LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2308618

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2308618

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2308618
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantPORCHERON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 juillet et 7 novembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) M.S, représentée par Me Taquet, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Pierrefitte-sur-Seine à lui verser la somme de 68 324,37 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité fautive des arrêtés du maire en date des 25 août 2021 et 14 février 2022 fixant les horaires de fermetures des commerces situés dans le centre-ville ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Pierrefitte-sur-Seine la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est recevable dès lors, en premier lieu, qu'une demande indemnitaire préalable n'a pas à être chiffrée pour lier le contentieux et, en second lieu, qu'elle a clairement soulevé une cause juridique ;

- la responsabilité de la commune est engagée sur le terrain de la faute en raison de l'illégalité des deux arrêtés des 25 août 2021 et 14 février 2022 dont l'annulation a été prononcée pour des motifs de légalité interne par le tribunal administratif de Montreuil par des jugements n° 2113791 et 2205022 en date des 13 juillet 2023 et 6 novembre 2023 ;

- il existe un lien de causalité direct et certain entre l'illégalité fautive de ces deux arrêtés et les préjudices dont l'indemnisation est sollicitée ;

- son préjudice économique constitué par la perte de son chiffre d'affaires s'élève à la somme de 33 840,82 euros pour la période du 1er septembre au 31 décembre 2021 et à la somme de 24 483,55 euros pour la période du 1er mars au 28 avril 2022 ;

- elle est également fondée à réclamer l'indemnisation de son préjudice moral à hauteur de 10 000 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2023, la commune de Pierrefitte-sur-Seine, représentée par Me Porcheron, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SAS M.S la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dans la mesure où la réclamation préalable ne contient aucune demande d'indemnisation chiffrée et qu'elle ne précise pas l'illégalité dont seraient entachés les arrêtés du maire ;

- la société requérante n'établit aucune faute ;

- le lien de causalité entre la faute alléguée et les préjudices dont elle demande l'indemnisation n'est pas démontré ;

- le préjudice commercial n'est établi ;

- la société requérante ne saurait se prévaloir d'un préjudice moral par ricochet subi par son gérant et qui n'est pas davantage justifié.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Guiral,

- et les conclusions de M. A.

Les parties n'étaient pas présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée (SAS) M.S exploite un établissement de restauration rapide à emporter spécialisé dans la vente de hamburgers, à l'enseigne " Le Point B ", situé 10 avenue Lénine à Pierrefitte-sur-Seine. Par un arrêté du 25 août 2021, le maire de Pierrefitte-sur-Seine a fixé, du 1er septembre au 31 décembre 2021, la fermeture de tout type de commerces, excepté notamment les débits de boissons, de 23 heures à 6 heures, à l'intérieur d'un périmètre comprenant l'établissement exploité par la SAS M.S. Par un arrêté du 14 février 2022, il a de nouveau réglementé, du 1er mars au 30 juin 2022, les horaires de fermeture de tout type de commerces, à l'exception des bars, cafés et restaurants, de minuit à 6 heures. Par une ordonnance n° 2205021 du 28 avril 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a notamment suspendu l'exécution de l'arrêté du 14 février 2022 du maire de Pierrefitte-sur-Seine. Par un premier jugement n° 2113791 du 13 juillet 2023, le tribunal administratif de Montreuil a, notamment, annulé l'arrêté du 25 août 2021 du maire de Pierrefitte-sur-Seine au motif que, faute pour la commune de justifier les troubles préexistant à l'édiction de l'arrêté, la mesure de police n'était pas nécessaire. Par un second jugement n° 2205022 du 6 novembre 2023, le même tribunal a, notamment, annulé l'arrêté du 14 février 2022 dudit maire au motif que les troubles à la tranquillité publique n'étaient pas caractérisés et que la mesure de police n'était ni nécessaire ni adaptée à la prévention du stationnement illicite sur la voie publique. La SAS M.S a adressé à la commune de Pierrefitte-sur-Seine une demande indemnitaire préalable par une lettre du 13 avril 2023, notifiée le 18 avril courant. En l'absence de réponse, elle demande au tribunal la condamnation de la commune à lui verser la somme de 68 324,37 euros en réparation des préjudices subis en raison de l'illégalité fautive des deux arrêtés du maire en date des 25 août 2021 et 14 février 2022.

Sur les fins de non-recevoir :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Le requérant peut se borner à demander à l'administration réparation d'un préjudice qu'il estime avoir subi pour ne chiffrer ses prétentions que devant le juge administratif. Par suite, la circonstance que la SAS M.S n'ait pas chiffré ses préjudices au stade de la réclamation préalable qu'elle a adressée à la commune le 18 avril 2023 n'est pas de nature à faire obstacle à la liaison du contentieux. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposé à cette fin par la commune ne peut qu'être écartée.

3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge ". La requête de la SAS M.S comporte, de manière précise, l'énoncé des moyens de fait et de droit venant au soutien de ses conclusions indemnitaires, en particulier, et contrairement à ce qui est soutenu en défense, le fondement sur lequel la responsabilité de la commune est recherchée, à savoir l'illégalité fautive des arrêtés du 25 août 2021 et 14 février 2022 du maire de Pierrefitte-sur-Seine dont le tribunal administratif a prononcé, ainsi qu'il a été dit au point 1, l'annulation par des jugements des 13 juillet et 6 novembre 2023. Une telle motivation répond aux conditions posées par l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune ne peut être accueillie.

