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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2306018

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2306018

lundi 15 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2306018
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre (J.U)
Avocat requérantBERBAGUI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 mai 2023 et des mémoires complémentaires du 5 juillet 2023 et du 8 septembre 2023, M. D représenté par Me Cagnan, demande au président du tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les décisions du 16 mai 2023 par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime ou à tout préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", ou à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions en litige sont entachées d'une incompétence du signataire de l'acte, d'un défaut d'audition en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, d'une insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, ont méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 6-5 de l'accord franco-algérien, l'article

435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 78-2 du code de procédure pénale, et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire est illégale en raison d'une erreur de droit en l'absence de risque de fuite et méconnaissant ainsi les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît l'article

L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en s'abstenant d'évoquer la nature ou l'intensité des liens personnels ou familiaux de M. B en France, et est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Iss pour statuer sur les requêtes relevant de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Iss,

- les observations de Me Razafindratsima substituant Me Cagnan, représentant M. D,

- les observations de M. D,

- le préfet de Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 16 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. D, ressortissant de nationalité algérienne né le 7 janvier 1988 à Bejaia (Algérie), à quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par cette requête, M. D demande l'annulation de ces décisions.

Sur les moyens communs aux décisions contestées :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 23-033 du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de la Seine-Maritime a donné délégation à Mme A E, adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement, à l'effet notamment de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et interdiction de retour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de ces décisions manque en fait et doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort de l'ensemble des dispositions des livres VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment des articles L. 614-1 à L. 614-19, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des portant obligations de quitter le territoire français et des décisions relatives au délai de départ, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration.

4. En troisième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions en cause. En particulier il précise que M. D a déclaré dans son audition du 16 mai 2023 être entré sur le territoire français en janvier 2021 sans toutefois le justifier, qu'il ne remplit aucune des conditions d'admission au séjour prévu par l'accord franco-algérien, qu'il ne peut justifier d'une entrée régulière sur le territoire national, qu'il n'a effectué aucune démarche afin de régulariser sa situation administrative sur le territoire national, qu'il déclare être célibataire sans enfant, qu'il ne présente aucun document l'autorisant à résider en France et se maintient volontairement sur le territoire national, qu'il ne présente aucune garantie de représentation, et qu'il a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, qu'il a déclaré lors de son audition du 16 mai 2023 avoir transmis à son employeur une fausse carte d'identité belge, qu'il ne justifie d'aucun domicile stable, que compte tenu des éléments propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit à sa vie privée et familiale, et qu'il n'allègue ni ne prouve être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Les décisions attaquées satisfont ainsi aux exigences de motivation et les moyen tirés de ce qu'elles seraient entachées d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation doivent être écartés.

5. En quatrième lieu, le moyen de ce que les décisions attaquées seraient entachées d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant à l'encontre de décisions portant obligation de quitter le territoire, refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination, et portant interdiction de retour sur le territoire français, et doit donc en conséquence être écarté.

6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Et aux termes de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien précité : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. D lors de son audition du 16 mai 2023, indique résider habituellement en France depuis l'année 2021 soit moins de trois années à la date de la décision attaquée. En outre, si M. D fait état de son insertion professionnelle en France, en tant notamment que monteur de chapiteau ayant travaillé en contrat à durée déterminée (CDD) à temps partiel des mois d'octobre 2021 à avril 2022, en CDD à temps complet de juin à septembre 2022, et en contrat à durée indéterminée (CDI) depuis octobre 2022, il ne justifie toutefois que de 14 bulletins de salaire à la date de la décision attaquée dont seulement 7 sont supérieurs au salaire minimum interprofessionnel de croissance. Par ailleurs, il ne contredit pas utilement les mentions du préfet indiquant qu'il est célibataire, sans enfant, et ne justifie pas d'attaches familiales en France, M. D indiquant même lors de son audition du 16 mai 2023 que ses parents et sœurs résident dans son pays d'origine, en Algérie. Par ailleurs, dans cette même audition du 16 mai 2023, il indique avoir fourni un faux document d'identité auprès de son employeur BK Structures, à savoir une fausse pièce d'identité belge et refuser de retourner dans son pays d'origine. Eu égard à ces éléments, notamment les caractères récents de sa résidence habituelle en France ainsi que de son intégration professionnelle, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées auraient méconnu les stipulations sus-citées doit être écarté, de même que le moyen tiré de ce que celles-ci seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

