LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2505760

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2505760

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2505760
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 28 mars 2025, M. A... B..., représenté par Me Grébille-Romand, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision référencée « 48 SI » du 13 mars 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l’invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 23 mai 2019, 13 mai 2019, 22 février 2020, 1er août 2020, 19 février 2022, 4 mars 2022 à 8 heures du matin et 49 minutes, à 13 heures et 52 minutes, 9 juillet 2022, 31 juillet 2022, 4 novembre 2022, 19 février 2023, 19 avril 2023, 16 juillet 2023, 20 juillet 2023, 5 mai 2024 et 9 mars 2024 ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui restituer son permis de conduire affecté des points illégalement retirés dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 400 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

il n’a pas reçu notification des retraits de points contestés ;
il n’a pas été destinataire de l’information préalable requise prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
la réalité des infractions reprochées n’est pas établie ;
les décisions contestées méconnaissent les dispositions combinées du décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023 et de l’article 112-1, alinéa 3, du code pénal.


Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2025, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision référencée « 48 SI » du 13 mars 2025 et les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 19 avril 2023 et 5 mai 2024, à l’irrecevabilité des conclusions dirigées à l’encontre des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 23 mai 2019, 22 février 2020, 1er août 2020, 4 mars 2022 à 13 heures et 52 minutes, 31 juillet 2022, 19 février 2023 et 20 juillet 2023 et au rejet du surplus des conclusions de la requête de M. B....

Il fait valoir que :

les mentions relatives à l’infraction commise le 5 mai 2024 ont été supprimées du dossier du requérant postérieurement à l’introduction de sa requête ;
en stricte application des dispositions de l’article L. 223-6 du code de la route, le point retiré consécutivement à la commission de l’infraction du 19 avril 2023 a été restitué au requérant, avant l’enregistrement de la présente requête ; que par conséquent, la décision référencée « 48 SI » du 13 mars 2025 doit être regardée comme ayant été retirée postérieurement à l’introduction de la requête de M. B... ;
en stricte application des dispositions de l’article L. 223-6 du code de la route, les points retirés à la suite des infractions commises les 23 mai 2019, 22 février 2020, 1er août 2020, 4 mars 2022 à 13 heures et 52 minutes, 31 juillet 2022, 19 février 2023 et 20 juillet 2023 ont été restitués au requérant respectivement les 12 février 2020, 30 mai 2021, 14 septembre 2021, 6 décembre 2022, 23 juillet 2023, 25 décembre 2023 et 5 mai 2024, soit avant l’enregistrement de la présente requête ;
les décisions de retrait de points concernant le requérant lui ont systématiquement été notifiées ;
le requérant a bien reçu l’information préalable requise prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
la réalité des infractions reprochées est bien établie ;
le requérant n’apporte pas la preuve que les dispositions combinées du décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023 et de l’article 112-1, alinéa 3, du code pénal devraient s’appliquer à tout ou partie des infractions qui lui sont reprochées.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Le rapport de Mme Rolin a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. M. B... a commis les 23 mai 2019, 13 mai 2019, 22 février 2020, 1er août 2020, 19 février 2022, 4 mars 2022 à 8 heures du matin et 49 minutes, à 13 heures et 52 minutes, 9 juillet 2022, 31 juillet 2022, 4 novembre 2022, 19 février 2023, 19 avril 2023, 16 juillet 2023, 20 juillet 2023, 5 mai 2024 et 9 mars 2024 diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait des douze points affectés à son permis de conduire. Par une décision référencée « 48 SI » en date du 13 mars 2025, le ministre de l’intérieur a notifié à M. B... le dernier retrait de points et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, l’invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul. M. B... demande l’annulation de l’ensemble de ces décisions.


Sur l’étendue du litige :

2. Il résulte des mentions du relevé d’information intégral afférent au permis de conduire de M. B... édité le 28 août 2025, enregistrées dans le système national automatisé des permis de conduire prévu par l’article L. 225-1 du code de la route, que les mentions relatives à l’infraction du 5 mai 2024 ont été supprimées, les points y afférents restitués et que celle-ci de donne, par conséquent, plus lieu à retrait de points. En outre, il résulte également de l’instruction que, par application des dispositions de l’article L. 223-6 du code de la route, précitées, le point retiré consécutivement à l’infraction du 19 avril 2023 a été restitué au requérant après l’enregistrement de sa requête. Il suit de là que le ministre de l’intérieur doit être regardé comme ayant retiré les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 5 mai 2024 et 19 avril 2023 ainsi que, par voie de conséquence, la décision référencée « 48 SI » du 13 mars 2025 postérieurement à l’introduction de la présente requête. Par suite, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B... tendant à l’annulation de la décision référencée « 48 SI » du 13 mars 2025 et des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises le 5 mai 2024 et 19 avril 2023, devenues sans objet.

