LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2307052

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2307052

mercredi 29 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2307052
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre (JU)
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 juin 2023 et 3 mai 2024, M. A D, représenté par Me Chartier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'abroger, à titre subsidiaire, l'arrêté du 19 mai 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

4°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 400 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'auteur des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi ne justifie pas de sa compétence ;

- elles sont insuffisamment motivées et entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision portant refus de délai de départ volontaire est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- l'auteur de cette décision ne justifie pas de sa compétence ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il dispose de garanties de représentation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire ;

- l'auteur de cette décision ne justifie pas de sa compétence ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 21 juin, 4 juillet 2023 et 3 mai 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 22 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Bernabeu pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bernabeu ;

- les observations de Me Rodet, substituant Me Chartier et représentant M. D, le préfet de police n'étant ni présent, ni représenté.

L'instruction a été close, en application des dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant guinéen né en 1992, est entré en France, selon ses déclarations, en 2016. A la suite d'un contrôle pour vérification de son droit au séjour le 18 mai 2023, le préfet de police a pris à son encontre le jour suivant un arrêté l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. D ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 août 2023, il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant de la légalité externe :

3. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. En l'espèce, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023, publié au recueil des actes administratifs spécial de Paris n° 75-2023-056 du même jour, le préfet de police a délégué à Mme C, attachée d'administration de l'Etat placée sous l'autorité de Mme B, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, sa signature à l'effet de signer tous les actes, dans la limite des attributions de Mme B, relatifs à la police des étrangers en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont le requérant n'allègue ni n'établit qu'elles n'auraient pas été absentes ou empêchées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et ne peut qu'être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ".

5. Il ressort de la lecture de l'arrêté litigieux que ce dernier vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 611-1, 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, le préfet relève que l'intéressé s'est vu refusé la délivrance d'un titre de séjour le 16 septembre 2020 par le préfet de la Loire-Atlantique et qu'il s'est maintenu, depuis la notification de ce refus de séjour le 23 septembre 2020, sur le territoire français. En outre, le préfet mentionne que l'intéressé se déclare en concubinage avec deux enfants à charge sans toutefois en apporter la preuve. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

6. Aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

7. Il ressort de la lecture de l'arrêté litigieux que ce dernier mentionne les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, le préfet de police fait état de ce qu'il existe un risque que M. D se soustrait à l'obligation de quitter de quitter le territoire français dès lors qu'il a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement prise à son encontre, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, à savoir celle du 16 septembre 2020, et qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes puisqu'il ne peut produire de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Par suite, la décision portant refus de délai de départ volontaire comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

8. S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, l'arrêté litigieux vise les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet fait ensuite état de la situation d'ensemble de M. D en relevant, d'une part, qu'il allègue être entré sur le territoire français en décembre 2016, qu'il se déclare en concubinage avec deux enfants à charge sans le démontrer et qu'il a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement en date du 16 septembre 2020. Par suite, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

S'agissant de la légalité interne :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. D soutient que, présent sur le territoire français depuis 2016, il y a fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux dès lors qu'il y réside avec ses deux enfants. Toutefois, les pièces produites par le requérant à l'appui de son recours, à savoir un certificat d'hébergement du 14 décembre 2023, les actes de naissance de ses trois enfants nés sur le territoire français en 2019, 2021 et 2024, une attestation de demandeur d'asile du 21 mars 2017, un courrier de la caisse primaire d'assurance maladie de Loire-Atlantique du 22 décembre 2017, une attestation de droit à la tarification solidaire transport du 13 février 2019 et des factures au nom de sa campagne ne permettent pas, à elles seules, d'établir sa présence sur le territoire français depuis 2016 et la prise en charge de ses deux enfants. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa compagne serait en situation régulière sur le territoire français et qu'il serait inséré professionnellement au sein de la société française. Dans ces conditions, alors que M. D ne justifie pas de liens privés et familiaux suffisamment intenses, stables et anciens sur le territoire français, la décision litigieuse n'a porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le préfet de police n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

12. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. La décision litigieuse n'a ni pour effet ni pour objet de séparer M. D de ses enfants et rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Guinée, pays dont le requérant, sa compagne et leurs deux enfants, nés en 2019 et 2021, ont la nationalité. La circonstance qu'une demande d'asile aurait été sollicitée le 1er février 2024 pour sa benjamine, née le 26 janvier 2024, ne saurait être prise en compte pour l'appréciation de la légalité de la décision litigieuse dès lors qu'elle concerne des éléments de faits postérieurs à l'arrêté litigieux. Dans ces conditions, et alors même que les enfants du requérant nés en 2019 et 2021 seraient habituellement scolarisés en France, le préfet de police n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

14. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de la situation de M. D.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

15. Il ne résulte pas de ce qui a été dit aux points 3 à 14 que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, M. D ne peut se prévaloir de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire.

16. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : [] 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du code précité : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : [] 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; /5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; [] 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, [] qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale [] ".

17. M. D soutient que la décision litigieuse méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de garanties de représentations suffisantes. A cet égard, il produit une carte d'identité consulaire ainsi qu'un certificat d'hébergement du 14 décembre 2023 faisant état d'une résidence pour lui et sa famille à Montreuil depuis le 18 décembre 2019. Il s'ensuit que le préfet de police ne pouvait retenir l'absence de garanties de représentations suffisantes pour caractériser l'existence d'un risque que l'intéressé se soustrait à l'exécution de la mesure d'éloignement.

18. Toutefois, il résulte du procès-verbal d'audition du 18 mai 2023 que M. D, contrairement à ses allégations, a déclaré son intention de refuser de quitter le territoire français si une mesure d'éloignement lui était notifiée. En outre, il n'est pas sérieusement contesté que le requérant s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement datée du 16 septembre 2020. Dans ces conditions, le préfet de police aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ces deux seuls motifs pour caractériser l'existence d'un risque à ce que l'intéressé se soustrait à la mesure d'éloignement. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 10 et 18, la décision portant refus de délai de départ volontaire n'a pas été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

20. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant refus de délai de départ volontaire serait entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle de M. D.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

21. Il ne résulte pas de ce qui a été dit aux points 4 à 7 et 9 à 20 que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire seraient entachées d'illégalité. Par suite, M. D ne peut se prévaloir de l'illégalité de ces décisions pour demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

22. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 10 et 13, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Elle n'est pas non plus entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

23. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation de M. D.

24. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté litigieux.

Sur les conclusions à fin d'abrogation :

25. La légalité de l'arrêté en litige, qui a le caractère d'un acte individuel, ne peut s'apprécier qu'à la date à laquelle il a été pris. Il s'ensuit que M. D ne saurait en demander directement l'abrogation, même à titre subsidiaire, en s'appuyant sur des changements de fait ou de droit postérieurs à son édiction. Par suite, de telles conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions accessoires :

26. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation et d'abrogation, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.

Le magistrat désigné,

S. BernabeuLa greffière,

D. Coulibaly

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions