lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2309965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | MAIMOUNA ABDOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 août 2023 et un mémoire complémentaire du 15 septembre 2023, M. A représenté par Me Maimouna Abdou, doit être regardé comme demandant à la présidente du tribunal :
1°) d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 18 août 2023 par lesquelles le préfet de la
Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Maimouna Abdou renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'une incompétence du signataire de l'acte, d'une insuffisance de motivation.
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur de fait, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est illégale de par l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, méconnaît l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation à cet égard, ainsi que l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2024, le préfet de la
Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Iss pour statuer sur les requêtes relevant de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Iss,
- les observations de M. A qui indique que les faits de vente à la sauvette qui lui sont reprochés ne sont survenus qu'à une occasion et conteste vigoureusement l'existence des faits de violences à l'encontre d'une personne chargée d'une mission de service public qui lui sont aussi reprochés,
- le préfet n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 août 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a obligé M. A, ressortissant de nationalité algérienne né le 17 novembre 2004 à Alger, à quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par cette requête, M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelle : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé ou en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. Elle est accordée de plein droit au demandeur et au défendeur lorsque la procédure concerne la délivrance d'une ordonnance de protection. /L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". L'article 80 dudit décret dispose que " () l'avocat ou l'officier public ou ministériel commis d'office, désigné d'office, ou désigné sur demande du prévenu ou de la victime est valablement désigné au titre de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat si la personne pour le compte de laquelle il intervient remplit les conditions d'éligibilité à l'aide ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
4. Selon les mentions de l'arrêté attaqué, le préfet de la Seine-Saint-Denis indique que si M. A précise dans son audition avoir déposé une demande de titre de séjour auprès d'une préfecture, la vérification des bases de données du fichier national des étrangers ne font apparaître aucun dossier lié au requérant, et que celui-ci doit en conséquence être considéré comme n'ayant effectué aucune démarche administrative, et n'a donc pas démontré sa volonté de régulariser sa situation au regard du droit au séjour. Ensuite, le préfet indique que le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public en ce qu'il a été interpellé pour des faits de vente à la sauvette commise en réunion et qu'il est connu au fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) pour des faits de violence à l'encontre d'une personne chargée d'une mission de service public. Enfin, le préfet indique notamment que M. A qui indique vivre en France depuis l'année 2022 n'en justifie pas, pas plus que l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que tout d'abord, M. A produit une attestation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 7 juillet 2023 indiqué " en cours d'examen par l'administration " auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'est pas utilement contestée en défense par le préfet. Ensuite, il est constant que les faits de vente à la sauvette en cause ne sont survenus qu'à une occasion et n'ont pas fait l'objet de réitération, et qu'en l'absence de précision quant aux faits de violence à l'encontre d'une personne chargée d'une mission de service public, ces derniers sont ici contestés utilement par le requérant. Ainsi, le requérant conteste utilement que le comportement qui lui est reproché constitue, par lui-seule, tel que l'indique le préfet, une menace à l'ordre public. Enfin, il ressort aussi des pièces du dossier que M. A a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance du département de la
Seine-Saint-Denis par décision judiciaire du 4 avril 2022, et qu'il fait état d'une insertion personnelle et professionnelle depuis cette date jusqu'à la date de la décision attaquée en produisant une attestation du programme Teame93 du 30 janvier 2023 au 30 mars 2023 indiquant un accompagnement jusqu'au 30 juin 2023, une attestation de rentrée de l'Ecole de Paris des métiers de la table du 22 août 2022 au 7 juillet 2023, ainsi qu'une attestation d'entrée en formation auprès de l'Ecole des nouveaux mondes depuis le 1er juin 2023 pour une formation d'apprentissage, contestant par là même utilement les mentions sus-citées de l'arrêté attaqué. Ainsi, eu égard à ces éléments, le préfet de la Seine-Saint-Denis a entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux de la situation de M. A.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation des décisions par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a obligé le 18 août 2023 M. A, à quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions en injonction :
6. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
7. En application de ces dispositions, l'exécution du présent jugement implique qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder à un nouvel examen de la situation administrative de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de le munir, dans l'attente du réexamen de sa situation, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Maimouna Abdou, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Maimouna Abdou de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 18 août 2023 concernant M. A est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la situation administrative de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de le munir, dans l'attente de ce réexamen, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Maimouna Abdou renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Maimouna Abdou, avocat de M. A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, ladite somme euros sera versée à M. A.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.
Le magistrat désigné par la présidente du tribunal,
A. IssLa greffière,
S. Desplan
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026