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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2303417

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2303417

mercredi 29 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2303417
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPôle Urgences (Juge des Référés)
Avocat requérantHASSAINE RACHID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés les 8 avril, 9 septembre et 28 septembre 2022 au tribunal administratif de Melun et renvoyés au tribunal administratif de Montreuil par une ordonnance du 17 mars 2023, et des pièces complémentaires et un mémoire, enregistrés les 23 et 25 mars 2023 au tribunal administratif de Montreuil, M. A C, retenu au centre de rétention administrative de Mesnil-Amelot n° 3, représenté par Me Langagne, puis par Me Hassaïne, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a placé en centre de rétention administrative pour une durée de 48 heures ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-et-Marne de procéder sans délai à l'effacement de son inscription au sein du fichier Système d'information Schengen, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :

L'arrêté portant placement en centre de rétention administrative :

- est entaché d'une erreur de droit ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure d'être entendu préalablement à son édiction, en méconnaissance des stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- est entachée d'une erreur de droit ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il a toujours travaillé durant sa détention, qu'il y a suivi une formation, qu'il ne s'est rendu coupable d'aucun incident disciplinaire, et qu'il est actuellement pris en charge par une association ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il a travaillé en détention et qu'il ne dispose d'aucune attache familiale dans son pays d'origine ;

- méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il subira des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Algérie.

La décision portant refus de délai de départ volontaire :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure d'être entendu préalablement à son édiction, en méconnaissance des stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'aucun risque de fuite n'est caractérisé et que sa condamnation pénale n'est pas, à elle-seule, de nature à établir qu'il constitue une menace à l'ordre public ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il a travaillé en détention et qu'il ne dispose d'aucune attache familiale dans son pays d'origine ;

- méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il subira des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Algérie.

La décision fixant le pays de destination :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure d'être entendu préalablement à son édiction, en méconnaissance des stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il a toujours travaillé durant sa détention, qu'il y a suivi une formation, qu'il ne s'est rendu coupable d'aucun incident disciplinaire, et qu'il est actuellement pris en charge par une association ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il a travaillé en détention et qu'il ne dispose d'aucune attache familiale dans son pays d'origine ;

- méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il subira des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Algérie.

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure d'être entendu préalablement à son édiction, en méconnaissance des stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il a toujours travaillé durant sa détention, qu'il y a suivi une formation, qu'il ne s'est rendu coupable d'aucun incident disciplinaire, et qu'il est actuellement pris en charge par une association ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il a travaillé en détention et qu'il ne dispose d'aucune attache familiale dans son pays d'origine ;

- méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il subira des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Algérie.

Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 17, 21 et 22 mars 2023, le préfet de la Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par des pièces complémentaires et un mémoire en défense, enregistrés les 22 et 27 mars 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les conclusions de M. C dirigées contre l'arrêté du 14 mars 2023 portant placement en centre de rétention administrative sont irrecevables, dès lors que le juge administratif n'est pas compétent pour en connaître, et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Hardy, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B ;

- les observations de Me Hassaïne, représentant M. C, ce dernier reprenant les moyens soulevés dans son mémoire du 25 mars 2023 et soulignant que M. C souhaite s'insérer dans la société française et qu'il est accompagné et soutenu dans sa démarche par une association ;

- le préfet de la Seine-et-Marne et le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présents, ni représentés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant algérien né le 4 mai 1997 à Frenda, est, selon ses déclarations, entré en France en 2016. Par un arrêté du 5 avril 2022, le préfet de la Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un arrêté du 14 mars 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a placé au centre de rétention administrative n° 3 du Mesnil-Amelot. M. C demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 mars 2023 portant placement en rétention administrative :

2. Aux termes de l'article L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de placement en rétention ne peut être contestée que devant le juge des libertés et de la détention, conformément aux dispositions de l'article L. 741-10 () ".

