jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2304145 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GARRIGUES BEAULAC ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2302611 du 5 avril 2023, la présidente du tribunal administratif de Melun a transmis la requête de Mme C, enregistrée le 17 mars 2023, au tribunal administratif de Montreuil.
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 5 avril 2023 et le 25 mars 2024, Mme A C, représentée par Me Beaulac, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 16 février 2023 par laquelle le recteur de l'académie de Créteil l'a informée du caractère probatoire de son affectation au lycée polyvalent Georges Brassens de Villepinte au titre de l'année scolaire 2022-2023, intervenue dans le cadre d'une procédure de changement de spécialité ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Créteil d'exécuter l'arrêté du 21 juin 2022 du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse portant autorisation de changement de discipline à compter du 1er septembre 2022, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures :
- qu'il y a lieu de statuer sur la présente requête ;
- que la décision attaquée est entachée d'incompétence, dès lors que le recteur de l'académie de Créteil ne disposait pas de la compétence pour retirer l'arrêté du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 21 juin 2022 ; dès lors que son signataire, Mme B D, ne disposait d'aucune délégation de signature du recteur de l'académie de Créteil ;
- qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle retire l'arrêté du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 21 juin 2022 ;
- qu'elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- qu'elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle était titulaire de son poste de professeure certifiée de documentation depuis le 1er septembre 2022 et qu'elle n'était pas placée dans une situation probatoire au titre de l'année scolaire 2022-2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2023, le recteur de l'académie de Créteil oppose une exception de non-lieu à statuer.
Il soutient que, dès lors que le changement de discipline de Mme C a été autorisé par l'arrêté du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 21 juin 2022, devenu définitif, et qu'un arrêté d'intégration en qualité de professeure certifiée de documentation était en cours de rédaction à la date du 20 septembre 2023, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision attaquée sont devenues sans objet.
Par une ordonnance du 5 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 juillet 2024 à 12 :00.
Une lettre, enregistrée le 19 août 2024 pour Mme C, n'a pas été communiquée.
Les parties ont été informées, le 19 septembre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 16 février 2023 par laquelle le recteur de l'académie de Créteil l'a informée du caractère probatoire de son affectation au lycée polyvalent Georges Brassens de Villepinte au titre de l'année scolaire 2022-2023, intervenue dans le cadre d'une procédure de changement de spécialité, dès lors que cette décision, compte tenu de ses effets, ne peut être regardée comme un acte lui faisant grief (CE sect., 25 septembre 2015, n° 372624).
Mme C a présenté des observations en réponse à ce moyen d'ordre public, enregistrées le 23 septembre 2024, et communiquées le jour-même au recteur de l'académie de Créteil.
Vu :
- la décision attaquée,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public.
Aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, titularisée professeure certifiée de lettres classiques le 1er septembre 1990, a sollicité, le 15 janvier 2022, un changement de discipline, afin d'exercer ses fonctions en qualité de professeure certifiée de documentation. Par un arrêté du 21 juin 2022, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse l'a autorisée à changer de discipline à compter du 1er septembre 2022. Par un arrêté du 7 juillet 2022, elle a été affectée au lycée polyvalent Georges Brassens de Villepinte du 1er septembre 2022 au 31 août 2023 en qualité de professeure certifiée de documentation. Par un courrier du 16 février 2023, dont Mme C demande l'annulation, le recteur de l'académie de Créteil l'a informée du caractère provisoire et probatoire de cette affectation.
2. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination, est irrecevable.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 16 février 2023, le recteur a informé Mme C de ce qu'elle se trouvait, depuis le 1er septembre 2022, affectée sur un poste provisoire en documentation, au lycée Georges Brassens de Villepinte, dans l'attente d'une intégration ultérieure, dans le cadre de sa demande de changement de discipline, et précise également qu'elle a été convoquée à une formation d'une durée de trois heures, qu'elle doit suivre dans le cadre de son année " probatoire ". Si ce courrier indique, à tort, eu égard à l'édiction de l'arrêté ministériel du 21 juin 2022 portant autorisation de changement de discipline à compter du 1er septembre 2022, que l'intéressée se trouve dans une situation probatoire, il ne lui ôte toutefois pas sa qualité de titulaire, ne refuse pas de lui reconnaître le statut de professeure certifiée de documentation, et n'a eu aucune incidence sur l'exécution de l'arrêté ministériel du 21 juin 2022. L'acte attaqué ne porte ainsi aucune atteinte aux droits et prérogatives que Mme C tient de son statut, et il n'apparaît pas davantage qu'elle perde en responsabilités ou en rémunération. Enfin, dès lors que l'administration a entendu appliquer une procédure habituelle en matière de changement de discipline, il n'apparaît pas que le courrier attaqué traduise une discrimination. Par suite, le courrier contesté ne constitue pas un acte faisant grief, et la requête de Mme C doit donc être rejetée comme irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à ce que les frais du procès soient mis à la charge de l'Etat.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la rectrice de l'académie de Créteil.
Copie en sera adressée, pour information, à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
Mme Renault, première conseillère,
Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024
La rapporteure,La présidente,M. HardyA-L. Delamarre
La greffière,
I. Dad
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026