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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2306577

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2306577

mardi 9 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2306577
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantMEUROU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juin 2023, Mme A B épouse C, représentée par Me Meurou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen dans un délai d'un mois à compter de la notification dudit jugement ;

3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, audit préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ainsi que de procéder sans délai à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;

4°) et de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la légalité de l'ensemble des décisions :

- elles sont entachées d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

Sur la légalité de la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence :

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle méconnaît le 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît le titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien susmentionné ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée de plusieurs erreurs de fait ;

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît le 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît le titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien susmentionné ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ghazi, rapporteur ;

- et les observations de Me Raymond, substituant Me Meurou et représentant

Mme B épouse C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B épouse C, ressortissante algérienne née le 24 juillet 1995, est entrée régulièrement en France le 13 septembre 2020. Par un arrêté du 24 avril 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme A B épouse C sollicite l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En l'espèce, Mme B a été titulaire d'un certificat de résidence en qualité d'étudiante jusqu'au 2 octobre 2022. Le 30 juin 2022, elle allègue avoir déposé une demande tendant au renouvellement de celui-ci et, à titre subsidiaire, au bénéfice d'un changement de statut dès lors qu'elle est mariée depuis le 30 juillet 2021 avec un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité de dix ans. Le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté la demande de renouvellement du certificat de résidence détenu par Mme B au motif que celle-ci n'a pas justifié d'une inscription pour l'année scolaire 2022/2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la requérante justifie être inscrite en troisième année de licence de sciences du langage pour l'année scolaire 2022/2023. Le préfet de la Seine-Saint-Denis a donc commis une erreur de fait.

3. Il s'ensuit que Mme B est fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à solliciter l'annulation de la décision du 24 avril 2023 portant refus de renouvellement de son certificat de résidence et, par voie de conséquence, des décisions du même jour, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. Eu égard au motif d'annulation, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la demande de Mme B dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'enjoindre audit préfet de procéder à l'effacement du signalement de la requérante au sein du système d'information Schengen dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que celle-ci ait fait l'objet d'un tel signalement.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. En l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 100 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 24 avril 2023 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la situation de

Mme B épouse C dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 100 euros à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Truilhé, président,

- M. L'hôte, premier conseiller,

- Mme Ghazi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.

La première conseillère,Signé A. GhaziLe président,SignéJ-C. TruilhéLa greffière,

SignéA. Capelle

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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