mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2309319 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PASQUIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2305425 du 20 juillet 2023, la première vice-présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, au tribunal administratif de Montreuil le dossier de la requête de M. A B.
Par cette requête, enregistrée le 4 juillet 2023 au greffe du tribunal administratif de Versailles, M. B, représenté par Me Pasquier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande tendant à la restitution de sa carte d'identité ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de faire droit à sa demande de restitution de sa carte d'identité dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans le cas où sa demande d'aide juridictionnelle serait rejetée, à lui verser directement cette somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la durée de retenue de sa carte d'identité est manifestement excessive ;
- les exigences de forme du récépissé, prévues par l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'ont pas été respectées dès lors qu'il ne comporte pas sa photographie.
La procédure a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- la décision du Conseil constitutionnel n° 97-389 DC du 22 avril 1997 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Guiral a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision, révélée par un récépissé du 24 novembre 2021, le préfet de l'Essonne a retenu la carte d'identité de M. B, ressortissant serbe né le 23 mars 1975, en application de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une lettre du 1er mars 2023, reçue le 7 mars suivant par les services de la préfecture de l'Essonne, M. B a sollicité la restitution de ce document. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision implicite, née le 7 mai 2023, par laquelle le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande.
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 21 mai 2024. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
3. Aux termes de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente, les services de police et les unités de gendarmerie sont habilités à retenir le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. / Ils leur remettent en échange un récépissé valant justification de leur identité et sur lequel sont mentionnées la date de retenue et les modalités de restitution du document retenu ". Aux termes de l'article R. 814-4 du même code : " L'autorité administrative habilitée à retenir le passeport ou le document de voyage d'un étranger en situation irrégulière en application de l'article L. 814-1 est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police ".
4. Les dispositions précitées de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, anciennement l'article L. 611-2 de ce code, reprennent les dispositions de l'article 8-1 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, issu de l'article 3 de la loi du 24 avril 1997 portant diverses dispositions relatives à l'immigration. La conformité à la Constitution de ces dernières dispositions n'a été admise par la décision n° 97-389 DC du 22 avril 1997 du Conseil constitutionnel que sous réserve que ce texte ait " pour seul objet de garantir que l'étranger en situation irrégulière sera en possession du document permettant d'assurer son départ effectif du territoire national " et sans qu'il puisse " être fait obstacle à l'exercice par l'étranger du droit de quitter le territoire national et de ses autres libertés et droits fondamentaux ". Il s'ensuit notamment que la retenue du passeport ou du document de voyage " ne doit être opérée que pour une durée strictement proportionnée aux besoins de l'autorité administrative ", sous le contrôle du juge administratif. Pour l'application et l'interprétation d'une loi, aussi bien les autorités administratives que le juge, sont liés par les réserves d'interprétation énoncées par le Conseil constitutionnel dans sa décision statuant sur la conformité de cette loi à la Constitution.
5. En l'espèce, alors même que les dispositions précitées de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne permettent à l'autorité administrative de retenir que le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière, il ressort des pièces du dossier et notamment du récépissé du 24 novembre 2021 évoqué au point 1, que le préfet de l'Essonne a, sur le fondement de ces dispositions, décidé de retenir la carte d'identité de M. B.
6. En se bornant à verser aux débats les éléments concernant une procédure pénale relative à des faits de vol par effraction dans un local d'habitation en date du 9 décembre 2023, mettant en cause le requérant, au nombre desquels figure le procès-verbal de l'audition du 20 août 2024 au cours de laquelle l'intéressé a déclaré que l'administration détenait toujours son document d'identité, le préfet de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire en défense, n'apporte, par ces seuls éléments, au demeurant postérieurs à la décision litigieuse, aucune précision sur les motifs en considération desquels il a refusé de restituer la carte d'identité de l'intéressé, alors qu'à la date de la décision litigieuse, ce document était retenu depuis près d'un an et demi par l'administration. Dans ces conditions, en l'absence de toute précision sur les motifs justifiant la décision litigieuse, la durée de retenue de la carte d'identité de M. B ne peut être regardée comme étant strictement proportionnée aux besoins de l'autorité administrative. Par suite, en refusant de restituer à l'intéressé sa carte d'identité, le préfet de l'Essonne a, compte tenu de ce qui a été dit au point 4, méconnu les dispositions précitées de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision implicite du préfet de l'Essonne, née le 7 mai 2023, rejetant sa demande de restitution de sa carte d'identité.
8. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique que, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit et de fait, l'autorité préfectorale restitue à M. B sa carte d'identité. Il y a lieu dès lors d'enjoindre au préfet de l'Essonne d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pasquier, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Pasquier de la somme de 1 100 euros sur le fondement du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. B tendant à son admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision implicite par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de restituer la carte d'identité de M. B est annulée.
Article 3 : Sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit et de fait, il est enjoint au préfet de l'Essonne de restituer à M. B sa carte d'identité dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Pasquier une somme de 1 100 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Pasquier et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 11 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Gauchard, président,
- M. Guiral, premier conseiller,
- Mme Lamlih, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
S. Guiral
Le président,
L. Gauchard
La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026