vendredi 9 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2305090 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | NOVEIR & BENSASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2302747 du 27 avril 2023, la présidente de la 5ème section du tribunal administratif de Paris a renvoyé au tribunal administratif de Montreuil la requête de
M. B A.
Par cette requête enregistrée le 7 février 2023, M. A, représenté par la SELARL Noveir et Bensasson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2022 par laquelle le président-directeur général du centre national de la recherche scientifique (CNRS) a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
2°) d'enjoindre au président-directeur général du CNRS de le réintégrer dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au CNRS de lui verser les traitements qu'il aurait dus percevoir dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du CNRS une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le directeur du CNRS n'a pas pris en compte son état de santé dégradé ni son activité réelle de recherche.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2023, le centre national de la recherche scientifique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 12 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la recherche ;
- le décret n° 82-993 du 24 novembre 1982 modifié ;
- le décret n°84-1185 du 27 décembre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Caro ,
- et les conclusions de M. Silvy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, titulaire d'un doctorat en sciences économiques a été recruté au centre national de la recherche scientifique le 1er janvier 1999 dans le corps des chargés de recherche, au grade de chargé de recherche de 2ème classe. Après avoir a été détaché auprès du centre d'études de l'emploi (CEE), où il a exercé la fonction d'attaché de recherche depuis 1995, puis réintégré au CNRS au sein du laboratoire d'économie d'Orléans, à compter du 1er janvier 2007, M. B A a rejoint le 1er janvier 2016 le centre d'économie de l'Université Paris-Nord, à Villetaneuse. Le 1er septembre 2017, il a été reclassé au grade de chargé de recherche de classe normale. Suite aux différents avis émis par le comité national de la recherche scientifique et à l'avis de la commission administrative paritaire du 28 novembre 2022, le président-directeur général du CNRS a prononcé, par une décision du 12 décembre 2022, le licenciement de
M. A pour insuffisance professionnelle. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 553-2 du code général de la fonction publique : " Le licenciement d'un fonctionnaire pour insuffisance professionnelle est prononcé après observation de la procédure prévue en matière disciplinaire. ". Aux termes de l'article L. 532-5 du même code : " Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe de l'échelle des sanctions de l'article L. 533-1 ne peut être prononcée à l'encontre d'un fonctionnaire sans consultation préalable de l'organisme siégeant en conseil de discipline au sein duquel le personnel est représenté. (). ". Aux termes de l'article 5 du décret du 27 décembre 1984 relatif aux statuts particuliers des corps de fonctionnaires du centre national de la recherche scientifique : " Lorsqu'une procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle est engagée à l'encontre d'un chercheur, la section compétente du comité national de la recherche scientifique siégeant, selon le grade et le corps auxquels appartient l'intéressé, dans la formation indiquée soit à l'article 11, soit à l'article 14 du présent décret, est consultée. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 411-1 du code de la recherche : " Les personnels de la recherche concourent à une mission d'intérêt national. Cette mission comprend : / a) Le développement des connaissances ; / b) Leur transfert et leur application dans les entreprises, et dans tous les domaines contribuant au progrès de la société ; / c) La diffusion de l'information et de la culture scientifique et technique dans toute la population, et notamment parmi les jeunes ; / d) La participation à la formation initiale et à la formation continue ; / e) L'administration de la recherche ; / f) L'expertise scientifique. ". De plus, le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions pour lesquelles il a été engagé ou correspondant à son grade et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions. Toutefois, une telle mesure ne saurait être subordonnée à ce que l'insuffisance professionnelle ait été constatée à plusieurs reprises au cours de la carrière de l'agent ni qu'elle ait persisté après qu'il ait été invité à remédier aux insuffisances constatées. Par suite, une évaluation portant sur la manière dont l'agent a exercé ses fonctions durant une période suffisante et révélant son inaptitude à un exercice normal de ses fonctions est de nature à justifier légalement son licenciement.
4. La décision litigieuse est fondée sur le fait que la production scientifique de
M. A n'est pas, depuis de nombreuses années, à la hauteur de ce qui est attendu d'un chargé de recherche du CNRS, et que M. A ne s'est investi dans aucune des autres missions du métier de chercheur.
5. Il ressort de pièces du dossier que M. A a fait l'objet de deux premiers avis d'alerte de la section 37 du Comité national de la recherche scientifique en 2008 et 2010, et d'un premier vote d'insuffisance professionnelle en 2012, soit antérieurement à l'altération de son état de santé, survenue au cours de la période du 10 juillet 2012 au 9 octobre 2014, pendant laquelle il a bénéficié d'un congé de longue maladie, avant une reprise à temps-partiel thérapeutique. En outre, compte tenu des souhaits formulés par M. A qui faisait valoir la longueur du trajet entre son domicile et Orléans, il a intégré le 1er janvier 2016 le centre d'économie de l'Université Paris-Nord, à Villetaneuse. A cet égard, le requérant ne saurait faire valoir que son employeur a manqué à ses obligations d'accompagnement et n'a pas pris en considération son état de santé, M. A a fait l'objet d'un deuxième vote d'insuffisance professionnelle en 2016, et de deux nouveaux avis d'alerte en 2018 et 2020, alors qu'il avait bénéficié d'un suivi-post évaluation de ses activités dès 2008, renforcé à partir de 2019. En septembre 2022, au cours d'une évaluation anticipée, M. A a fait l'objet d'un vote d'insuffisance professionnelle émis à l'unanimité des membres de la section 37 du Comité national de la recherche scientifique aux motifs qu'il ne participait pas aux activités habituelles d'un chercheur (implication dans l'enseignement, l'encadrement de thèse, la vie du laboratoire, les tâches administratives), et que, du fait de son parcours spécifique, il n'avait jamais eu une véritable activité de chercheur et n'avait quasiment pas publié depuis sa soutenance de thèse en 1998. Le requérant soutient que, du fait de la dégradation de son état de santé, il a pu avoir besoin de plus de temps pour mener à bien une recherche aboutissant à la publication en 2022 d'un article dans la revue économique. Toutefois, cette circonstance ne suffit pas à remettre en cause l'insuffisance de production scientifique constatée depuis plusieurs années et l'appréciation du CNRS selon laquelle M. A n'a pas satisfait à l'ensemble de ses obligations statutaires, le requérant n'ayant pas rendu des travaux comparables en qualité et en quantité à ceux des autres chercheurs. A cet égard, l'attestation émanant de son directeur d'unité depuis le 1er octobre 2022, selon laquelle il a publié un article dans la revue économique en 2022 et qu'il pourrait tirer plusieurs articles de ce travail original, ne remet pas en cause l'insuffisance de production scientifique constatée au cours de nombreuses années. Il en va de même de l'attestation de son ancien directeur du CEPN de 2015 à 2020, qui indique qu'il était en passe de publier plusieurs articles. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'erreur d'appréciation doit être écarté malgré l'avis défavorable à son licenciement rendu par la commission administrative paritaire le 28 novembre 2022.
6. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'illégalité de la décision litigieuse pour méconnaissance du principe de non-discrimination en raison de l'état de santé du requérant doit être écarté eu égard aux motifs mentionnés au point 5.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 14 décembre 2022 par laquelle le président-directeur général du CNRS a prononcé le licenciement de M. A pour insuffisance professionnelle doivent être rejetées, ainsi que celles présentées aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CNRS, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre national de la recherche scientifique.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
Mme Van Maele, première conseillère,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2025.
La rapporteure,
N. Caro
La présidente,
J. Jimenez
La greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026