jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2307048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juin 2023, M. E B, alias D B, représenté par Me Eliakim, demande au tribunal de :
1°) annuler l'arrêté du 31 mai 2023 du préfet de police l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays vers lequel il pourra être reconduit d'office en l'absence de départ volontaire ;
2°) enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle ou, à défaut d'admission à cette aide, à verser à ce dernier en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son signataire, d'insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et procède d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juillet 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête comme non fondée en tous ses moyens.
Par une décision du 11 juillet 2023, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat désigné chargé du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Baffray a été lu au cours de l'audience publique. / Ont été entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baffray,
- et les observations de Me Eliakim pour M. B, et de celui-ci.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
1. M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 juillet 2023, il n'y a plus lieu de statuer sa demande d'admission à cette aide à titre provisoire.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de police n° 75-2023-056 du 23 janvier 2023, le préfet de police a donné à M. A C, attaché de l'administration de l'Etat, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Dès lors, le moyen tiré l'incompétence du signataire manque en fait.
3. En deuxième lieu, même s'il a été rédigé à partir d'un modèle stéréotypé, l'arrêté attaqué comporte les éléments de fait et de droit circonstanciés qui fondent les décisions qu'il comporte et attestent d'un examen particulier de la situation de M. B, relevant notamment les modalités de son entrée et ses conditions de séjour irrégulier en France, son pays et sa ville d'origine et l'absence d'établissement de risques d'exposition à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays. Les moyens de M. B tirés de ce que cet arrêté serait insuffisamment motivé et procèderait d'un défaut examen sérieux de sa situation manquent donc également en fait.
4. En troisième lieu, les pièces du dossier permettent de considérer que M. B, de nationalité malienne né le 5 mai 1990, réside habituellement en France depuis le second semestre 2019, soit depuis quatre ans à la date de l'arrêté attaqué. Il a occupé en pointillé un emploi de plongeur dans la société Horesto Rest'Expo, entre le 22 septembre 2022 et le 23 novembre 2022, et celui de commis de cuisine pour lequel il a été engagé par la société Isana par un contrat à temps partiel à durée déterminée de trois mois à compter du 1er mai 2023. Toutefois, même en tenant compte des témoignages du gérant de la société Isana assurant qu'il le remploierait " avec plaisir " une fois sa situation régularisée et de personnes, dont une qui l'héberge, se présentant comme des amis et soulignant sa gentillesse, sa relation d'amitié avec un garçon souffrant d'un handicap psychologique, ses progrès et sa maîtrise correcte de la langue française, sa préparation du diplôme d'études en langue française de niveau " A2 " ou ses efforts pour s'intégrer socialement et professionnellement en France, ces éléments sont insuffisants pour considérer que M. B, qui a indiqué lors de son audition par les services de police ne pas avoir d'attache familiale en France et qui ne dément pas en conserver au Mali, où il a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans, aurait noué sur le territoire français des liens personnels suffisamment stables et intenses pour considérer que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts qu'il poursuit, ou qu'il résulterait d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. Le fait qu'il ait continué à être employé par la société Isana jusqu'en février 2024 et qu'il suit une formation professionnelle de cuisinier depuis mai 2014 à " L'atelier des chefs ", comme preuves de sa volonté et de ses efforts d'intégration professionnelle, est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées, laquelle s'apprécie à la date de leur signature. Dès lors, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué, d'une part, aurait été pris en méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, d'autre part, procèderait d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
5. En dernier lieu, si M. B soutient que la situation sécuritaire au Mali est telle qu'il pourrait y être soumis à des traitements inhumains ou dégradants, et produit à l'appui de ce moyen un extrait d'une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 15 juin 2021 évoquant d'importants risques sécuritaires sur la route reliant Bamako à Kayes, d'où il est originaire, ainsi que de la documentation géopolitique, il ne ressort pas de ces éléments et des pièces du dossier qu'il risquerait d'être personnellement exposé à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi en l'absence de départ volontaire méconnaîtrait les stipulations de cet article doit aussi être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation du l'arrêté du 31 mai 2023 du préfet de police l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays vers lequel il pourra être reconduit d'office doivent être rejetées, de même que, par conséquent, celles aux fins d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. B d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Eliakim et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
Le magistrat désigné,
J.-F. BaffrayLa greffière de l'audience,
D. Coulibaly
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026