3. Il résulte des mentions du relevé d’information intégral produit en défense par le ministre de l’intérieur que les points retirés à la suite des infractions constatées les 23 mai 2019, 22 février 2020, 1er août 2020, 4 mars 2022 à 13 heures et 52 minutes, 31 juillet 2022, 19 février 2023 et 20 juillet 2023 ont été restitués, en application des dispositions de l’article L. 223-6 du code de la route avant la date d’enregistrement de la requête. Dès lors, les conclusions à fin d’annulation dirigées à l’encontre des décisions de retrait de points consécutives à ces infractions sont irrecevables et doivent être rejetées. Il en va de même pour les conclusions à fin d’injonction qui s’y rattachent.


Sur le surplus des conclusions de la requête :


En ce qui concerne le moyen tiré de l’absence de notification des décisions contestées :

4. Aux termes du dernier alinéa de l’article L. 223-3 du code de la route : « Le retrait de points est porté à la connaissance de l’intéressé par lettre simple quand il est effectif. »

5. Les conditions de notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévue par les dispositions précitées, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, la circonstance, à la supposer établie, que le requérant n’aurait été informé des décisions successives de retrait de points qu’à la lecture de son relevé d’information intégral est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité des décisions de retrait de points.


En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :

6. Aux termes de l’article L. 223-3 du code de la route : « Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. (…) ». Aux termes de l’article R. 223-3 du même code : « I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. (…) ».

7. Il résulte de ces dispositions que l’administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d’une infraction dont la réalité a été établie, que si l’auteur de l’infraction s’est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l’infraction et d’en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l’administration d’apporter la preuve, par tout moyen, qu’elle a satisfait à cette obligation d’information.


S’agissant de l’infraction constatée le 9 mars 2024 :

8. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date par procès-verbal électronique, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.

9. Si l’administration produit le procès-verbal daté du 9 mars 2024 pour une infraction commise le même jour, le procès-verbal n’est pas signé par le contrevenant. Il comporte au demeurant des mentions relatives à l’information préalable obligatoire, incomplètes. Toutefois, le ministre de l’intérieur établit, en produisant le document intitulé « dossier transmis à Monsieur l’officier du ministère public », notamment l’historique des documents reçus mentionnant la réception d’un courrier identifié de type FRE le 27 mars 2024, que le requérant a formé une requête en exonération nécessairement au moyen du formulaire attaché à l’avis de contravention. Cette circonstance est de nature à établir que le conducteur avait nécessairement reçu cet avis et doit dès lors être regardé comme ayant bénéficié de l’information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route dont il est assorti, faute pour le requérant de soutenir qu’il aurait reçu un avis incorrect ou incomplet.


S’agissant des infractions constatées les 19 février 2022, 4 mars 2022 à 8 heures et 49 minutes, 9 juillet 2022 et 4 novembre 2022 :

10. Le paiement par le contrevenant de l’amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l’article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu’il a préalablement reçu l’avis d’amende forfaitaire majorée. Le formulaire type d’avis d’amende forfaitaire majorée utilisé par l’administration, étant revêtu des mentions portant à la connaissance du contrevenant l’ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le paiement de l’amende forfaitaire majorée suffit à établir que l’administration s’est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d’information, à moins que l’intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l’avis qu’il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet ou qu’il démontre que l’amende a fait l’objet d’un recouvrement forcé.

11. En l’espèce, il résulte de l’instruction, et notamment des attestations de paiement du comptable public, que les amendes forfaitaires majorées relatives aux infractions commises les 19 février 2022, 4 mars 2022 à 8 heures et 49 minutes, 9 juillet 2022 et 4 novembre 2022 ont fait l’objet d’un paiement permettant d’établir que le requérant a bien reçu les informations requises, alors qu’il ne justifie ni que les avis reçus étaient inexacts ou incomplets ni que les amendes auraient fait l’objet d’un recouvrement forcé. Par suite, le moyen tiré la méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être écarté pour les retraits de point consécutifs à ces infractions.


S’agissant de l’infraction constatée le 16 juillet 2023 :

12. Il résulte des mentions du relevé d’information intégral de M. B... que l’infraction commise le 16 juillet 2023 a été constatée au moyen d’un système de contrôle automatisé et qu’un titre exécutoire d’amende forfaitaire majorée a été émis à raison de cette infraction, devenue définitive. Le ministre de l’intérieur produit la preuve de ce que l’avis d’amende forfaitaire majorée a été adressé à M. B... en recommandé avec accusé de réception et que celui-ci n’a pas été chercher le pli alors qu’il avait été avisé de la mise en instance. Compte tenu des mentions précises, claires et concordantes figurant sur ce recommandé, l’avis d’amende forfaitaire majorée, émis sur un formulaire Cerfa comportant l’ensemble des mentions exigées ainsi que les voies et délais de recours, doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié à M. B... le 22 novembre 2023, date de première présentation du pli. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement soutenir qu’il n’aurait pas reçu l’information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que le moyen tiré d’un vice de procédure en raison de l’absence d’information préalable, qui manque en fait, doit être écarté.


