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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2307022

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2307022

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2307022
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP CHARREL ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 juin 2023 et

29 février 2024, M. B C, représenté par Me Aouizerate, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2023 par laquelle le professeur A, responsable de la commission des stages de l'université Sorbonne Paris Nord, a rejeté sa demande d'agrément en tant que praticien-maître de stage ensemble la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à l'université Sorbonne Paris Nord de prendre une décision conforme à sa demande dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'université Sorbonne Paris Nord une somme 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée et n'est pas accompagnée de recommandations en méconnaissance de l'article 5 de l'arrêté du 4 février 2011 relatif à l'agrément, à l'organisation, au déroulement et à la validation des stages des étudiants en troisième cycle des études médicales.

Par des mémoires en défense enregistrés les 12 février, 18 mars et 2 avril 2024, l'université Sorbonne Paris Nord, représentée par Me Charrel, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C la somme de 2 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées le 5 décembre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'acte attaqué qui constitue un acte préparatoire ne faisant pas grief.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- l'arrêté du 4 février 2011 relatif à l'agrément, à l'organisation, au déroulement et à la validation des stages des étudiants en troisième cycle des études médicales ;

- l'arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle des études de médecine ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lamlih, rapporteure,

- les conclusions de Mme Parent, rapporteure publique,

- les observations de Me De Laage de Meux substituant Me Charrel représentant l'université Sorbonne Paris Nord.

M. C n'était pas présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Le 6 janvier 2022, M. C, médecin généraliste, a sollicité un agrément de praticien-maître de stage de l'université Paris Saclay pour les étudiants de troisième cycle en médecine. Cette demande a été transférée à l'université Sorbonne Paris Nord qui a organisé un rendez-vous avec l'intéressé le 22 novembre 2022. Par un courriel en date du 11 janvier 2023, le professeur A, agissant en qualité de responsable de la commission des stages de l'université Sorbonne Paris Nord, a informé l'intéressé que suite à la réunion de cette commission il est apparu que l'organisation de travail de son cabinet ne permet pas " l'accueil d'un étudiant de troisième cycle dans des conditions pédagogiques optimales requises ". Par un courriel du

15 janvier 2023 adressé au professeur A, M. C a sollicité des précisions. Il a ensuite, par courrier du 17 février 2023, adressé au professeur A, fait valoir qu'il remplissait les conditions nécessaires à l'obtention d'un agrément et a sollicité de ce professeur le réexamen de sa situation ou à tout le moins que des recommandations soient émises. Par la présente requête, M. C conteste le courriel du 11 janvier 2023 par lequel le professeur A lui a communiqué le sens de l'avis de la commission des stages de l'université Sorbonne Paris Nord, ensemble le rejet implicite à sa demande adressée le 17 février 2023.

2. Aux termes de l'article L. 635-5 du code de l'éducation : " Au cours du troisième cycle des études médicales, les internes reçoivent une formation théorique et pratique à temps plein sous le contrôle des universités. / Quelle que soit la discipline d'internat, les internes sont soumis aux mêmes dispositions statutaires et perçoivent la même rémunération. Ils exercent des fonctions rémunérées hospitalières ou extra-hospitalières, soit dans les centres hospitaliers () soit sous forme de stage auprès de praticiens (). ". Aux termes de l'article R. 632-27 du même code : " La formation en stage est accomplie en milieu hospitalier ou extrahospitalier, dans des lieux de stages agréés conformément aux dispositions des articles R. 632-28 et R. 632-30 au sein de structures ou auprès de praticiens liés par convention avec un centre hospitalier universitaire (CHU). / Les stages peuvent être accomplis : / () / 3° Auprès de praticiens agréés-maîtres de stage des universités exerçants en centre de santé, en cabinet libéral, en maison de santé ou au sein d'un centre médical du service de santé des armées ; (). ". Aux termes de l'article

R. 632-28 du même code : " Les lieux de stages ou les praticiens maîtres de stage des universités mentionnés à l'article R. 632-27 sont agréés au titre d'une ou de plusieurs spécialités mentionnées à l'article R. 632-17 ou au titre d'une ou de plusieurs options ou formations spécialisées transversales mentionnées aux articles R. 632-21 et R. 632-22. / Les agréments sont délivrés au titre d'une ou de plusieurs phases mentionnées à l'article R. 632-20. ". L'article

R. 632-28-1 du code de l'éducation dispose : " L'agrément d'un praticien comme maître de stage des universités pour l'accueil en stage des étudiants de troisième cycle des études de médecine, tel que prévu par les maquettes de formation, atteste des compétences de formateur du praticien dans les spécialités pour lesquelles il est accordé. / Pour être agréé à l'accueil d'un étudiant de troisième cycle des études de médecine, le praticien-maître de stage des universités doit : / 1° Attester avoir suivi une formation à l'accueil, à l'encadrement et à l'évaluation d'un étudiant ; / 2° Proposer des activités médicales adaptées à chaque phase de formation mentionnée à l'article R. 632-20, le cas échéant à chaque option mentionnée à l'article R. 632-21 ou formation spécialisée transversale mentionnée à l'article R. 632-22 ; / 3° Justifier d'un niveau d'encadrement et des moyens pédagogiques mis en œuvre pour assurer la qualité de la formation dispensée. ".

