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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2311178

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2311178

jeudi 14 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2311178
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantGUEGAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces complémentaires et des mémoires en réplique, enregistrés les 21 et 26 septembre 2023 et les 12 janvier et 8 février 2024, M. A B, représenté par Me Poitout, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2023 par lequel le maire d'Aubervilliers a délivré à la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) BSG Immobilier un permis de construire pour la réalisation d'un immeuble collectif à usage d'habitation de 22 logements et d'un commerce sur une parcelle située 10 à 12 rue Charles Tillon, ensemble la décision du 3 août 2023 portant rejet de son gracieux dirigé contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Aubervilliers une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet, dès lors qu'il ne comporte pas la notice descriptive du projet, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 2.5.1.1 du règlement du PLUi de Plaine Commune applicables à la zone UM, relatives à la hauteur des constructions et celles de l'article 4.2.1 de la première partie du règlement du PLUi portant définitions et dispositions générales applicables à toutes les zones relatives à la rupture architecturale ;

- il méconnaît les dispositions des articles 5.2.2.3, 5.2.3.1 et 5.2.3.2 du règlement du PLUi applicables à la zone UM, relatives au stationnement des véhicules motorisés et des deux-roues non motorisés ;

- il ne s'intègre pas dans son environnement bâti.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 décembre 2023 et le 1er février 2024, la commune d'Aubervilliers conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 décembre 2023 et le 29 janvier 2024, la SASU BSG Immobilier, représentée par Me Guegan, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2024 pour la SASU BSG Immobilier, n'a pas été communiqué.

La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas présenté d'observations en défense.

Par une ordonnance du 6 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 septembre 2024 à 12 heures.

Vu :

- l'arrêté attaqué,

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme,

- l'arrêté du 10 novembre 2016 définissant les destinations et sous-destinations de constructions pouvant être réglementées par le règlement national d'urbanisme et les règlements des plans locaux d'urbanisme ou les documents en tenant lieu ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,

- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,

- les observations de Me Poitout, représentant M. B, et de Me Guegan, représentant la SASU BSG Immobilier.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 12 mai 2023, le maire d'Aubervilliers a délivré à la SASU BSG Immobilier un permis de construire pour la réalisation d'un immeuble collectif à usage d'habitation de 22 logements et d'un commerce sur une parcelle située 10 à 12 rue Charles Tillon. M. B demande l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision du 3 août 2023 portant rejet de son recours gracieux dirigé contre cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir, à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation du permis de construire du 12 mai 2023, de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme, applicables aux permis d'aménager. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2.5.1.1 du règlement du PLUi de Plaine Commune applicable à la zone UM : " 2.5.1.1 - Dans la zone UM () / Dans la bande de constructibilité principale : / La hauteur maximale des constructions (Hmax) est définie par les règles cumulatives suivantes : / - une hauteur de façade (Hf) au plus égale à 16 mètres ; / - une hauteur totale (Ht) au plus égale à 20 mètres ; - un nombre de niveaux limité à 5 niveaux (R+4 maximum) ". L'article 2.1.1 de la première partie du règlement du PLUi portant définitions et dispositions générales applicables à toutes les zones précise que la " () / profondeur de la bande de constructibilité principale est fixée à 20 mètres ". L'article 2.5.3 dispose que : " Hauteur totale (Ht) des constructions / La hauteur totale des constructions se mesure en tout point de la construction non compris : / - les édicules techniques (), dès lors que leur hauteur n'excède pas 3 mètres et qu'ils sont situés en recul d'au moins 3 mètres par rapport aux nus des façades () ". L'article 4.2.1 de la première partie du règlement du PLUi dispose que : " Rupture architecturale / En cas de linéaire de façade supérieur à 25 mètres sur un même terrain, le long des voies et des emprises publiques, une rupture architecturale est créée pour chaque tranche complète de 25 mètres de linéaire de façade. Cette rupture se traduit par l'utilisation concomitante d'au moins deux des éléments suivants, en tenant compte des constructions voisines et du profil urbain de la voie : / * la création d'un niveau supplémentaire au-delà de la hauteur maximale (Hmax) prévue par le règlement de zone, sur maximum 50% du linéaire de façade et dans le respect des dispositions des sections 2.2 et 2.3 de la Partie 1 du règlement. Ce niveau supplémentaire est implanté en attique et en recul de 3 mètres minimum par rapport à l'alignement. / * la suppression d'un ou plusieurs étages sur tout ou une partie du linéaire de la façade ; / * la modification des ordonnancements, matériaux ou percements ; / * la création de retraits, redans, failles, loggias, oriels ou césures, dans le respect des dispositions du paragraphe 2.1.3 de la partie 1 du règlement. / La ou les ruptures sont positionnées librement le long du linéaire de façade () ".

4. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que l'immeuble projeté, qui s'implante dans la bande principale de constructibilité, est en R+4+attique, soit six niveaux au sens des dispositions précitées du règlement du PLUi. Si M. B soutient que le projet ne peut atteindre, en zone UM, un nombre de niveaux supérieur à cinq, il ressort toutefois du dossier de demande de permis de construire que la société pétitionnaire a entendu appliquer les dispositions précitées de l'article 4.2.1 du règlement du PLUi, qui permettent la création d'un niveau supplémentaire en attique, et en recul d'au moins trois mètres vis-à-vis de l'alignement, y compris au-delà de la hauteur maximale prévue par le règlement de zone, sur maximum 50 % du linéaire de façade, dès lors qu'au moins un des trois autres éléments de rupture architecturale limitativement énumérés par ces mêmes dispositions est également mis en œuvre par le pétitionnaire. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le linéaire de façade est d'une longueur totale de 46,23 mètres, soit une longueur supérieure à 25 mètres sur un même terrain, qu'un sixième niveau, en attique, présente un linéaire de façade d'une longueur de 22,67 mètres, soit moins de 50 % de la longueur totale du linéaire de façade de l'immeuble, et que la société pétitionnaire a procédé à une diversification des matériaux utilisés et intégré des loggias et des retraits au niveau des façades de l'immeuble. D'autre part, si le requérant soutient que le projet est d'une hauteur supérieure à 20 mètres, ainsi qu'il vient d'être dit, la pétitionnaire pouvait légalement ajouter un sixième niveau à la construction projetée, y compris si cet ajout implique une hauteur totale supérieure à 20 mètres au faîtage et, en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la hauteur de l'immeuble projeté ne dépasse pas 20 mètres au faîtage, attique, épaisseur du substrat de la toiture végétalisée et garde-corps inclus. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que le projet méconnaît les dispositions des articles 2.5.1.1 et 4.2.1 du règlement du PLUi.

5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 151-28 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Les destinations de constructions prévues à l'article R. 151-27 comprennent les sous-destinations suivantes : / 3° Pour la destination " commerce et activités de service " : () activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle () " ; / 4° Pour la destination " équipements d'intérêt collectif et services publics " : () établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale () ; / 5° Pour la destination " autres activités des secteurs secondaire ou tertiaire " : () bureau ". L'arrêté du 10 novembre 2016 définissant les destinations et sous-destinations de constructions pouvant être réglementées par le règlement national d'urbanisme et les règlements des plans locaux d'urbanisme ou les documents en tenant lieu précise que : " () La sous-destination " activité de service où s'effectue l'accueil d'une clientèle " recouvre les constructions destinées à l'accueil d'une clientèle pour la conclusion directe de contrat de vente de services ou de prestation de services et accessoirement la présentation de biens () La sous-destination " établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale " recouvre les équipements d'intérêts collectifs destinés à l'enseignement ainsi que les établissements destinés à la petite enfance, les équipements d'intérêts collectifs hospitaliers, les équipements collectifs accueillant des services sociaux, d'assistance, d'orientation et autres services similaires () La sous-destination " bureau " recouvre les constructions destinées aux activités de direction et de gestion des entreprises des secteurs primaires, secondaires et tertiaires ".

