vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2310372 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AZOULAY-CADOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er septembre 2023, M. D A, représenté par Me Azoulay-Cadoch, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 août 2023, par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail, dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jours de retard, à défaut de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée de l'incompétence de son auteur ;
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée au regard de l'article L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entaché d'un défaut d'examen ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour en France pendant une durée de deux ans :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et est disproportionnée.
Par un mémoire enregistré le 4 juin 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Caro.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant égyptien né en 1988, entré en France le 18 février 2010 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités hongroises, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français après la date d'expiration du visa. Le requérant a sollicité, le 2 juillet 2021, son admission exceptionnelle au séjour. La commission du titre de séjour, réunie le 2 août 2022, en application de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a émis un avis défavorable à sa demande. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 4 août 2023, par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire avec un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 10 mars 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du même jour, le préfet a donné à M. C B, chef du bureau de l'accueil et de l'admission au séjour, délégation pour signer la décision contestée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que sa situation est entièrement régie par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, la décision en litige vise les articles 3 et 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application et décrit la situation administrative, familiale et professionnelle de M. A. L'arrêté attaqué comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas examiné la situation personnelle du requérant.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui."
6. M. A se borne à se prévaloir de sa durée de présence sur le territoire depuis 2010. Toutefois, la présence sur le territoire du requérant est liée au non-respect de deux précédentes mesures de refus de titre de séjour, assorties d'obligations de quitter le territoire français, prononcées le 18 octobre 2017 par le préfet de la Seine-Saint-Denis et le 16 septembre 2019 par le préfet de police, auxquelles il n'a pas déféré. En outre, il ne justifie ni de l'intensité, ni de l'ancienneté et de la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France, ni de conditions d'existence pérennes, ni même d'une insertion dans la société française. L'intéressé est célibataire et sans enfant, ne fait valoir aucune attache familiale en France et n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Egypte où vivent toujours les membres de sa famille et où il a vécu jusqu'à l'âge de 21 ans. Par ailleurs, le requérant a été condamné par le tribunal correctionnel de Créteil par un jugement du 27 mars 2019 à six mois d'emprisonnement avec sursis pour dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui et rébellion. Il est également connu au fichier du traitement des antécédents judiciaires, pour conduite d'un véhicule sans être titulaire du permis correspondant à la catégorie du véhicule et faisant usage d'un permis de conduire faux ou falsifié, le 11 juillet 2019, pour détention frauduleuse de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation et le 9 août 2019 pour conduite d'un véhicule sans permis. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels a été pris l'arrêté attaqué et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, pas plus qu'il n'a entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. En particulier, sur cette dernière allégation, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il a déposé un dossier de régularisation de sa situation administrative au titre de ses dix ans de présence en France et non un dossier de renouvellement de son titre de séjour. Dès lors, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision interdisant le retour sur le territoire français :
7. Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français./ Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 (). ".
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le requérant se maintient irrégulièrement sur le territoire depuis 2010, après avoir fait l'objet de deux mesures d'éloignement auxquelles il n'a pas déféré. Il résulte des circonstances exposées précédemment qu'il ne peut se prévaloir d'attaches privées, familiales ou professionnelles d'une intensité particulière en France. Il a, en outre été condamné en 2019 par une juridiction pénale à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis et est défavorablement connu des services de police. Enfin, il n'établit pas que des circonstances humanitaires justifieraient que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas davantage entaché cette décision d'une erreur d'appréciation en fixant sa durée à deux ans, qui n'est pas disproportionnée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par le requérant aux fins d'annulation des décisions attaquées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et les demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Van Maele, première conseillère,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
N. CARO
La présidente,
N. RIBEIRO-MENGOLI
La greffière,
P. DEMOL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026