3. Aux termes de l'article R. 632-28-3 du code de l'éducation : " L'agrément est délivré par le directeur général de l'agence régionale de santé après avis de la commission de subdivision mentionnée à l'article R. 632-30 qui formule des propositions dans sa formation réunie en vue de l'agrément. L'agrément peut être refusé, suspendu ou retiré si le praticien ne remplit pas ou plus les conditions définis aux articles R. 632-28-1 et R. 632-28-2. ". Aux termes de l'article R. 632-30 du même code : " I.-Il est institué, dans chaque subdivision, deux commissions : 1° Une commission d'évaluation des besoins de formation ; / 2° Une commission de subdivision qui se réunit en deux formations : une formation en vue de l'agrément et une formation en vue de la répartition. / Les missions de ces commissions, leur composition, la procédure de désignation de leurs membres et la durée de leurs fonctions sont fixées par arrêté des ministres chargés de la santé et de l'enseignement supérieur et du ministre de la défense. ".

4. Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 4 février 2011 susvisé : " La commission de subdivision, réunie en vue de l'agrément, propose au directeur général de l'agence régionale de santé les agréments ou renouvellements d'agrément des lieux de stage et des praticiens-maîtres de stage, ainsi que les agréments réexaminés dans les conditions prévues à l'article 7. / Le directeur général de l'agence régionale de santé agrée les lieux de stage et les praticiens-maîtres de stage des universités. / Un dossier de demande initiale ou de renouvellement d'agrément, comportant les éléments décrits à l'article 3, est déposé auprès de l'unité de formation et de recherche de médecine de la subdivision où est situé le terrain de stage. ".

5. Aux termes de l'article 20 l'arrêté du 12 avril 2017 susvisé : " Conformément aux dispositions de l'article R. 632-30 du code de l'éducation, la commission de subdivision : / 1° Donne un avis au directeur général de l'agence régionale de santé, lorsqu'elle statue en formation en vue de l'agrément, sur l'agrément des lieux de stage et des praticiens-maîtres de stage des universités pour la formation pratique des étudiants. Dans ce cadre, elle réalise une synthèse des grilles d'évaluation portant sur la qualité pédagogique des stages au niveau de la subdivision ; / ". Aux termes de l'article 21 de ce même arrêté : " II. - La commission de subdivision, lorsqu'elle statue en formation en vue de l'agrément, comprend les membres suivants, présents ou représentés : / Avec voix délibérative : / 1° Le directeur de l'unité de formation et de recherche de médecine ou le président du comité de coordination des études médicales de la subdivision en cas de pluralité d'unités de formation et de recherche, président de la commission ; / 2° Le directeur général de l'agence régionale de santé ; / () /. ".

6. Il résulte des dispositions de l'article R. 632-28-3 du code de l'éducation, de l'article 1 de l'arrêté du 4 février 2011 susvisé et de l'article 20 de l'arrêté du 12 avril 2017, que le directeur général de l'agence régionale de santé délivre l'agrément des praticiens-maîtres de stage des universités pour la formation pratique des étudiants de troisième cycle des études de médecine sur avis de la commission de subdivision, dans sa formation en vue de l'agrément, présidée par le directeur de l'unité de formation et de recherche de médecine et que le dossier de demande initiale d'agrément est déposé auprès de l'unité de formation et de recherche de médecine de la subdivision où est situé le terrain de stage.

7. En l'espèce, le courriel litigieux du professeur A, responsable de la commission des stages de l'université Sorbonne Paris Nord, constitue un acte préparatoire à l'avis de la commission de subdivision lui-même préparatoire à la décision du directeur général de l'agence régionale de santé. Dès lors, ce courriel ne saurait faire grief à M. C et est donc insusceptible de recours. Il s'ensuit que les conclusions en annulation dirigées contre ce courriel du 12 janvier 2023 ainsi que le rejet implicite né du silence du professeur A sur le recours gracieux doivent être rejetées comme irrecevables.

8. Au surplus et en tout état de cause aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 4 février 2011 susvisé : " La commission de subdivision propose au directeur général de l'agence régionale de santé soit de : () / - refuser un agrément par décision motivée, accompagnée de recommandations dans l'hypothèse d'une nouvelle demande d'agrément. ". M. C ne peut utilement soutenir que l'avis de la commission des stages de l'université Sorbonne Paris Nord méconnaitrait ces dispositions qui s'appliquent à l'avis de la commission de subdivision, dans sa formation en vue de l'agrément. Il s'ensuit que ce moyen doit être écarté comme inopérant.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université Sorbonne Paris Nord, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. C une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'université Sorbonne Paris Nord et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : M. C versera à l'université Sorbonne Paris Nord une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de M. C présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à B C et à l'université Sorbonne Paris Nord.

Délibéré après l'audience du 11 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gauchard, président,

M. Guiral, premier conseiller,

Mme Lamlih, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.

La rapporteure,

D. Lamlih

Le président,

L. Gauchard La greffière,

S. Jarrin

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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