mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2309005 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PUILLANDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2305032 du 24 juillet 2023, la présidente du tribunal administratif de Melun a transmis, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le dossier de la requête de M. et Mme A.
Par cette requête, enregistrée le 21 mai 2023, et un mémoire, enregistré le 23 septembre 2024, M. et Mme A, agissant en qualité de représentants légaux de leur fils mineur, B, représentés par Me Puillandre, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mars 2023 par laquelle le recteur de l'académie de Créteil a rejeté le recours préalable obligatoire formé contre la décision du 20 janvier 2023 du conseil de discipline du collège Louis Pasteur C prononçant à l'encontre de leur enfant une sanction d'exclusion définitive sans sursis de l'établissement scolaire ;
2°) d'ordonner toute mesure d'instruction visant à vérifier la régularité de l'instruction du dossier devant la commission académique d'appel en matière disciplinaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance ;
4°) de dire que le jugement à intervenir sera exécutoire aussitôt qu'il aura été rendu.
Ils soutiennent que :
- le mémoire en défense n'est pas recevable, faute pour son signataire de justifier d'une délégation l'habilitant à ester en justice au nom de la rectrice ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la commission académique d'appel en matière disciplinaire a dénaturé les griefs retenus au soutien de la décision qui lui a été déférée et a statué sur d'autres faits que ceux soumis au conseil de discipline.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2024, la rectrice de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Guiral,
- les conclusions de Mme Parent, rapporteure publique.
Les parties n'étaient pas présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 20 janvier 2023, le conseil de discipline du collège Louis Pasteur C a prononcé à l'encontre de l'enfant B A, alors élève en classe de cinquième, une sanction d'exclusion définitive sans sursis de l'établissement scolaire. M. et Mme A, représentants légaux de l'enfant, ont alors formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article R. 511-49 du code de l'éducation. Par une décision du 21 mars 2023, dont ils demandent l'annulation, le recteur de l'académie de Créteil a rejeté ce recours et maintenu la sanction prononcée par le conseil de discipline.
2. Aux termes de l'article D. 222-35 du code de l'éducation : " Sous réserve des attributions dévolues aux préfets de région et aux préfets de département, les recteurs d'académie ont compétence pour présenter les mémoires en défense aux recours introduits à l'occasion des litiges relatifs aux décisions prises, dans le cadre des pouvoirs que leur confèrent les dispositions législatives et réglementaires en vigueur, soit par eux-mêmes, soit par les personnels placés sous leur autorité. ". Par un arrêté du 19 juillet 2023, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial n°IDF-033-2023-07 de la préfecture de la région d'Ile-de-France, accessible sur le site internet de la préfecture, la rectrice de l'académie de Créteil a donné à M. Medhi Cherfi, secrétaire général de l'académie de Créteil, signataire du mémoire en défense, délégation à l'effet de signer les actes relevant des attributions de la rectrice au nombre desquels figurent les mémoires en défense dans les procédures relatives aux recours introduits devant les juridictions administratives à l'occasion de litiges relatifs aux décisions prises par le recteur d'académie ou par les personnels placés sous son autorité. Ainsi, le signataire du mémoire en défense susvisé avait qualité pour ce faire. Par suite, il n'y a pas lieu d'écarter des débats ce mémoire.
3. La décision attaquée a été signée par Mme Francette Dalle Mese, secrétaire générale adjointe de l'académie de Créteil, directrice en charge de l'organisation scolaire, de la performance et des politiques éducatives, qui disposait, en vertu d'un arrêté du 5 janvier 2023 du recteur de l'académie, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la région d'Ile-de-France n° IDF-013-2023-01, d'une délégation à l'effet de signer les " décisions rendues en appel pour les sanctions disciplinaires des élèves ". Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit dès lors être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 2° Infligent une sanction () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". La décision attaquée mentionne les dispositions pertinentes du code de l'éducation et indique que, s'il n'est pas avéré que l'élève B A a utilisé les réseaux sociaux pour diffuser des images de camarades, il ressort du dossier disciplinaire, notamment de l'audition de la famille et des représentants de l'établissement, qu'il " a fait usage de son téléphone dans l'établissement en vue de prendre à la dérobée des images de ses camarades " et qu'il " s'est moqué avec insistance d'une de ses camarades ". Cette décision mentionne ainsi, de manière suffisamment précise, les griefs reprochés à l'élève. Elle comporte dès lors les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision litigieuse doit donc être écarté.
5. Aux termes de l'article D. 511-32 du code de l'éducation : " Le chef d'établissement précise à l'élève cité à comparaître les faits qui lui sont reprochés () ". Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport du chef d'établissement et de la lettre de convocation, que l'enfant de M. et Mme A a été sanctionné par le conseil de discipline pour, notamment, avoir " fait usage de son téléphone dans l'établissement " et s'être " moqué de manière répétée d'une de ses camarades ". Si la décision attaquée mentionne, pour confirmer la sanction disciplinaire litigieuse, qu'il est avéré que l'élève " a fait usage de son téléphone dans l'établissement à plusieurs reprises pour prendre à la dérobée des images de ses camarades " et qu'il s'est " moqué avec insistance d'une de ses camarades ", ni la précision relative à la finalité de l'utilisation du téléphone ni l'usage des termes " avec insistance ", en lieu et place des termes " de manière répétée ", ne sont de nature à établir que le recteur aurait statué, comme il est soutenu par les requérants, sur des faits autres que ceux sur lesquels s'est prononcé le conseil de discipline, alors notamment que le rapport du chef d'établissement, au vu duquel le conseil de discipline a statué et dont il n'est pas contesté que les requérants ont eu connaissance, expose que l'élève B a photographié une camarade dans l'établissement et à l'extérieur. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
6. Aux termes de l'article R. 511-13 du code de l'éducation : " I. - Dans les collèges et lycées relevant du ministre chargé de l'éducation, les sanctions qui peuvent être prononcées à l'encontre des élèves sont les suivantes : / 1° L'avertissement ; / 2° Le blâme ; / 3° La mesure de responsabilisation ; 4° L'exclusion temporaire de la classe. Pendant l'accomplissement de la sanction, l'élève est accueilli dans l'établissement. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; / 5° L'exclusion temporaire de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; / 6° L'exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. / Les sanctions prévues aux 3° à 6° peuvent être assorties du sursis à leur exécution dont les modalités sont définies à l'article R. 511-13-1 ".
7. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un élève ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire sont matériellement établis, constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
8. Au soutien de leurs moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation, M. et Mme A font valoir qu'aucun élément d'identification apparent ou technique ne permet d'affirmer que les photographies figurant dans le dossier disciplinaire proviendraient du téléphone de leur fils et que les accusations de moqueries à l'encontre d'une camarade ne sont étayées par aucun témoignage direct. Ce faisant, les requérants se bornent, par leur argumentation, à contester la seule matérialité des faits. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment du procès-verbal du conseil de discipline et du recours préalable obligatoire du 28 janvier 2023, que ces faits ont été reconnus par l'élève B qui a d'ailleurs présenté ses excuses devant la commission de discipline. Par suite, la décision attaquée, qui repose sur des griefs matériellement établis, n'est pas entachée d'erreur de fait.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme A tendant à l'annulation de la décision du 21 mars 2023 du recteur de l'académie de Créteil doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'ordonner la mesure d'instruction sollicitée.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par M. et Mme A et non compris dans les dépens. En outre, aucun dépens n'ayant été exposé au cours de la présente instance, les conclusions des requérants tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de l'Etat doivent être rejetées.
11. Il résulte des dispositions mêmes de l'article L. 11 du code de justice administrative que les jugements des tribunaux administratifs sont exécutoires de plein droit. Par suite, les conclusions présentées par M. et Mme A tendant à ce que soit ordonnée l'exécution provisoire du présent jugement sont dépourvues de tout objet et doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et à la rectrice de l'académie de Créteil.
Délibéré après l'audience du 11 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Gauchard, président,
- M. Guiral, premier conseiller,
- Mme Lamlih, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
S. Guiral
Le président,
L. Gauchard
La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026