LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2303077

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2303077

mercredi 17 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2303077
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre (J.U)
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 9 mars 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil le dossier de la requête de M. A.

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 28 mars 2023, M. C A, représenté par Me Barbu, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 mars 2023 par lequel le préfet de police l'a interdit de retour sur le territoire national pour une durée de vingt-quatre mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation aux fins de délivrance d'un titre de séjour et d'annuler le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet relative à l'aide juridique.

Il soutient que la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire, d'un défaut de motivation, d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens qu'elle comporte ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

­ la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

­ le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

­ le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Doyelle, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

­ le rapport de M. Doyelle, magistrat désigné,

­ et les observations de M. A, en l'absence de son avocat, qui indique que son épouse a notamment la nationalité française, qu'elle est née à Boston, qu'elle a vécu en Algérie pendant six à huit années avant de s'installer en France à compter de l'année 2021 et qu'il est lui-même arrivé sur le territoire français à la fin de l'année 2021. Il fait valoir qu'il travaille depuis le 2 mai 2023 en qualité de pâtissier.

Le préfet de police n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né en 1999, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 5 mars 2023 par lequel le préfet de police l'a interdit de retour sur le territoire national pour une durée de vingt-quatre mois à la suite d'une obligation de quitter le territoire français non exécutée du 16 mai 2022.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de police du même jour, le préfet de police, a donné à M. B D, adjoint à la cheffe du bureau de lutte contre l'immigration irrégulière, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré du défaut de compétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "

4. En l'espèce, le requérant ne saurait utilement critiquer la motivation de la décision attaquée sur le fondement du code des relations entre le public et l'administration. En tout état de cause, il ressort de cette décision qu'elle comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent son fondement. Dès lors, un tel moyen doit être écarté.

5. En troisième lieu, le requérant, qui indique qu'il s'est marié le 25 février 2023, soutient que le préfet de police a commis une erreur de fait en considérant qu'il ne peut pas se prévaloir de liens suffisamment anciens, forts et caractérisés avec la France et en constatant que l'intéressé se déclare marié, sans en apporter la preuve. Si le requérant avait en effet indiqué, lors de son audition du 5 mars 2023, qu'il était marié à la mairie de Saint-Ouen-sur-Seine, il ne produit cependant qu'à l'instance, le certificat de mariage du 25 février 2023. En outre, le préfet de police pouvait valablement considérer que M. A n'a pas de liens suffisamment forts avec la France malgré son mariage en France qui a été célébré la semaine précédant son interpellation pour détention de plusieurs faux documents administratifs, alors qu'en tout état de cause, le requérant ne justifie pas que son épouse, née aux États-Unis d'Amérique selon le livret de famille, serait de nationalité française ou même qu'elle serait en situation régulière sur le territoire français ou qu'elle ne pourrait pas se rendre en Algérie où elle a vécu, selon le requérant, pendant plusieurs années. Dès lors, le moyen tiré d'une erreur de fait doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

7. Le requérant soutient qu'il a établi sa vie privée et familiale en France, qu'il est marié et que son épouse était enceinte à la date de la décision attaquée. Il ressort également du procès-verbal d'audition du 5 mars 2023 que M. A est arrivé sur le territoire français à la fin de l'année 2021 de manière clandestine, que ses parents vivent en Algérie et que la mesure d'éloignement du 16 mai 2022 dont il a fait l'objet faisait notamment suite à une procédure pour " violences habituelles par conjoint ". Il est enfin rappelé, comme il a été dit au point 3, qu'il ne justifie pas la nationalité française de son épouse ou, à tout le moins, de la régularité de son séjour en France, étant en tout état de cause précisé qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle serait empêchée de l'accompagner en Algérie où elle a elle-même vécu pendant plusieurs années. Dans ces conditions, la décision l'interdisant de retour sur le territoire français n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Il s'ensuit que cette décision n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, de tels moyens doivent être écartés.

8. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 5 mars 2023. Il s'ensuit que ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

G. DoyelleLa greffière,

C. Denis

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

3

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions