lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2303088 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HEDDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Heddi, demande au juge des référés du Tribunal statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) de prononcer la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle les préfets de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont refusé de procéder à l'abrogation partielle de l'arrêté du 13 février 2017 portant déclaration d'utilité publique ;
3°) d'enjoindre aux préfets de réexaminer sa demande dans un délai de trois jours et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre aux préfets d'informer sans délai le juge de l'expropriation du sens de l'ordonnance à venir sur le fondement de l'article R. 221-3 du code de l'expropriation ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir ;
- l'urgence est constituée dès lors que le juge de l'expropriation a été saisi du dossier d'expropriation et qu'il lui appartiendra de tenir compte des modifications apportées à la déclaration d'utilité publique ;
- la décision est entachée d'une méconnaissance de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que les changements de circonstances de droit et de fait intervenus depuis la déclaration d'utilité publique s'opposent à l'exécution du projet déclaré d'utilité publique.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête tendant à l'annulation de la décision contestée, enregistrée le 14 mars 2023 sous le numéro 2303100.
Vu :
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique,
- le code de l'environnement,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Le Garzic, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant que :
1. Par arrêté du 13 février 2017, les préfets de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont déclaré d'utilité publique et urgents, au bénéfice de l'établissement public Société du Grand Paris, les travaux nécessaires à la réalisation de la ligne 15 Est/orange du réseau complémentaire du réseau de transport public du Grand Paris entre " Saint-Denis Pleyel " (gare exclue) et " Champigny centre ". Par arrêté du 20 juin 2018, les préfets ont modifié l'arrêté du 13 février 2017 notamment en ajoutant dans le périmètre de l'opération l'élargissement de l'emprise chantier au sud-ouest de la gare de Bondy. Par courriers du 14 décembre et reçus le lendemain, Mme B a demandé aux préfets de procéder à l'arrêté dans la mesure où elle inclut des parcelles ayant pour objet la création d'une emprise de chantier déporté au sud du faisceau ferroviaire de la gare de Bondy. Mme B demande la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet nées du silence gardé par les préfets sur sa demande.
Sur l'admission provisoire de la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions de la requête :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
4. Aux termes du second alinéa de l'article L. 242-3 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ".
5. Mme B indique que par arrêté du maire de la commune de Bondy du 15 septembre 2022, le pont Jules Ferry, qui relie l'emprise de chantier déporté au chantier principal a été interdit à la circulation des véhicules de plus de 3,5 tonnes, que par arrêté du 9 mars 2023, le maire a interdit le stationnement de tels véhicules sur deux des trois voies entourant l'îlot sur lequel est située l'emprise déportée, que des panneaux posés sur les voies à proximité de l'emprise mentionnent les limitations de tonnage sur les voies auxquelles celles-ci donnent accès, sans cependant qu'un arrêté ait restreint la circulation sur les voies en cause, enfin que le maire de la commune de Villemomble a indiqué son opposition au passage de tels véhicules dans sa commune, pour faire valoir que l'impossibilité d'accès des véhicules de chantier à l'emprise déportée constitue une circonstance nouvelle faisant obstacle à l'exécution de la déclaration d'utilité publique dans la mesure de l'utilisation de cette emprise et entraîne une illégalité justifiant son abrogation. Il est toutefois manifeste qu'en l'état de l'instruction, ce moyen n'est pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B peut être rejetée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.
O R DO N N E :
Article 1er : Mme B est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à Me Heddi.
Fait à Montreuil, le 27 mars 2023.
Le juge des référés,
Signé
P. Le Garzic
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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