lundi 24 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2306150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | CISSE |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés le 20 mai 2023 et le 12 juillet 2024 sous le numéro 2306150, M. F C, représenté par Me Cisse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 mai 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a refusé l'entrée sur le territoire français et la décision du même jour le plaçant en zone d'attente.
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de l'autoriser à entrer sans délai sur le territoire français ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence ;
- le motif tiré de ce qu'il ne serait pas détenteur d'un visa ou d'un permis de séjour valable est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'il a demandé à bénéficier d'un délai d'un jour franc prévu aux articles L. 332-2, L. 333-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il était dans l'attente d'un vol de retour vers le pays d'embarquement, alors qu'il disposait d'une carte de résident de 10 ans valable jusqu'au 27 octobre 2023 ;
- si son refus d'entrée et son placement en zone d'attente ont pour motif qu'il serait resté trop longtemps hors de France, il a été atteint par une paralysie due au Covid, a donc été obligé par son médecin de rester au Pakistan et était dans l'impossibilité de se déplacer en vue de se rendre en France, de sorte que ce motif est entaché d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le placement en zone d'attente de l'intéressé ayant pris fin consécutivement à l'ordonnance rendue par le juge des libertés et de la détention le 22 mai 2023, il a été autorisé à entrer sur le territoire français et sa requête est dépourvue d'objet ;
- les moyens soulevés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
II. - Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés le 21 mai 2023 et le 12 juillet 2024 sous le numéro 2306151, Mme I B, représentée par Me Cisse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 mai 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a refusé l'entrée sur le territoire français et la décision du même jour la plaçant en zone d'attente.
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de l'autoriser à entrer sans délai sur le territoire français ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence ;
- le motif tiré de ce qu'elle ne serait pas détentrice d'un visa ou d'un permis de séjour valable est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'elle a demandé à bénéficier d'un délai d'un jour franc prévu aux articles L. 332-2 et L. 333-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il était dans l'attente d'un vol de retour vers le pays d'embarquement, alors qu'il disposait d'une carte de résident de 10 ans valable jusqu'en 2028 ;
- si son refus d'entrée et son placement en zone d'attente ont pour motif qu'elle serait restée trop longtemps hors de France, son époux a été atteint par une paralysie due au Covid, a donc été obligé par son médecin de rester au Pakistan et était dans l'impossibilité de se déplacer en vue de se rendre en France, de sorte que ce motif est entaché d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le placement en zone d'attente de l'intéressée ayant pris fin consécutivement à l'ordonnance rendue par le juge des libertés et de la détention le 22 mai 2023, elle a été autorisée à entrer sur le territoire français et sa requête est dépourvue d'objet ;
- les moyens soulevés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen),
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Dumas a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et son épouse Mme B, ressortissants pakistanais, se sont présentés le 18 mai 2023 au point de passage frontalier de l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle par un vol en provenance de Bahrein. Par des décisions du même jour l'entrée sur le territoire français leur a été refusée au motif qu'ils n'étaient pas détenteurs d'un visa ou d'un permis de séjour valable. Ils ont été placés en zone d'attente dans la perspective de leur réacheminement. M.C et Mme B demandent au tribunal d'annuler ces décisions.
2. Les requêtes nos 2306150 et 2306151 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les exceptions de non-lieu à statuer :
3. Le ministre de l'intérieur fait valoir qu'à la suite de la libération des intéressés par le juge des libertés et de la détention dès le 22 mai 2023, postérieurement à l'introduction de la requête, la décision de refus d'entrée est devenue sans objet. Toutefois, en tout état de cause, ces ordonnances, qui n'ont pas eu pour effet d'annuler la décision de refus d'entrée sur le territoire français, ont été infirmées par des ordonnances de la Cour d'appel de Paris du 24 mai 2023. Dans ces conditions, les exceptions de non-lieu soulevées en défense ne peuvent être accueillies.
Sur les conclusions des requêtes :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 332-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus d'entrée, qui est écrite et motivée, est prise par un agent relevant d'une catégorie fixée par voie réglementaire. () ". Aux termes de l'article R. 332-1 du même code : " La décision refusant l'entrée en France à un étranger, prévue à l'article L. 332-2, est prise :/ 1° Par le chef du service de la police nationale chargé du contrôle aux frontières ou, par délégation, par un fonctionnaire désigné par lui, titulaire au moins du grade de brigadier ; / 2° Ou par le chef du service des douanes chargé du contrôle aux frontières ou, par délégation, par un fonctionnaire désigné par lui, titulaire au moins du grade d'agent de constatation principal de deuxième classe. / Dans les aérodromes affectés à titre exclusif ou principal au ministère de la défense, cette décision peut être également prise par le commandant d'unité de la gendarmerie maritime ou de la gendarmerie de l'air ou, par délégation, par un militaire désigné par lui, titulaire au moins du grade de gendarme ".
5. En l'espèce, M. G A, major de police affecté à la direction de la police aux frontières des aéroport Roissy Charles-de-Gaulle et Paris Le Bourget, signataire de la décision refusant l'entrée sur le territoire français de M. C, et M. H E, brigadier chef de police affecté à la direction de la police aux frontières des aéroport Roissy Charles-de-Gaulle et Paris Le Bourget, signataire de la décision refusant l'entrée sur le territoire français de Mme B, étaient compétents pour prendre ces décisions en application de la note de service n°117/2023 du 22 mars 2023 par laquelle le directeur de la police aux frontières des aéroport Roissy Charles-de-Gaulle et Le Bourget les a habilités à prononcer les décisions de refus d'admission sur le territoire français et de maintien en zone d'attente. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence des auteurs des décisions attaquées doivent être écartés.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : / 1° Sauf s'il est exempté de cette obligation, des visas exigés par les conventions internationales et par l'article 6, paragraphe 1, points a et b, du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) () ". Aux termes de l'article L. 332-1 du même code : " L'étranger qui ne satisfait pas aux conditions d'admission prévues au titre I peut faire l'objet d'une décision de refus d'entrée, sans préjudice des dispositions particulières relatives au droit d'asile et à la protection internationale ou à la délivrance de visas de long séjour ".Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour et étrangers et du droit d'asile : " La carte de résident d'un étranger qui a quitté le territoire français et a résidé à l'étranger pendant une période de plus de trois ans consécutifs est périmée, de même que la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " accordée par la France lorsque son titulaire a résidé en dehors du territoire des Etats membres de l'Union européenne pendant une période de plus de trois ans consécutifs. / La période mentionnée au premier alinéa peut être prolongée si l'intéressé en a fait la demande avant son départ de France ou pendant son séjour à l'étranger ".
7. Si M. C et Mme B se prévalent de ce qu'ils étaient chacun titulaire d'une carte de résident respectivement valables jusqu'au 27 octobre 2023 et jusqu'en 2028, il est constant qu'ils ont résidé hors de France depuis le 25 février 2020 pour Monsieur et depuis le 1er octobre 2019 pour Madame, soit depuis plus de trois ans à la date des décisions litigieuses. Dès lors que les intéressés n'ont pas demandé la prolongation de ces périodes durant leur séjour à l'étranger, ils ne peuvent utilement invoquer des circonstances exceptionnelles pour s'opposer à la péremption prévue par l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, le fait qu'ils aient demandé un délai d'un jour franc, conformément aux articles L. 332-2 et L. 333-2 du même code, et qu'ils attendaient un vol de retour vers leur pays d'embarquement, n'a aucune incidence sur la légalité des décisions contestées. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que celles-ci sont entachées d'erreurs de droit.
8. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de M. C et de Mme B doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. C et de Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F C à Mme I B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Israël, président,
M. Marias, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2025.
Le rapporteur,
M. Dumas
Le président,
M. Israël
La greffière,
Mme D
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, , et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Nos 2306150
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026