Sur la responsabilité :

4. Il résulte de l'instruction que, comme il a été dit au point 1, les arrêtés en date des 25 août 2021 et 14 février 2022 du maire de Pierrefitte-sur-Seine ont été annulés, pour des motifs de légalité interne, par des jugements des 13 juillet et 6 novembre 2023, devenus définitifs, du tribunal administratif de Montreuil. Ces illégalités sont constitutives de fautes de nature à engager la responsabilité de la commune, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain dont il appartient au demandeur d'établir la réalité et le bien-fondé.

5. La réparation intégrale du préjudice commercial subi par la SAS M.S suppose par ailleurs que cette société soit replacée dans la situation qui aurait été la sienne si l'interruption de l'exploitation, liée à la fermeture illégale pendant la période du 1er septembre au 31 décembre 2021 et du 1er mars au 28 avril 2022, ne s'était pas produite. En vue d'assurer cette réparation, il convient de lui accorder une indemnité correspondant aux pertes de recettes qu'elle a subies, diminuées des charges qu'elle n'a pas eu à exposer et augmentées, le cas échéant, des charges supplémentaires provoquées par l'interruption de son activité.

6. La SAS M.S demande le versement de la somme de 58'324,37 euros au titre du préjudice économique que lui a causé la fermeture illégale de son commerce. Si la commune de Pierrefitte-sur-Seine fait valoir que, en dépit des arrêtés des 25 août 2021 et 14 février 2022, la société requérante a maintenu ouvert son commerce jusqu'à plus de deux heures du matin, durant les périodes du 1er septembre au 31 décembre 2021 et du 1er mars au 28 avril 2022, et que le procureur de la République a engagé à ce titre des poursuites pénales, elle ne produit que sept procès-verbaux de contravention de la police municipale sur les périodes concernées qui s'étendent sur six mois. Dès lors, et alors au demeurant que, par un jugement du 24 avril 2023, le tribunal de police de Bobigny a déclaré la société requérante non coupable pour les faits d'ouverture d'établissement en violation des horaires de fermeture réglementaires, ces seuls documents ne peuvent suffire à exclure l'existence de tout préjudice financier. De même, les horaires d'ouverture du commerce affichés par la SAS M.S sur les plateformes Uber eats et Deliveroo ne permettent pas davantage d'établir, contrairement à ce que soutient la commune, que le restaurant serait constamment resté ouvert au-delà des horaires d'ouverture, du 1er septembre au 31 décembre 2021 et du 1er mars au 28 avril 2022, dès lors que les documents ainsi versés aux débats ne portent que sur les horaires d'ouverture du restaurant à la date du 15 septembre 2022, soit à une date postérieure aux arrêtés litigieux. En réponse aux mesures d'instruction adressées par le tribunal, la SAS M.S a communiqué les bilans comptables et des liasses fiscales des années 2021 à 2023 ainsi que l'état détaillé de ventes effectuées, au cours des mêmes années, au moyen des plateformes Uber eats et Deliveroo et du terminal de paiement électronique. Il ressort de l'exploitation de ces documents que la SAS M.S, immatriculée le 15 février 2020 au registre du commerce et des sociétés, a généré un chiffre d'affaires de 596 831 euros en 2021, de 597 169 euros en 2022 et de 797 514 euros en 2023, tandis que ses charges d'exploitation s'élevaient à 586 752 euros en 2021, à 571 187 euros 2022 et à 766 192 euros en 2023. Il résulte ainsi que l'instruction que, après un résultat déficitaire de 3 376 euros au cours de l'exercice de l'année 2020, la SAS M.S a dégagé un bénéfice net de 25 105 euros au titre de l'année 2021, de 26 494,29 euros au titre de l'année 2022 et de 32 126 euros au titre de l'année 2023. En outre, en dépit de la mesure d'instruction qui lui a été adressée, la société M.S ne fait pas état de charges supplémentaires provoquées par l'interruption de son activité. Il ressort enfin de l'attestation de l'expert-comptable produite par la société requérante dont le contenu n'est d'ailleurs pas contesté par la commune que la perte de chiffre d'affaires constatée s'élève à la somme de 33 840,82 euros pour la période du 1er septembre au 31 décembre 2021 et de 24 483,55 euros pour la période du 1er mars au

28 avril 2022. Dans ces conditions, au vu de l'ensemble des éléments comptables produits et compte tenu de ce qui a été dit au point 5, il sera fait une juste appréciation du préjudice commercial subi par la société M.S en lui allouant la somme de 1 200 euros.

7. La SAS M.S demande l'indemnisation du préjudice moral du gérant de l'établissement à hauteur de 10 000 euros. Toutefois, le préjudice moral subi par le gérant, qui au demeurant n'est pas partie à l'instance, constituant un préjudice propre de celui-ci, la société requérante n'est pas fondée à en obtenir l'indemnisation. En tout état de cause, la SAS M.S n'établit pas la réalité de ce préjudice en se bornant à faire état de l'intervention, presque quotidienne, des fonctionnaires de la police municipale.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Pierrefitte-sur-Seine doit être condamnée à verser à la SAS M.S la somme de 1 200 euros.

Sur les frais liés au litige :

9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Pierrefitte-sur-Seine le versement à la SAS M.S d'une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante, qui n'est pas la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés par la commune dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Pierrefitte-sur-Seine est condamnée à verser à la SAS M.S la somme de 1 200 euros.

Article 2 : La commune de Pierrefitte-sur-Seine versera à la SAS M.S la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Pierrefitte-sur-Seine tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée M.S et à la commune de Pierrefitte-sur-Seine.

Délibéré après l'audience du 19 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Gauchard, président,

- M. Guiral, premier conseiller,

- Mme Lamlih, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.

Le rapporteur,

S. Guiral

Le président,

L. Gauchard

La greffière,

S. Jarrin

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions