jeudi 27 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2309303 |
| Type | Décision |
| Formation | 10ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | DEHAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 juillet 2023, M. A B, représenté par le cabinet Dehan et Schinazi, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions portant retrait de points à la suite des infractions en date des 10 juillet 2021, 28 mai 2021, 19 octobre 2020, 19 août 2020, 18 février 2021, 15 février 2021 à 16h36 et 13h58, 20 août 2020, 12 août 2020 à 3h06 et 2h00, 5 décembre 2020, 3 août 2020, 14 novembre 2020, 12 novembre 2020, 7 novembre 2020, 3 novembre 2020 et 31 octobre 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des retraits de points ;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les infractions des 10 juillet 2021, 28 mai 2021, 18 février 2021, 15 février 2021 à 16h36 et 13h58, 5 décembre 2020, 14 novembre 2020, 12 novembre 2020, 7 novembre 2020, 3 novembre 2020 et 31 octobre 2020 n'ont pas donné lieu à un retrait de points de telle sorte que les conclusions sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par le requérant contre les décisions portant retrait de points ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 15 février 2024, M. B déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à l'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 12 août 2020 à 3h06 et 2h00 et du 3 août 2020, maintient le surplus de ces conclusions et demande en outre au tribunal d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés.
Il soutient en outre que les infractions sans retrait de points doivent être extraites du relevé d'information intégral.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Syndique pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Syndique a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le dernier état de ses écritures, M. B demande au tribunal d'annuler les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 10 juillet 2021, 28 mai 2021, 19 octobre 2020, 19 août 2020, 18 février 2021, 15 février 2021 à 16h36 et 13h58, 20 août 2020, 5 décembre 2020, 14 novembre 2020, 12 novembre 2020, 7 novembre 2020, 3 novembre 2020 et 31 octobre 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, si, dans sa requête, M. B avait demandé l'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 12 août 2020 à 3h06 et 2h00 et du 3 août 2020, il a, dans son mémoire enregistré le 15 février 2024, expressément abandonné ces conclusions de sorte qu'il y a lieu de donner acte de son désistement partiel.
3. En second lieu, il résulte de l'instruction que les infractions des 10 juillet 2021, 28 mai 2021, 18 février 2021, 15 février 2021 à 16h36 et 13h58, 5 décembre 2020, 14 novembre 2020, 12 novembre 2020, 7 novembre 2020, 3 novembre 2020 et 31 octobre 2020 n'ont pas donné lieu à retrait de points. Dès lors le requérant n'est pas recevable à demander l'annulation de décisions portant retrait de points à la suite de ces infractions, de telles décisions étant inexistantes, sans que l'inexistence de ces décisions ait d'incidence sur la mention des infractions dans le relevé d'information intégral de l'intéressé.
Sur le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :
4. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. () ".
5. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
En ce qui concerne l'infraction du 19 août 2020 :
6. Il résulte de l'instruction que l'avis d'amende forfaitaire majorée relatif à l'infraction du 19 août 2020, comportant l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, a été expédié par l'administration le 12 avril 2021 par lettre recommandée n° 2D 044 764 63604 à une adresse dont il n'est pas contesté qu'elle était à cette date celle de l'intéressé. Le pli retourné à l'administration et produit par le ministre de l'intérieur porte la mention " Pli avisé et non réclamé ". Ces éléments sont suffisants pour établir qu'un avis de passage a été laissé au domicile du requérant et, par suite, que l'avis d'amende forfaitaire majorée relatif à cette infraction a été notifié à la date à laquelle il a été avisé. Il suit de là que la décision de retrait de points correspondant à l'infraction commise le 19 août 2020 doit être regardée comme étant intervenue au terme d'une procédure régulière.
En ce qui concerne les infractions des 19 octobre 2020 et 20 août 2020 :
7. Il résulte du relevé d'information intégral que les infractions relevées par radar automatique les 19 octobre 2020 et 20 août 2020 ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires pour le recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur ne produit en défense aucune copie d'un document attestant du paiement spontané de ces amendes ou copie des avis de contravention adressés à l'intéressé, de nature à établir que M. B aurait nécessairement reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route. Ce vice de procédure est de nature à entacher d'illégalité les décisions en cause dès lors qu'en l'espèce, il a privé l'intéressé de la garantie d'information prévue par cet article, notamment en ce qui concerne la qualification de l'infraction constatée, information déterminante pour connaître le nombre de points en jeu. Il suit de là que les décisions de retrait correspondant aux infractions commises les 19 octobre 2020 et 20 août 2020 doivent être regardées comme étant intervenues au terme de procédures irrégulières.
Sur le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :
8. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de point est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. () ". Il résulte de ces disposition ainsi que de celles de l'article L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l'article 530 du même code, que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 de ce code dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
9. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur qu'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction commise le 19 août 2020 a été émis, sans que M. B n'établisse qu'il aurait déposé une réclamation en ayant entraîné l'annulation. Par suite, la réalité de cette infraction est établie.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation des décisions portant chacune retrait d'un point intervenues à la suite des infractions commises les 19 octobre 2020 et 20 août 2020, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux en tant qu'elle concerne ces infractions.
Sur l'injonction :
11. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'administration reconnaisse à M. B le bénéfice des points restant affectés à son permis de conduire. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer, à la date des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 19 octobre 2020 et 20 août 2020, dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route, le bénéfice des deux points illégalement retirés et de reconstituer en conséquence le capital de points attaché au permis de conduire du requérant, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de point et le droit de conduire de l'intéressé.
Sur les frais de l'instance :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. B tendant à l'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux deux infractions du 12 août 2020 à 3h06 et 2h00 et à l'infraction du 3 août 2020.
Article 2 : Les décisions du ministre de l'intérieur portant au total retrait de deux points affectés au permis de conduire de M. B à la suite des infractions des 19 octobre 2020 et 20 août 2020 ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux en tant qu'elle concerne ces infractions sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B, dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, le bénéfice des deux points visés à l'article 2, en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de point et le droit de conduire de l'intéressé.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2025.
La magistrate désignée,
N. Syndique
Le greffier,
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2501045
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'invalidation de son permis de conduire et les décisions de retrait de points consécutives à plusieurs infractions. Le juge a estimé que le défaut de notification des retraits de points, ou l'absence de preuve de leur réception, n'affectait pas la légalité de ces décisions, le retrait étant de plein droit en vertu de l'article L. 223-1 du code de la route. La décision administrative d'invalidation (48 SI) est donc maintenue.
25/03/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2501460
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul et les décisions de retrait de points antérieures. Le juge a jugé irrecevables les conclusions relatives à cinq infractions, les points ayant été restitués avant l'introduction du recours. Concernant le moyen tiré du défaut d'information préalable au retrait de points, exigé par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le tribunal a considéré qu'il incombait à l'administration d'apporter la preuve de cette information, ce qu'elle a fait en produisant les avis de contravention.
25/03/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2502346
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la suspension de son permis de conduire pour six mois. Le juge a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé, car il énonçait clairement les faits (conduite avec téléphone tenu en main et infraction au positionnement sur la chaussée) et les bases légales (articles L. 224-2 et R. 224-19-1 du code de la route). La juridiction a également jugé que la procédure contradictoire préalable n'était pas requise en l'espèce, compte tenu des conditions d'urgence propres à ce type de mesure de police.
25/03/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2514340
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A... visant à annuler les retraits de points sur son permis de conduire pour des infractions de 2022. Le tribunal a jugé le recours irrecevable pour tardiveté, considérant que les décisions avaient été régulièrement notifiées et que le délai de recours contentieux de deux mois, prévu par les articles R. 421-1 et suivants du code de justice administrative, n'avait pas été respecté. L'administration avait apporté la preuve d'une notification conforme, interrompue puis relancée par un recours gracieux, dont le rejet implicite avait été dûment porté à la connaissance du requérant.
25/03/2026