jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2303642 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET BENESTY TAITHE PANASSAC ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 mars et 21 avril 2023, Mme C B, représentée par Me Benoit, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au maire de Bondy de dresser un procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme à l'égard de M. A en raison de la continuation des travaux malgré l'ordonnance du 24 novembre 2022, dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, et de le transmettre au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bobigny dans un délai de 24 heures, sous astreinte de 1 500 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre au maire de Bondy de prendre un arrêté interruptif de travaux pour faire cesser ces travaux, dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de se substituer au maire de Bondy à défaut d'intervention du maire de Bondy dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 1 500 euros par jour de retard ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La condition d'urgence est remplie dès lors que les travaux se poursuivent malgré la suspension du permis de construire prononcée par une ordonnance du 24 novembre 2022, en toute illégalité, et que ces travaux empiètent sur sa propriété et ont pour effet d'emmurer ses locataires ;
- La circonstance que le juge administratif n'est pas compétent en matière d'empiétement n'est pas de nature à priver la requête d'objet dès lors qu'il n'est pas sérieusement contestable que les travaux accomplis par M. A l'ont été en méconnaissance de son permis de construire et que la commune ne l'ignore pas ;
- La mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire enregistré le 13 avril 2023, la commune de Bondy, représentée par Me Panassac, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante à lui verser une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le juge administratif ne saurait intervenir pour constater un empiétement sur la propriété voisine et que la suspension ordonnée par le juge des référés a pris fin du fait de la délivrance, le 9 février 2023, d'un permis de construire modificatif régularisant le permis de construire initial.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. En premier lieu, lorsque le juge des référés a suspendu l'exécution d'un permis de construire sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'administration peut légalement prendre un arrêté modifiant ce permis afin de remédier aux vices retenus par le juge des référés pour en suspendre l'exécution. Si le juge des référés est alors saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 précité, de conclusions lui demandant d'enjoindre à l'autorité compétente de prendre les mesures prévues aux articles L. 480-1 et L. 480-2 du code de l'urbanisme pour interrompre les travaux effectués après la délivrance du permis modificatif, il lui appartient, afin d'apprécier l'utilité des mesures sollicitées, de prendre en compte la mesure dans laquelle le permis modificatif a remédié aux vices retenus par l'ordonnance de suspension à l'encontre du permis initial.
4. Il résulte de l'instruction que par un arrêté du 11 février 2022, le maire de Bondy a accordé un permis de construire à M. A en vue de l'édification d'une construction de trois logements en R+4 sur la parcelle cadastrée AG 199, sise 185 avenue de Rosny. Par une ordonnance n° 2215942 du 24 novembre 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a suspendu l'exécution de ce permis de construire en tant que le projet, qui prévoit la construction sur la façade du bâtiment projeté de balcons situés à moins de six mètres de la limite séparative, sans pour autant prévoir de pare-vues, méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'établissement public territorial Est Ensemble applicables. Par un arrêté du 9 février 2023, le maire de la commune de Bondy a accordé au pétitionnaire un permis de construire modificatif portant sur l'installation de pare-vues sur les balcons de la façade sur rue. Toutefois, d'une part, la seule obtention de ce permis de construire modificatif n'est pas de nature à mettre fin à la mesure de suspension ordonnée par le juge des référés. D'autre part, il est constant que les travaux litigieux se sont poursuivis, sans que ni la commune de Bondy, ni M. A n'aient demandé au juge des référés de mettre fin à la mesure de suspension sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative. Par ailleurs, il ressort des éléments mentionnés dans la requête que d'autres moyens, qui n'ont pas été soumis au juge des référés dans l'instance n° 2215942, sont susceptibles d'entacher la légalité du permis de construire litigieux. Il s'ensuit que l'intervention du permis de construire modificatif mentionné ci-dessus ne peut, à elle seule, être regardée comme privant de leur utilité les mesures demandées par la requérante sur le fondement de l'article L. 521-3 du même code.
5. En deuxième lieu, le maire est tenu de dresser un procès-verbal en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme lorsqu'il a connaissance d'une infraction mentionnée à l'article L. 480-4, résultant soit de l'exécution de travaux sans les autorisations prescrites par le livre IV du code, soit de la méconnaissance des autorisations délivrées. Si, après établissement d'un procès-verbal, le maire peut, dans le second cas, prescrire par arrêté l'interruption des travaux, il est tenu de le faire dans le premier cas. En outre, le maire est également tenu de dresser un procès-verbal lorsqu'il a connaissance d'une infraction mentionnée à l'article L. 610-1 du même code, résultant de la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme. Il ne saurait cependant, dans cette hypothèse, prendre un arrêté interruptif pour des travaux exécutés conformément aux autorisations d'urbanisme en vigueur à la date de sa décision, même s'il estime que les travaux en cause méconnaissent les règles d'urbanisme et notamment le plan local d'urbanisme.
6. D'une part, si les moyens relatifs aux droits des tiers sont inopérants à l'encontre d'un permis de construire, la circonstance qu'une construction est réalisée en-dehors des limites mentionnées par le dossier de permis de construire peut être valablement invoquée à l'appui d'une demande tendant à ce que le maire constate une construction réalisée en méconnaissance d'une autorisation délivrée.
7. D'autre part, la commune de Bondy se borne à soutenir que l'empiétement sur sa propriété invoquée par la requérante n'est pas établie, sans contester les autres méconnaissances du permis de construire relevées par cette dernière, à savoir la démolition non autorisée d'un mur, la méconnaissance de la règle de recul par rapport à l'alignement et la disproportion manifeste du bâtiment en cours d'édification avec celui figuré dans la représentation graphique insérée dans le dossier de permis de construire. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que les travaux réalisés par M. A le sont en méconnaissance de l'autorisation d'urbanisme qui lui a été délivrée et dont les effets ont, en tout état de cause, été suspendus comme il a été rappelé au point 4. Il s'ensuit que la demande présentée par Mme B revêt un caractère utile et ne fait pas, par elle-même, obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
8. La condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est, en outre, établie dès lors qu'il n'est pas contesté que les travaux ont débuté, sont difficilement réversibles et qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'ils sont achevés.
9. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au maire de Bondy de dresser, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un
procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme pour les travaux réalisés, ou en cours de réalisation, en méconnaissance de l'autorisation d'urbanisme délivrée le 11 février 2022 et de la suspension de son exécution ordonnée le 24 novembre 2022, et d'en transmettre sans délai copie au procureur de la République. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte de 30 euros par jour de retard. En revanche, il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet de se substituer au maire en cas de carence de celui-ci.
10. Le maire n'étant pas en situation de compétence liée, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'établir un arrêté interruptif de travaux.
Sur les frais de justice :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, le versement de la somme demandée par la commune de Bondy. Il y a en revanche lieu de condamner l'Etat à verser à la requérante une somme de 1 000 euros sur le fondement des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au maire de Bondy de dresser, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme pour les travaux réalisés ou en cours de réalisation sur la parcelle AG 199, sous astreinte de 30 euros par jour de retard, et d'en transmettre sans délai copie au procureur de la République.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 000 (mille) euros à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions de la commune de Bondy sont rejetés.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, au préfet de la Seine-Saint-Denis et au maire de Bondy.
Copie en sera adressée à M. A.
Fait à Montreuil, le 4 mai 2023.
La juge des référés
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026