8. En dernier lieu, si M. D soutient que le contrôle d'identité dont il a fait l'objet était irrégulier sur le fondement de l'article 78-2 du code de procédure pénale, les conditions dans lesquelles il a fait d'objet d'un tel contrôle sont sans incidence sur la légalité des décisions attaquées, et le moyen tiré de la méconnaissance de celles-ci doit donc être écarté.

Sur la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 711-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger exécute la décision d'éloignement dont il fait l'objet sans délai ou, lorsqu'il bénéficie d'un délai de départ volontaire pour satisfaire à une décision portant obligation de quitter le territoire français, avant l'expiration de ce délai." Aux termes du II de l'article L. 621-1 de ce code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".

10. Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article

L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;

2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ;3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".

11. Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles

L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

12. Il ressort des pièces du dossier que M. D tout d'abord, ne justifie pas être rentré régulièrement sur le territoire français et n'a pas demandé son admission au séjour. En outre, il ressort de l'audition du 16 mai 2023 qu'il a explicitement indiqué qu'il ne souhaitait pas retourner dans son pays d'origine en Algérie. Par ailleurs, il a aussi indiqué lors de cette même audition avoir fait usage d'un faux titre d'identité belge. Il se trouve ainsi dans les cas où, en application tant du 3° que du 4° ou du 7° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le risque de soustraction à une mesure d'éloignement est établi et le préfet peut obliger un étranger à quitter le territoire français sans délai. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entaché d'une erreur de droit en méconnaissance de ces mêmes dispositions doit donc être écarté.

Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour

13. En premier lieu la situation du requérant, de nationalité algérienne, étant entièrement régie par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, l'intéressé ne peut utilement se prévaloir, à l'encontre de la décision contestée, de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit, par suite, être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-7 de ce code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".

15. Aux termes de l'article L. 612-8 de ce code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français". Aux termes de l'article L. 612-9 de ce code : " Sauf s'il n'a pas satisfait à une précédente décision portant obligation de quitter le territoire français ou si son comportement constitue une menace pour l'ordre public, les articles

L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ne sont pas applicables à l'étranger obligé de quitter le territoire français au motif que le titre de séjour qui lui avait été délivré en application des articles L. 425-1 ou L. 425-3 n'a pas été renouvelé ou a été retiré ou que, titulaire d'un titre de séjour délivré sur le même fondement dans un autre Etat membre de l'Union européenne, il n'a pas rejoint le territoire de cet État à l'expiration de son droit de circulation sur le territoire français dans le délai qui lui a, le cas échéant, été imparti ".

16. Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

17. Dès lors que l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de du requérant n'a pas été assortie d'un délai de départ volontaire, il résulte de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet était tenu de prononcer une interdiction de retour. Eu égard aux éléments de faits mentionnés au point 7, notamment le caractère récent de la résidence habituelle et de l'insertion professionnelle en France de M. D, de même que l'absence d'attaches familiales en France, en fixant la durée de l'interdiction de retour à un an, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur dans l'appréciation de cette durée.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'injonction. Par suite, les conclusions tendant au prononcé d'une injonction et d'une astreinte ne peuvent qu'être rejetées. Les conclusions tendant à ce que les frais liés au litige soient mis à la charge de l'Etat sont rejetées par voie de conséquence.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2024.

Le magistrat désigné par le président du tribunal,

A. Iss La greffière,

S. Desplan

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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