S’agissant de l’infraction constatée le 13 mai 2019

13. L’infraction commise le 13 mai 2019 a été constatée par l’intermédiaire d’un procès-verbal électronique. Le ministre soutient que les données de l’infraction ont ensuite été télétransmises au centre national de traitement de Rennes et qu’un avis de contravention comportant l’ensemble des informations prescrites par les textes a été envoyé automatiquement par courrier au domicile du contrevenant. Si le ministre de l’intérieur produit le procès-verbal électronique établi le jour de l’infraction, celui-ci n’est cependant signé que par un agent de police judiciaire et non par le contrevenant. Ce document n’est ainsi pas de nature à établir que l’ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ont bien été délivrées à M. B... avant le retrait de trois points, consécutif à cette infraction. Par ailleurs, le ministre n’établit ni n’avoir adressé à M. B... le titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée émis ni que le requérant aurait payé l’amende majorée. Par suite, la décision de retrait de points consécutive à l’infraction commise le 13 mai 2019 doit être regardée comme intervenue à la suite d’une procédure irrégulière et le contrevenant ayant été privé d’une garantie, le retrait de points doit, dès lors, être annulé.


En ce qui concerne le moyen tiré de l’absence de réalité des infractions :

14. Il résulte des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l’article 530 du même code, que le mode d’enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l’infraction est établie dans les conditions prévues à l’article L. 223-1 de ce code dès lors qu’est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l’amende forfaitaire ou de l’émission du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée, sauf si l’intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l’infraction ou de l’envoi de l’avis de contravention ou avoir formé, dans le délai prévu à l’article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l’annulation du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée.

15. Il résulte des mentions du relevé d’information intégral versé au dossier que le requérant a réglé les amendes forfaitaires correspondant aux infractions commises les 19 février 2022, 4 mars 2022 à 8 heures et 49 minutes, 9 juillet 2022, 4 novembre 2022 et que des titres exécutoires d’amende forfaitaire majorée ont été émis à raison des infractions commises les 16 juillet 2023 et 9 mars 2024, devenus définitifs. En l’absence de tout élément avancé par l’intéressé de nature à mettre en doute l’exactitude de ces mentions, la réalité de ces infractions est, dès lors, établie dans les conditions prévues à l’article L. 223-1 du code de la route et le moyen tiré de l’absence de réalité de l’infraction doit être écarté comme n’étant assorti que de faits insusceptibles de venir à son soutien.


En ce qui concerne le moyen tiré de la violation des dispositions combinées du décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023 et de l’article 112-1, alinéa 3, du code pénal :

16. Si M. B... se prévaut du décret du 6 décembre 2023 portant suppression de la réduction d’un point du permis de conduire pour les excès de vitesse inférieurs à 5 kilomètres par heure, il ne justifie, ni dans ses écritures ni par les pièces qu’il produit, que les retraits de points qu’il conteste lui auraient été appliqués à la suite d’un excès de vitesse inférieur à 5 kilomètres par heure. Il s’ensuit qu’un tel moyen, qui n’est pas assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé, ne peut qu’être écarté.

17. Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que M. B... est seulement fondé à demander l’annulation de la décision consécutive à l’infraction commise le 13 mai 2019 lui retirant trois points au capital de son permis de conduire.


Sur les conclusions à fin d’injonction :

18. Les motifs du présent jugement impliquent que les trois points retirés sur le capital de points du permis de conduire de M. B... à la suite de l’infraction commise le 13 mai 2019 lui soient restitués et que le ministre de l’intérieur réexamine les droits à conduire du requérant au vu éventuellement d’autres infractions qui auraient pu être commises par celui-ci et enregistrées postérieurement au 28 août 2025, date d’édition du relevé d’information intégral produit à l’instance. Il y a lieu pour l’administration d’y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.


Sur les frais de l’instance :

19. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B... présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B... tendant à l’annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 19 avril 2023 et 5 mai 2024 et de la décision référencée « 48 SI » du 13 mars 2025.

La décision du ministre de l’intérieur portant retrait de trois points affectés au permis de conduire de M. B... à la suite de l’infraction commise le 13 mai 2019 est annulée.

Il est enjoint au ministre de l’intérieur de restituer à M. B..., dans le traitement automatisé mentionné à l’article L. 225-1 du code de la route, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, le bénéfice des trois points visés à l’article 2, en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de points et son droit de conduire.

Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.

La magistrate désignée,


signé


E. Rolin
La greffière,


signé


S. Lefebvre

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions