jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2304211 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 4 avril 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis le dossier de la requête de M. D B au tribunal administratif de Montreuil.
Par cette requête et un nouveau mémoire, respectivement enregistrés les 22 mars et 14 décembre 2023, M. B, représenté par Me Namigohar, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les arrêtés du 20 mars 2023 par lesquels le préfet de police, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, et a fixé le pays de destination, d'autre part, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et, dans cette attente, de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de faire procéder, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, au profit de Me Namigohar, de la somme de 1 500 euros en application des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence, d'une insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-la décision lui refusant un délai de départ volontaire doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement contestée et est entachée d'incompétence, d'une insuffisance de motivation, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement contestée et est entachée d'incompétence, d'une insuffisance de motivation, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-l'interdiction de retour sur le territoire doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement contestée, est entachée d'incompétence, d'une insuffisance de motivation, d'une erreur manifeste d'appréciation, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et lui a été irrégulièrement notifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Toutain, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 776-1 et L. 776-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Toutain, magistrat désigné,
- et les observations de Me Namigohar, pour M. B, qui persiste dans les conclusions de sa requête, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant marocain né le 22 juin 1996 et déclarant être entré en France en 2021, a été interpellé par les services de police, le 19 mars 2023, pour recel de vol. Par deux arrêtés du 20 mars 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet de police, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination, d'autre part, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement d'office M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions attaquées :
4. En premier lieu, les arrêtés attaqués du 20 mars 2023 ont été signés par M. A C, adjoint au chef de la division des reconduites à la frontière au sein de la préfecture de police. Or M. C disposait, pour ce faire, d'une délégation de signature lui ayant été consentie par un arrêté du préfet de police n°2023-00059 du 23 janvier 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris. Par suite, manque en fait le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués.
5. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués du 20 mars 2023 énoncent, avec une précision suffisante, les motifs de droit et de fait sur lesquels le préfet de police s'est fondé pour édicter chacune des décisions contestées par le requérant à l'occasion de la présente instance. Dès lors, le moyen tiré de leur insuffisance de motivation doit être écarté.
6. En dernier lieu, il ne ressort ni des motifs des arrêtés attaqués du 20 mars 2023, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de police n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation personnelle du requérant avant d'édicter les décisions que ce dernier conteste, alors surtout que le préfet justifie en défense avoir, au préalable, disposé d'un procès-verbal d'audition de l'intéressé, par les services de police, sur sa situation familiale et sa situation administrative.
En ce qui concerne les autres moyens de la requête :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
7. En l'espèce, si M. B soutient notamment qu'il réside habituellement en France depuis l'année 2021, qu'il n'a jamais été condamné pénalement et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, il ressort des pièces du dossier que le requérant, âgé de 26 ans à la date de l'arrêté attaqué, est célibataire et sans enfant. Par ailleurs, l'intéressé, à l'occasion de la présente instance, ne fait état d'aucun lien personnel ou familial sur le territoire français et ne soutient pas davantage être désormais dépourvu de toute attache dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement contestée méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que le droit au séjour dont il disposerait à ce titre en vertu de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni davantage que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant du refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
8. En premier lieu, pour les motifs précédemment exposés, le requérant n'est pas fondé à exciper, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
9. En second lieu, si le requérant soutient que le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il emporterait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle et méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ces moyens ne sont toutefois assortis d'aucune précision, quant à la situation de l'intéressé ou aux conséquences ainsi alléguées, de nature à permettre d'en apprécier le bien-fondé.
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
10. En premier lieu, pour les motifs précédemment exposés, le requérant n'est pas fondé à exciper, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
11. En deuxième lieu, dès lors que la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français doit être appréciée à la date à laquelle cette décision a été édictée, les conditions dans lesquelles elle a été ultérieurement notifiée au requérant sont sans incidence sur la légalité de cette mesure.
12. En dernier lieu, si le requérant soutient que l'interdiction de retour sur le territoire français méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, ces moyens ne sont toutefois assortis d'aucune précision de nature à permettre d'en apprécier le bien-fondé.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
13. En premier lieu, pour les motifs précédemment exposés, le requérant n'est pas fondé à exciper, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
14. En second lieu, si le requérant soutient que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, l'intéressé n'apporte, à l'occasion de la présente instance, aucun élément ni aucune pièce justificative à l'appui de ces moyens, en particulier sur les risques qu'il encourrait en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, les moyens ainsi soulevés ne peuvent qu'être écartés.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et d'application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est provisoirement admis d'office au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe 18 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
E. Toutain
La greffière,
S. Desplan
La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026