lundi 17 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2303966 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | WOOG & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mars 2023, M. A B, représenté par Me Hayrant-Gwinner, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 13 mars 2023 par laquelle le maire de Romainville l'a exclu de ses fonctions d'agent administratif pour une durée de deux ans dont un an avec sursis ;
2°) d'enjoindre au maire de Romainville de le réintégrer dans ses fonctions, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Romainville la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée a pour effet de le priver de toute ressource ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors que celle-ci est entachée d'incompétence, est insuffisamment motivée, est entachée d'un détournement de pouvoir en ce qu'elle a pour but de sanctionner les griefs qu'il a formulés à l'encontre de la commune dans la gestion de son patrimoine immobilier et de faire obstacle à ce qu'il puisse faire valoir ses droits relatifs à ses conditions de travail, et est entachée d'une erreur d'appréciation de l'existence de fautes disciplinaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2023, la commune de Romainville, représentée par la SELARL Woog § Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'il n'existe pas de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, M. Marchand, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 12 avril 2023 en présence de Mme Mohammad, greffière :
- le rapport de M. Marchand ;
- les observations de Hayrant-Gwinner, avocat de M. B, qui ajoute que la décision attaquée est entachée d'une contradiction de motifs, eu égard au délai qui s'est écoulé entre la date de l'avis du conseil de discipline et la date de son édiction ;
- les observations de M. B ;
- et les observations de la SELARL Woog § Associés, avocate de la commune de Romainville.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 mars 2023 par laquelle maire de Romainville l'a exclu de ses fonctions d'agent administratif pour une durée de deux ans dont un an avec sursis.
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Aux termes de son article L. 533-1 : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : () / 3° Troisième groupe : () / b) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans. () ". Aux termes du premier alinéa de son article L. 533-3 : " L'exclusion temporaire de fonctions, privative de toute rémunération, peut être assortie d'un sursis total ou partiel. () ".
2. Les moyens tirés de ce que la décision attaquée est entachée d'incompétence, est insuffisamment motivée, est entachée d'une contradiction de motifs, eu égard au délai qui s'est écoulé entre la date de l'avis du conseil de discipline et la date de son édiction, est entachée d'un détournement de pouvoir en ce qu'elle a pour but de sanctionner les griefs que M. B a formulés à l'encontre de la commune dans la gestion de son patrimoine immobilier et de faire obstacle à ce qu'il puisse faire valoir ses droits relatifs à ses conditions de travail, et est entachée d'une erreur d'appréciation de l'existence de fautes disciplinaires ne sont pas propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Romainville tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Romainville tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Romainville.
Fait à Montreuil, le 17 avril 2023.
Le juge des référés,
A. Marchand
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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