mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2307199 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BOUNDAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juin 2023, Mme D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 mai 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée.
Elle soutient que ses parents, ses grands-parents et son frère vivent en France, qu'aucun membre de sa famille ne réside en Inde, qu'elle a très peu de liens avec son pays qu'elle a quitté à l'âge de quinze ans et qu'elle souhaite que sa situation soit régularisée pour poursuivre en France des études supérieures.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 octobre 2023.
Par une lettre du 10 septembre 2024, l'avocat désigné au titre de l'aide juridictionnelle a été mis en demeure de produire un mémoire dans l'intérêt de Mme C dans le délai d'un mois suivant la notification dudit courrier.
Par une lettre du 12 septembre 2024, cet avocat a informé la juridiction que, malgré des demandes réitérées, Mme C ne l'avait pas contacté et qu'il était dans l'impossibilité de produire un mémoire complémentaire.
Par une lettre du 10 octobre 2024, notifiée le 12 octobre suivant, Mme C a été informée de la réponse de l'avocat désigné au titre de l'aide juridictionnelle et a été invitée à choisir un autre mandataire ou, le cas échéant, à saisir le bâtonnier de l'ordre des avocats pour qu'il en désigne un pour assurer sa défense et qu'elle communique au tribunal le nom du mandataire chargé de la défense de ses intérêts.
La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Guiral,
- et les observations de Mme C.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était pas présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante indienne née le 18 avril 2002, a sollicité le 10 mars 2023 son admission exceptionnelle au séjour. Elle demande l'annulation de l'arrêté du 23 mai 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée.
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
3. Il ressort des mentions non contestées de l'arrêté attaqué que Mme C est entrée en France, sous couvert d'un visa de court séjour, le 14 janvier 2019, à l'âge de seize ans. Si elle produit des certificats de scolarité pour les années 2019-2020 à 2022-2023, ces documents, en admettant même qu'ils suffisent à établir le caractère habituel de son séjour en France, permettraient, en tout état de cause, de justifier, à la date de l'arrêté litigieux, d'une résidence habituelle en France de seulement quatre ans et quatre mois. Il est constant que Mme C est célibataire et sans charge de famille en France. Si elle soutient que ses grands-parents, qui ont la nationalité française, ainsi que ses parents et son frère vivent sur le territoire français, elle se borne à produire à l'appui de ses allégations un unique certificat d'hébergement établi le 12 juin 2023 par un ressortissant français, à savoir M. A B, sans que les éléments versés au dossier permettent d'établir un quelconque lien de parenté l'unissant à cette personne. Mme C ne conteste pas les motifs de l'arrêté litigieux selon lesquels ses parents résident en situation irrégulière sur le territoire français. Enfin, la circonstance que la requérante poursuive des études en France ne saurait, compte tenu notamment de sa situation personnelle, suffire à la faire regarder comme justifiant de considérations humanitaires ni de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu, sans entacher son appréciation d'une erreur manifeste, refuser l'admission exceptionnelle au séjour de la requérante.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 11 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Gauchard, président,
- M. Guiral, premier conseiller,
- Mme Lamlih, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
S. Guiral
Le président,
L. Gauchard
La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026