jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2303739 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 27 mars 2023 et le 21 mars 2024, la société par actions simplifiée Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2023 par lequel le maire de la commune de Bagnolet s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux portant sur l'installation d'une station d'antennes relais de téléphonie et d'équipements techniques en toiture sur un terrain sis 8 bis allée des grands champs, situé sur le territoire de la commune ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Bagnolet de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bagnolet une somme de 5 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- qu'elle est recevable à attaquer la décision contestée ;
- que l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- que le maire a commis une erreur de droit, dès lors que le projet ne méconnaît pas les dispositions du PLUi d'Est Ensemble relatives à l'aspect extérieur des constructions ;
- que le motif tiré de ce que les antennes relais projetées ne s'insèrent pas dans leur environnement est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2024, la commune de Bagnolet, représentée par Me Rivoire, conclut d'une part, au rejet de la requête et d'autre part à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delamarre, présidente-rapporteure ;
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public ;
- les observations de Me Santangelo, représentant la commune de Bagnolet.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er février 2023, le maire de la commune de Bagnolet s'est opposé à la déclaration préalable de travaux de la société Free Mobile portant sur l'installation d'antennes relais de téléphonie et d'équipements techniques en toiture sur un terrain sis 8 bis, allée des Grands Champs, à Bagnolet. La société Free Mobile demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions du point III. 1. i. du règlement du PLUi d'Est Ensemble, dans sa rédaction alors applicable : " Les dispositions du présent règlement ne sont pas applicables aux ouvrages techniques liés au fonctionnement des équipements d'intérêt collectif et services publics sous réserve d'une intégration satisfaisante. Notamment : () ". Aux termes des dispositions du point III.1.b du même règlement : " III. Dispositions communes en toutes zones / 1. Dispositions écrites : / b. Aspect extérieur des constructions / () / Les toitures : / Les éléments techniques / La totalité des éléments techniques en toiture doivent être non visibles depuis l'espace public et traités de manière qualitative au niveau architectural. / () / Les antennes d'émission ou de réception de signaux radioélectriques doivent être installées obligatoirement en toiture de la façon la moins visible possible depuis l'espace public. Lorsqu'elles sont implantées en terrasse, elles doivent être en retrait horizontal d'au moins 3 mètres par rapport à l'acrotère. Leur couleur doit s'intégrer avec la partie de construction sur laquelle elles sont fixée. / Règle particulière : / Les équipements d'intérêt collectif et services publics devront présenter une réelle qualité architecturale et une bonne intégration dans l'espace urbain environnant () ".
3. La décision contestée a tout d'abord retenu, au visa des dispositions du point III. 1. b du règlement du PLUi applicable, que les fausses cheminées constituaient des éléments techniques en toiture qui devaient être non visibles depuis l'espace public et traités de manière qualitative au niveau architectural, conformément à l'article III. 1. b du règlement du PLUi applicable. Elle a ensuite relevé que les fausses cheminées projetées étaient visibles depuis l'espace public pour en conclure que le projet ne respectait pas les dispositions du règlement du PLUi communes en toutes zones relatives à l'aspect extérieur des constructions.
4. Toutefois, d'une part, les antennes-relais de téléphonie mobile, dont les ouvrages qualifiés de " fausses cheminées " constituent un accessoire, sont des ouvrages techniques liés au fonctionnement des équipements d'intérêt collectif et du service public des communications électroniques, auxquels ne pouvaient, en application du i) du 1 de l'article III du règlement du PLUi d'Est Ensemble, s'appliquer les dispositions du b) du 1 du même article, sous réserve d'une intégration satisfaisante. D'autre part, les " fausses cheminées " dans lesquelles les antennes seront intégrées, doivent être traitées dans une couleur identique à celle de l'immeuble sur lequel elles s'implantent, et leur dépassement du niveau du toit de l'immeuble présente un caractère limité, de surcroit très peu visible depuis l'espace public. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir qu'en relevant, pour s'opposer à la déclaration préalable, que le projet ne satisfaisait pas aux dispositions précitées de l'article III. 1. b. du règlement précité, la commune du Bagnolet a commis une erreur de droit.
5. En dernier lieu, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés par la société Free Mobile n'est susceptible de fonder l'annulation de cette décision.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la société Free Mobile est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 1er février 2023 portant opposition à la déclaration préalable de travaux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
8. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à la commune de Bagnolet de prendre une décision de non-opposition aux travaux déclarés par la société Free Mobile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la commune de Bagnolet à verser une somme de 1 200 euros à la société Free Mobile en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la commune défenderesse à l'encontre de la société requérante, qui n'a pas la qualité de partie perdante.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 1er février 2023 du maire de Bagnolet portant opposition à la déclaration préalable de travaux de la société Free Mobile est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Bagnolet de délivrer, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, une décision de non-opposition à la déclaration préalable n° DP 93006 22 B0158 de la société Free Mobile.
Article 3 : La commune de Bagnolet versera à la société Free Mobile une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Bagnolet sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiées Free Mobile et à la commune de Bagnolet.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente-rapporteure,
Mme Renault, première conseillère,
Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024
La présidente-rapporteure,
A-L. Delamarre
La première assesseure,
T. Renault La greffière,
I. Dad
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026