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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2310588

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2310588

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2310588
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSCHORNSTEIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 septembre 2023 et le 30 mars 2024, M. B A, représenté par Me Schornstein, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 mai 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux années ;

2°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, " salarié " dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;

4°) et de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'ensemble des décisions :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen ;

- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent l'article 3 § 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur sa situation personnelle ;

Sur la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet n'ayant pas examiné son droit au séjour sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;

Sur la légalité de la décision l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée de deux années :

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement,

- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet n'ayant pris en compte que le critère de l'existence d'une menace pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de soulever d'office l'irrecevabilité de la requête, au motif que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 mai 2023 sont tardives et donc irrecevables.

Des observations ont été enregistrées le 30 mai 2024 pour le compte de M. A et ont été communiquées le 14 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ghazi, rapporteur ;

- et les observations de Me Schornstein, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 13 mai 1998, est entré en France au cours de l'année 2014 alors qu'il était mineur. Il a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " le 7 janvier 2022. Par un arrêté du 30 mai 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour pour une durée de deux années. Par la présente requête, M. B A sollicite l'annulation de ces décisions.

2. En l'espèce, si M. A soutient que l'arrêté du 30 mai 2023 ne lui a pas été notifié, il ressort de l'avis de passage produit par le préfet de la Seine-Saint-Denis que le pli a été présenté le 9 juin 2023 à une adresse dont il n'est pas contesté qu'il s'agit de celle de M. A. L'avis de passage mentionne " pli avisé et non réclamé ", mention faisant foi jusqu'à preuve contraire. Par ailleurs, si l'intéressé produit une attestation de M. C, facteur, celle-ci est insuffisamment probante dès lors que celui-ci mentionne " distribue[r] habituellement le courrier dans la zone d'habitant de M. A (). Je travaillais au mois de juin 2023. Or et sauf erreur de ma part, je n'ai pas distribué aucun courrier recommandé à M. A () ". Cette attestation, au demeurant rédigée en des termes mesurés, a été réalisée le 15 mars 2024 alors que les faits litigieux datent du mois de juin 2023. Dans ces conditions, ladite attestation est insuffisamment probante. Par ailleurs, si M. A produit une lettre de réclamation auprès de la société La Poste mentionnant ne pas avoir réceptionné le courrier litigieux, celle-ci est datée du 18 mars 2024 et donc très postérieure aux faits en litige. L'arrêté du 30 mai 2023 doit donc être regardé comme ayant été régulièrement notifié le 9 juin 2023.

3. Ce faisant, le délai de recours contentieux ouvert à l'encontre de l'arrêté du 30 mai 2023 expirait le 10 juillet 2023. La requête de M. A, introduite le 23 janvier 2024, est donc tardive et irrecevable. Il s'ensuit que l'ensemble des conclusions présentées par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Truilhé, président,

- Mme Ghazi, première conseillère,

- Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

Le président,La première conseillère,SignéSigné J-C. TruilhéA. Ghazi

Le greffier,

Signé T. Népost

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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