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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2310985

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2310985

mercredi 15 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2310985
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre (J.U)
Avocat requérantIVANOVIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 septembre 2023, Mme B E D C, représentée par Me Fauveau Ivanovic, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 août 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans à son encontre ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou subsidiairement de réexaminer sa situation, et de mettre fin à son inscription aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- son droit d'être entendu a été méconnu ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- son droit d'être entendu a été méconnu ;

- elle méconnaît le principe de non-refoulement ;

- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Löns, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 novembre 2023 :

- le rapport de M. Löns ;

- les observations de Me Chayé substituant Me Fauveau Ivanovic, représentant Mme D C, présente. L'avocate reprend les conclusions et moyens de ses écritures, en faisant notamment valoir que la situation au Niger s'est dégradée depuis qu'il a été statué sur la demande d'asile de Mme D C ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Une note en délibéré, présentée pour Mme D C, a été enregistrée le 4 novembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D C, ressortissante nigérienne née le 12 septembre 1986 à Niamey (Niger), demande l'annulation de l'arrêté du 30 août 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Aux termes de l'article 61 du décret susvisé du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). / L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Au cas particulier, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme D C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, l'arrêté contesté vise le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les dates des décisions successives rendues par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile au sujet de la demande de Mme D C tendant au bénéfice d'une protection internationale. Il relève notamment que la demande de réexamen formée par la requérante a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et qu'en l'absence d'effet suspensif de son deuxième recours devant ladite Cour, le droit de Mme D C de se maintenir sur le territoire français a pris fin le 5 janvier 2023. La vie privée et familiale de Mme D C est sans incidence sur sa situation au regard des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'avait donc pas à être analysée pour satisfaire à l'obligation de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. L'arrêté comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement de cette décision. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.

5. En deuxième lieu, contrairement à ce qu'allègue la requérante, les énonciations de l'arrêté contesté font état d'éléments de fait propres à sa situation. Ainsi, l'autorité administrative a procédé, ainsi qu'elle y était tenue, à l'examen du dossier dont elle était saisie. Par suite, Mme D C n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'irrégularité, faute d'avoir été précédée d'un examen particulier de son affaire.

6. En troisième lieu, et d'une part, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de reconnaissance de la qualité de réfugié. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui reconnaître la qualité de réfugié. En l'espèce, il n'est pas contesté que Mme D C a été mise à même de présenter ses observations avant l'édiction de la décision du 31 mars 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile et le jugement du 29 septembre 2022 par laquelle la Cour nationale du droit d'asile a rejeté son recours. Il lui était en outre loisible de faire état de tout élément qu'il jugeait utile dans sa demande de réexamen formée le 29 décembre 2022. D'autre part, en se bornant à produire les documents d'identité de personnes présentées comme membres de sa famille, alors qu'au demeurant le lien de parenté n'est établi par aucune des pièces du dossier, et notamment pas le livret de famille de Mme A établi en 1993, la requérante, qui a été entendu sur ses liens privés et familiaux en France lors de son entretien à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 mars 2022, ne justifie pas de ce qu'elle disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'elle a été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que soit prise la mesure d'éloignement et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient pu faire aboutir la procédure administrative à un résultat différent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

8. La requérante, qui est née en 1986, produit un livret de famille d'une personne présentée comme sa mère, établi en 1993 et sur lequel le nom de la requérante ne figure pas. Elle ne fait valoir aucune circonstance particulière qui nécessiterait sa présence auprès d'une ou plusieurs des personnes dont elle produit les documents d'identité. Dans ces circonstances, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Cette décision n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'en obligeant Mme D C à quitter le territoire français, le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne le pays de renvoi :

9. En premier lieu, l'arrêté contesté vise les articles L. 612-12 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que Mme D C, qui a la nationalité nigérienne, n'établit pas être exposée à des peines ou traitements inhumains contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Le préfet n'était pas tenu de faire figurer dans l'arrêté ses observations sur l'ensemble des allégations de la requérante, alors que la motivation de l'arrêté est suffisamment précise pour permettre à la requérante de comprendre les motifs retenus par le préfet et de les contester si elle s'y croit fondée. L'arrêté comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

10. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 5, les énonciations de l'arrêté contesté font état d'éléments de fait propres à la situation de la requérante. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation manque en fait.

11. En troisième lieu, en se bornant à produire les informations relatives à la situation au Niger telles qu'elles figuraient sur le site du ministère français des affaires étrangères le 16 septembre 2023, ainsi que deux articles de médias en ligne dont l'un fait état de risques concernant les seuls ressortissants français, la requérante ne justifie pas davantage de ce qu'elle disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'elle a été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que soit prise la décision fixant le pays de renvoi et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient pu faire aboutir la procédure administrative à un résultat différent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

12. En quatrième lieu, en se bornant à produire des documents relatifs à la situation politique et sécuritaire au Niger, dont deux font état de risques concernant les seuls ressortissants français qui s'y trouveraient, elle n'apporte aucun élément de nature à circonstancier ses craintes. Ainsi, elle ne démontre pas qu'elle serait personnellement et actuellement exposée à des risques réels et sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique dans le cas d'un retour dans son pays d'origine, alors au demeurant que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 mars 2022 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 29 septembre 2022. Par suite, le principe de non-refoulement, les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas été méconnus.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () " L'article L. 612-10 du même code dispose : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 (). "

14. Il incombe à l'autorité qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

15. Pour satisfaire à l'obligation de motivation, le préfet ne pouvait se contenter d'énumérer les critères au regard desquels il a examiné la situation de Mme D C, mais devait également énoncer les éléments de fait sur lesquels il s'est fondé pour qualifier cette situation au regard ce ces critères. Toutefois, l'arrêté contesté ne comporte aucun élément permettant d'inférer la durée de la présence de Mme D C sur le territoire français. A supposer même que le préfet ne pouvait matériellement établir sa date d'entrée en France, il lui était loisible de faire état des allégations de l'intéressée à ce sujet, assorties, le cas échéant, de son appréciation quant à leur exactitude. Dès lors, Mme D C est fondée à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 24 mois est entachée d'une insuffisance de motivation. Par suite, cette décision doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à son encontre.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, n'implique pas que le préfet réexamine la situation de Mme D C, ni qu'il lui délivre une autorisation provisoire de séjour. Les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de procéder à ce réexamen et de délivrer cette autorisation doivent donc être rejetées.

17. En revanche, l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français implique que le signalement aux fins de non-admission de Mme D C soit effacé du système d'information Schengen. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de procéder à cet effacement, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais de l'instance :

18. Mme D C a été admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, le versement d'une somme de 800 euros au titre des frais que Mme D C devrait y exposer, soit en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au bénéfice de Me Fauveau Ivanovic, avocate, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle serait accordé à M. D C, et sous réserve alors que Me Fauveau Ivanovic renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, soit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au bénéfice de Mme D C, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle lui serait refusé.

D E C I D E

Article 1er : M. D C est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a prononcé à l'encontre de Mme D C une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de Mme D C dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour du 30 août 2023 annulée, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera la somme de 800 euros dans les conditions mentionnées au point 18.

Article 5 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E D C, à Me Fauveau Ivanovic et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

A. Löns La greffière,

I.Dad

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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