6. D'autre part, aux termes de l'article 5.2 du règlement du PLUi de Plaine Commune applicable à la zone UM : " Stationnement / Les règles applicables figurent dans les dispositions générales applicables à toutes les zones (Partie 1 du règlement, section 5.2) ". Aux termes de l'article 5.2 de la première partie du règlement du PLUi : " Stationnement / 5.2.1 Champ d'application et modalités de calcul / Modalités de calcul du nombre de places / Lorsque l'application de la norme de stationnement aboutit à un nombre de places comportant une décimale égale ou supérieure à 5, ce nombre est arrondi à l'entier supérieur ". L'article 5.2.2.3 dispose que : " Norme de stationnement / Logement / Il est exigé la réalisation de : / à Aubervilliers / () / Autres logements / 0,7 place de stationnement par logement / () Bureau / Il peut être réalisé au maximum : / à Aubervilliers / () Dans la zone Z3 du plan des zones de bonne desserte applicable aux bureaux () / 1 place de stationnement par tranche entamée de 90 m² de surface de plancher. / () Artisanat et commerce de détail, restauration, activités de service où s'effectue l'accueil d'une clientèle / Il est exigé la réalisation de : / () Constructions dont la surface de plancher est inférieure ou égale à 200 m² / 1 place de stationnement () / Équipements d'intérêt collectif et services publics / Il est exigé que soit réalisé un espace de stationnement réservé au stationnement sécurisé des vélos, dimensionné pour accueillir un nombre de places de vélos correspondant à 15 % de l'effectif d'agents ou usagers accueillis simultanément. / Pour les équipements d'intérêt collectif et de service public, à l'exception de la sous-destination " autres équipements recevant du public ", cet examen peut prendre en compte la possibilité de réaliser le stationnement des deux-roues sur l'espace public, sous réserve de l'accord du gestionnaire de la voirie () ".

7. Contrairement à ce que soutient M. B, il ressort des pièces du dossier, et, notamment, de la notice de sécurité du projet, que la destination du local du rez-de-chaussée, d'une surface de 128,30 m², est renseignée au sein du dossier de demande, et précise qu'il accueillera un cabinet paramédical, pour un effectif total de dix-neuf personnes. En outre, il soutient que les praticiens du cabinet paramédical exercent leur activité dans des bureaux pour recevoir les patients, de sorte que c'est la sous-destination " bureau " qui devait être retenue, et non la sous-destination " commerce ", et, qu'en tout état de cause, il s'agit d'un équipement d'intérêt collectif, et qu'une seule place de stationnement est insuffisante pour accueillir à la fois les praticiens et les patients. Toutefois, eu égard notamment à la définition donnée par l'arrêté du 10 novembre 2016 ci-dessus visé, les locaux ayant pour objet l'exercice d'une profession libérale relèvent de la sous-destination des " activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle " et non de celle de " bureau ". Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier que le local en litige relèverait des établissements de santé et d'action sociale au sens des dispositions précitées, compte tenu de la nature de son activité paramédicale. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet prévoit des chambres à sous-destination d'hébergement pour les personnes âgées.

8. Dans ces conditions, M. B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 5.2.2.3 de la partie 1 du règlement du PLUi relatives au stationnement applicables aux locaux à sous-destination de bureau, aux locaux à sous-destination d'hébergement implantés en zone de bonne desserte " Z3 ", ni davantage de la méconnaissance des dispositions de ce même article relatives au stationnement applicables aux locaux qualifiés d'équipements collectifs et de services publics. Il s'ensuit que le projet, qui prévoit vingt-deux logements collectifs non sociaux ainsi qu'un cabinet paramédical, local d'activité de service où s'effectue l'accueil d'une clientèle, ainsi que seize places de stationnement pour les véhicules motorisés, soit quinze places destinées aux vingt-deux logements, et une place destinée au local d'activité, ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article 5.2.2.3 de la partie 1 du règlement du PLUi relatives au stationnement applicables aux locaux à destination de logement et de local d'activité de service.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5.2.3 du règlement du PLUi, s'agissant du stationnement des deux-roues non motorisés : " 5.2.3.1 Modalités de réalisation des places de stationnement / L'espace réservé au stationnement sécurisé des vélos est clôturé, couvert et facilement accessible depuis l'espace public comme depuis l'intérieur de la construction, sans marche à franchir. / () Il comporte un système sécurisé de fermeture et des dispositifs d'accroche sécurisés permettant de stabiliser et d'attacher les vélos par le cadre et au moins une roue. Des systèmes d'accroches superposés / verticaux peuvent être autorisés à condition qu'ils soient aisément utilisables par les usagers et qu'ils répondent au nombre de places demandées par la règle. Dans ce cas la surface au sol de l'espace réservé aux deux roues non motorisées pourra être diminuée sans toutefois excéder une diminution de 30% () ". L'article 5.2.3.2 précise que : " Norme de stationnement / Les normes de stationnement sont liées à la destination et aux sous-destinations de la construction. Elles s'appliquent aux constructions nouvelles (). / Les normes ci-dessous sont des minimums. / Logements / Pour toute opération comprenant plus de 2 logements, il est exigé la réalisation d'un espace de stationnement réservé au stationnement sécurisé des vélos, d'une surface minimale de : / * 1,5 m² par logement comportant 1 ou 2 pièces principales ; / * 3 m² pour les logements comportant 3 pièces principales ou plus (). / Artisanat et commerce de détail, restauration, commerce de gros, activité de service où s'effectue l'accueil d'une clientèle / Pour les constructions des sous-destinations () " activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle " dont la surface de plancher n'excède pas 500 m² () la capacité de l'espace réservé au stationnement sécurisé des vélos est déterminée en fonction des besoins estimés, compte tenu notamment de la destination de la construction et de sa situation géographique. Cet examen peut aboutir à n'exiger aucun emplacement de stationnement () ".

10. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'immeuble projeté comprend vingt-deux logements, dont quatre logements de type T2 et moins, et dix-huit logements de type T3 et plus, de sorte qu'en application des dispositions précitées de l'article 5.2.3.2 du règlement du PLUi, la surface du local de stationnement des vélos doit être de 60 m². Toutefois, il n'est pas contesté que le projet prévoit, en application des dispositions précitées de l'article 5.2.3.1 du même règlement, des systèmes d'accroches verticales des vélos, de sorte que la surface de 60 m² en principe requise peut être réduite de 30 % de cette surface, soit une réduction de 18 m², portant la surface minimale requise à 42 m². Or, il ressort de la notice descriptive du projet et du plan de masse du rez-de-chaussée que le local à vélos projeté est d'une surface de 43,39 m². D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 7, le local d'activité projeté au rez-de-chaussée a vocation à accueillir un cabinet paramédical, relevant de la sous-destination " activité de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle ", dont la surface de plancher n'excède pas 500 m², et dont la capacité de l'espace réservé au stationnement sécurisé des vélos est déterminée en fonction des besoins estimés, compte tenu notamment de la destination de la construction et de sa situation géographique, cet examen pouvant aboutir à n'exiger aucun emplacement de stationnement. En se bornant à soutenir que le centre paramédical accueillera dix-neuf praticiens, de sorte que le local de stationnement des vélos doit être d'une superficie de 60 m², M. B ne démontre pas que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article 5.2.3.2 du règlement du PLUi. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le projet méconnaît les dispositions.

11. En cinquième et dernier lieu, en se bornant à soutenir que les rues adjacentes au projet comportent des immeubles de faibles gabarits, principalement, des maisons individuelles ou immeubles en R+3, de sorte que le projet, eu égard à sa hauteur, ne s'intègre pas dans son environnement bâti, M. B, qui n'invoque la méconnaissance d'aucune disposition du code de l'urbanisme ou du règlement du PLUi de Plaine Commune, n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que l'environnement immédiat du projet est très hétérogène, comportant des constructions de gabarits très variés allant du R+2 au R+17, et que le requérant n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que le projet, eu égard à sa hauteur, ne s'intègre pas dans son environnement bâti.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

Sur les frais liés à l'instance :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Aubervilliers, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement à M. B de la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

14. En revanche, dès lors que la commune d'Aubervilliers, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat, ne justifie pas avoir engagé des frais particuliers pour sa défense dans le cadre du présent litige, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

15. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B le versement, à la SASU BSG Immobilier, d'une somme de 1 500 euros au titre des mêmes frais.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera à la SASU BSG Immobilier une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Aubervilliers sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société par actions simplifiée unipersonnelle BSG Immobilier, et à la commune d'Aubervilliers.

Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Delamarre, présidente,

Mme Renault, première conseillère,

Mme Hardy, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.

La rapporteure,La présidente,

M. HardyA-L. Delamarre

La greffière,

I. Dad

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 23111782

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