vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2303580 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PITTI-FERRANDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Pitti-Ferrandi, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le maire de la commune de Montreuil a mis fin au versement de son traitement ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune de Montreuil de rétablir le versement de sa rémunération ;
4°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée la prive de la totalité de ses revenus alors qu'elle a un enfant à charge et qu'elle ne peut en conséquence subvenir à leurs besoins ;
- la décision est entachée d'une méconnaissance de l'article 37 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 en l'absence de saisine du conseil médical à l'issue de son congé de longue maladie et d'une méconnaissance de son article 27 en l'absence de décision prise sur sa demande de congé de longue durée.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2023, la commune de Montreuil conclut au rejet de la requête.
La commune soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de l'inexistence la décision attaquée, dès lors que la situation dont se prévaut la requérante découle de l'application de l'article 10 du décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- les moyens soulevés sont inopérants dès lors que seul l'article 10 du décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 régit les droits à traitement de la requérante et que la demande de congé de longue durée est en cours d'instruction.
Vu :
- la requête tendant à l'annulation de la décision contestée, enregistrée le 14 février 2023 sous le n° 2301886 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la fonction publique ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Le Garzic, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique qui s'est tenue le 3 avril 2023, en présence de Mme Valcy, greffière :
- le rapport de M. Le Garzic, juge des référés ;
- et les observations de Me Pitti-Ferrandi, avocat de Mme B, qui soutient que la fin de non-recevoir doit être écartée dès lors que la fin du traitement ne peut relever que d'une décision et que sa situation est régie par décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 et fait valoir qu'elle a sollicité un congé de longue durée depuis le 5 mai 2022 et réitéré sa demande le 25 octobre 2022 ;
- et les observations de la représentante de la commune, qui indique qu'il sera statué sur la demande de congé de longue durée présentée le 25 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-6 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit à des congés de longue maladie, dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée ". Aux termes de l'article L. 822-7 du même code : " La durée maximale des congés de longue maladie dont peut bénéficier le fonctionnaire est de trois ans ". Aux termes de l'article L. 822-8 de ce code : " Le fonctionnaire en congé de longue maladie perçoit : / 1° Pendant un an, la totalité de son traitement ; / 2° Pendant les deux années suivantes, la moitié de celui-ci. / L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence ". Aux termes de la première phrase du premier alinéa l'article 27 du décret susvisé du 30 juillet 1987 : " Lorsque la période de congé vient à expiration, le fonctionnaire ne continue à percevoir le traitement ou le demi-traitement que s'il a présenté la demande de renouvellement de son congé ". Aux termes de l'article 10 du décret susvisé du 4 novembre 1992 : " Le fonctionnaire territorial stagiaire qui est inapte physiquement à reprendre ses fonctions à l'expiration des congés de maladie prévus au premier alinéa du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 précitée ou aux 3°, 4° et 9° du même article, ou lorsqu'il est stagiaire à temps non complet, à l'issue du congé prévu à l'article 36 du décret du 20 mars 1991 susvisé, est placé en congé sans traitement pour une durée maximale d'un an renouvelable une fois ". La référence aux dispositions du 3° de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 s'entend de la référence aux articles L. 822-6 à L. 822-11 du code général de la fonction publique au sein desquels elles ont été codifiées.
2. Par ailleurs, si, en vertu d'un principe général du droit dont s'inspirent tant les dispositions du code du travail relatives à la situation des salariés que les règles statutaires applicables aux fonctionnaires, en cas d'inaptitude physique définitive, médicalement constatée, à occuper un emploi, il appartient à l'employeur de reclasser l'intéressé dans un autre emploi et, en cas d'impossibilité, de prononcer son licenciement dans les conditions qui lui sont applicables, ni ce principe général ni les dispositions du code général de la fonction publique et du décret du 4 novembre 1992 ne confèrent aux fonctionnaires stagiaires, qui se trouvent dans une situation probatoire et provisoire, un droit à être reclassés dans l'attente d'une titularisation pour toute inaptitude physique définitive.
3. Il résulte de l'instruction que Mme B, nommée adjointe technique territoriale principale de 2e classe stagiaire à compter du 1er février 2017, a été placée en congé de longue maladie sur le fondement du 3° de l'article 57 de la loi susvisée du 26 janvier 1984 à compter du 15 décembre 2019. Il en résulte en outre que tant l'arrêté du 15 septembre 2020 la plaçant en congé de maladie que l'arrêté du 12 septembre 2022 prolongeant ce congé jusqu'au 14 décembre 2022 mentionnaient que, conformément aux dispositions précitées de ce 3°, Mme B percevrait la totalité de son traitement pendant un an puis la moitié de celui-ci pendant les deux années suivantes. Contrairement à ce que soutient l'intéressée, il ne résulte pas de l'article 27 du décret du 30 juillet 1987 un droit à prolongation de cette période définie par l'article L. 822-8 du code général de la fonction publique. Il résulte enfin de ce qui a été dit au point 2 que Mme B ne peut se prévaloir de dispositions qui maintiendraient un droit au paiement du mi-traitement pendant une procédure de reclassement. Dans ces conditions, la cessation du versement à Mme B de la moitié de son traitement à l'issue de la troisième année de son congé de longue maladie, qui résulte exclusivement de l'expiration des effets des arrêtés du 15 septembre 2020 et du 12 septembre 2022, ne peut être regardée comme résultant d'une nouvelle manifestation de volonté de la commune dont la requérante pourrait attaquer le caractère décisoire. Cette cessation ne fait par ailleurs obstacle à ce que la requérante bénéficie des dispositions précitées de l'article 10 du décret du 4 novembre 1992 selon lesquelles elle peut en cas d'inaptitude physique à reprendre ses fonctions être placée en congé sans traitement pour une durée maximale d'une année renouvelable une fois ou à ce qu'elle bénéfice du congé de longue durée institué par les dispositions de l'article L. 822-12 du code général de la fonction publique si elle en remplit les conditions.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B, faute pour ses conclusions à fin de suspension d'être dirigées contre une décision, est irrecevables et ne peut être que rejetée.
5. Par ailleurs, aux termes du II de l'article 51 du décret du 28 décembre 2020 : " Sans préjudice de l'application des dispositions relatives à l'admission provisoire, la juridiction avisée du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle sursoit à statuer dans l'attente de la décision relative à cette demande. / Il en est de même lorsqu'elle est saisie d'une telle demande, qu'elle transmet sans délai au bureau d'aide juridictionnelle compétent. / Les dispositions des alinéas précédents ne sont pas applicables en cas d'irrecevabilité manifeste de l'action du demandeur, insusceptible d'être couverte en cours d'instance ". Il résulte de ce qui a été dit au point 4 qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par Mme B avant de statuer sur les conclusions de sa requête.
O R D O N N E :
Article 1er : la requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Pitti-Ferrandi et à la commune de Montreuil.
Fait à Montreuil le 7 avril 2023.
Le juge des référés,
Signé
P. Le Garzic
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026