3. Il résulte de ces dispositions que le juge compétent pour connaître de la légalité de l'arrêté portant placement en centre de rétention administrative est le juge des libertés et de la détention. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 mars 2023 portant placement de M. C en rétention administrative sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

4. En premier lieu, par un arrêté n° 22-BC-025 du 22 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° D77-22-03-2022 du même jour de la préfecture de Seine-et-Marne, Mme D E, directrice de l'immigration et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, les décisions attaquées, prises aux visas, notamment, des articles L. 611-1 1°, L. 611-1 5°, L. 611-3, L. 612-2 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énoncent les considérations de droit et de fait, tirées en particulier des déclarations de l'intéressé et tenant, d'une part, à son entrée irrégulière en France et à son maintien sur le territoire français, et, d'autre part, à sa condamnation, par la Cour d'assises de Paris, le 5 juillet 2019, à une peine d'emprisonnement de huit ans pour viol, ainsi qu'à sa situation personnelle, professionnelle et familiale, qui en constituent le fondement, et sont, par suite, suffisamment motivées. Il ne ressort pas de la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ni des pièces du dossier que cette dernière serait entachée d'un défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé.

6. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ".

7. Si l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne concerne non les États membres, mais uniquement les institutions, les organes et les organismes de l'Union, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Toutefois, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. En l'espèce, M. C n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il disposait d'informations pertinentes qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant l'édiction des décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. M. C fait état de l'insertion professionnelle et de la bonne conduite dont il a fait preuve lors de sa détention, de sa volonté d'intégration, caractérisée notamment par le suivi d'une formation, et se prévaut de sa prise en charge par une association, qui le soutient dans ses démarches. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C est entré irrégulièrement sur le territoire français, selon ses déclarations, en 2016, qu'il a été condamné, le 5 juillet 2019, à huit ans d'emprisonnement par la Cour d'assises de Paris pour des faits de viol commis le 12 septembre 2016, qu'il est également répertorié au sein du fichier automatisé des empreintes digitales pour des faits de vol en réunion commis le 30 août 2016, et que son comportement constitue, dès lors, une menace pour l'ordre public. Il ressort également des pièces du dossier que M. C ne dispose d'aucune insertion professionnelle et qu'il est célibataire et sans charge de famille, et, s'il soutient que ses parents sont décédés, d'une part, il ne l'établit pas, et, d'autre part, il ne fait pas pour autant état de l'absence d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 19 ans. Eu égard à ces éléments, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions attaquées porteraient à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Elles n'ont donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

11. D'une part, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français, qui n'ont ni pour objet ni pour effet de fixer le pays à destination duquel M. C pourra être éloigné. D'autre part, si M. C soutient que la décision fixant le pays de destination méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, il ne justifie pas de risques personnellement encourus en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. Aux termes des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".

13. En premier lieu, si M. C soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, il n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

14. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 9, le préfet de la Seine-et-Marne n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant refus de délai de départ volontaire doit être écarté.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () ".

17. D'une part, dès lors que pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à l'intéressé, le préfet s'est fondé uniquement sur la circonstance que son comportement représente une menace à l'ordre public, M. C ne peut utilement soutenir qu'il n'existe aucun risque qu'il se soustraie à l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français. D'autre part, à supposer que M. C ait entendu soutenir qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public, il ressort toutefois des pièces du dossier, comme il a été dit au point 9, qu'il a été condamné, le 5 juillet 2019, à huit ans d'emprisonnement par la Cour d'assises de Paris pour des faits de viol commis le 12 septembre 2016, et qu'il est également répertorié au sein du fichier automatisé des empreintes digitales pour des faits de vol en réunion commis le 30 août 2016, et que son comportement constitue, dès lors, une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

19. En deuxième lieu, pour les motifs indiqués au point 9, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

20. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

21. En deuxième lieu, pour les motifs indiqués au point 9, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans n'est pas entachée d'erreur d'appréciation.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 avril 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. A C, au préfet de la Seine-et-Marne et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Jugement rendu en audience publique le 27 mars 2023.

La magistrate désignée,

Signé

Marjorie B

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-et-Marne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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