vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2306077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TCHIAKPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2023, M. C A B, représenté par Me Tchiakpe, demande au juge des référés du Tribunal :
1°) de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du 6 avril 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, jusqu'au prononcé du jugement au fond ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A B soutient que :
- l'urgence est constituée dès lors qu'il est entré régulièrement sur le territoire à l'âge de 10 ans, qu'il a formulé sa demande de titre de séjour dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire, alors qu'il se trouvait en situation régulière, qui a été prolongée par la délivrance répétée de récépissés de demandes de titre de séjour à compter du 12 août 2021, dont le dernier devait prendre fin le 4 juillet 2023, qu'il dispose d'une promesse d'embauche et doit passer les épreuves du baccalauréat professionnel lui ouvrant des perspectives de formation en alternance, dont le prive la décision attaquée ;
- sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaqué les moyens tirés : du vice de procédure, dès lors qu'il n'a pas été convoqué devant la commission du titre de séjour dans les délais prévus par l'article L. 432-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui ne lui a pas permis de se présenter devant ladite commission et l'a ainsi privé ainsi d'une garantie ; de l'erreur de fait, dès lors qu'il justifie bien d'une inscription à une formation et d'une perspective d'insertion professionnelle ; d'une méconnaissance de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il remplit toutes les conditions ; de l'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que, ne constituant pas une menace pour l'ordre public, les dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent lui être opposées ; de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de l'âge auquel il est entré en France et sa présence continue depuis lors, ainsi que des liens personnels et familiaux dont il dispose sur le territoire français.
La requête a été communiquée eu préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- la requête tendant à l'annulation de la décision contestée, enregistrée le 20 mai 2023 sous le numéro 2306076 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Renault, première conseillère, pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 1er juin 2023, en présence de Mme Traore, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Renault, juge des référés ;
- et les observations de Me Tchiakpe, avocat de M. A B, présent, qui persiste dans ses écritures et indique contester que son client se soit rendu coupable d'usage illicite de stupéfiants.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant libyen né le 3 mai 2003, est entré en France le 24 octobre 2013, où il réside depuis lors avec ses parents. Il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à défaut, sur le fondement de l'article L. 435-1 du même code, et a été mis en possession de récépissés de demande de titre de séjour à compter du 12 août 2021, dont le dernier devait prendre fin le 4 juillet 2023. Par arrêté du 6 avril 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour et abrogé le récépissé en sa possession. M. A B demande l'annulation de la décision rejetant sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour.
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. A B réside depuis l'âge de 10 ans en France, qu'il y a effectué sa scolarité et a présenté une demande de titre de séjour dans l'année suivant sa majorité, que s'il n'a pas réussi les épreuves du baccalauréat professionnel auquel il était inscrit au titre de l'année 2021-2022, il a occupé un emploi durant l'année scolaire 2022-2023 tout en préparant à nouveau son baccalauréat dont il a commencé à passer les épreuves, en candidat libre, au mois d'avril 2023. Il est encore convoqué au mois de juin 2023 pour passer plusieurs épreuves orales, et il peut se prévaloir en outre d'une promesse d'embauche pour assurer la perception de ressources en attendant les résultats de la session 2023 du baccalauréat et son inscription souhaitée en classe de BTS en alternance. Dans les circonstances particulières de l'espèce, au regard des conséquences immédiates de la décision attaquée sur la situation du requérant, et de la circonstance qu'il n'a pas cessé d'être en situation régulière en France, il doit être regardé comme justifiant de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés.
4. En second lieu, d'une part, aux termes de la première phrase du premier alinéa de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
6. D'une part, il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que M. A B réside en France depuis l'âge de dix ans et a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire. D'autre part, si, pour prendre la décision attaquée, le préfet s'est fondé sur le motif que la présence de l'intéressé sur le territoire national constitue une menace pour l'ordre public, il résulte de l'instruction que l'infraction commise en 2016, alors que l'intéressé était âgé de seize ans, consistant en l'usage d'un faux billet de banque pour, selon les termes du rappel à la loi qui lui a été signifié le 10 avril 2019 " tromper Franprix pour déterminer à payer un coca ", présente un caractère ancien et isolé, et il n'est ni établi, ni allégué par le préfet, qui n'a pas produit d'observations en défense, que l'infraction d'usage de stupéfiant en 2021 aurait été commise par l'intéressé et aurait donné lieu à une quelconque poursuite judiciaire.
7. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation de l'existence d'une menace pour l'ordre public, en l'absence d'éléments suffisants de nature à établir la commission d'autres infractions que celle ayant donné lieu à un rappel à la loi, sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B est fondé à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 6 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. La présente décision implique nécessairement que M. A B soit autorisé à séjourner et à travailler jusqu'à ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis ait à nouveau statué sur sa demande ou qu'il soit statué sur sa requête au fond. Par conséquent, il y a lieu de faire application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le munir d'une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme de 800 euros au titre des frais que M. A B y a exposés.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de de la décision du 6 avril 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté la demande de titre de séjour de M. A B est suspendue.
Article 2 : Le préfet de la Seine-Saint-Denis remettra à M. A B une autorisation provisoire de séjour autorisant son titulaire à travailler dans les conditions mentionnées au point 9.
Article 3 : L'État versera une somme de 800 euros à M. A B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B, au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Montreuil le 2 juin 2023.
La juge des référés,
Signé
Th. Renault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026