la commune de Villemomble.
Fait à Montreuil, le 3 avril 2023.
Le juge des référés,
Signé
P. Le Garzic
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026