lundi 11 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2311266 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | LEBOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 septembre et le 24 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Leboul, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'oblige à quitter le territoire français, refuse de lui accorder un délai de départ volontaire, fixe le pays de destination duquel il pourra être éloigné et lui interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de vingt-quatre mois ;
3°) d'enjoindre à toute autorité administrative compétente, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, injonction assortie d'une astreinte fixée à 50 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;
4°) d'enjoindre au préfet de Seine-Saint-Denis de faire procéder à l'effacement de son signalement dans le fichier SIS ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros à verser à son conseil en application des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décisions portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée, résulte d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivé, viole les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et résulte d'un défaut d'examen particulier et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français durant douze mois est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et est insuffisamment motivée, résulte d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête comme infondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat chargé du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 27 novembre 2023 :
- le rapport de M. Baffray ;
- les observations de Me Leboul pour le requérant, et de celui-ci.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Une note en délibéré présentée pour M. A a été enregistrée le 27 novembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte des pièces du dossier que M. A, ressortissant malien né le 12 novembre 1982, a sollicité une protection au titre de l'asile qui a été rejetée par une décision du 18 décembre 2015 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision définitive de la Cour nationale du droit d'asile du 8 juin 2016 notifiée le 27 juin suivant. Par un arrêté du 21 septembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant vingt-quatre mois. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
3. Au cas particulier, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
4. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles pertinents du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise que sa demande d'asile a été définitivement rejetée, qu'il est entré irrégulièrement en France et s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement prononcée le 5 mai 2017, n'a pas déclaré d'adresse fixe, qu'il est célibataire et sans enfant et ne justifie pas de l'intensité de l'ancienneté et de la stabilité de ses personnels et familiaux en France, et s'il fait état d'une démarche pour obtenir un titre de séjour, ne le prouvait pas et restait en situation irrégulière. Ainsi, l'ensemble des décisions attaquées mentionne les circonstances de droit et de fait qui correspondent à la situation de M. A et en constituent le fondement. Dès lors, elles sont suffisamment motivées.
5. En deuxième lieu, si M. A fait valoir que, contrairement à ce qu'indique l'arrêté en litige, il dispose d'un passeport en cours de validité, d'une adresse stable chez un tiers, il avait déclaré lors de son audition préalable aux mesures contestées qu'il ne disposait que d'un acte de naissance et ne pas avoir d'adresse fixe tandis qu'il est constant qu'il demeure en situation irrégulière, la demande de titre de séjour qu'il avait présentée en 2016 ayant bien été rejetée. Ainsi, il ne peut sérieusement reprocher au préfet un défaut d'examen de sa situation personnelle pour ces motifs.
6. En troisième lieu, il ressort des éléments du dossier que M. A est célibataire, sans enfant à charge, hébergé chez un tiers, a confirmé être entré irrégulièrement sur le territoire français le 2 février 2015, a reconnu lors de son audition par les services de police s'être soustrait à l'exécution d'une mesure d'éloignement du préfet de police prononcée le 5 mai 2017 et demeure depuis irrégulièrement sur le territoire français. Ainsi, même si M. A était, à la date de l'arrêté, titulaire d'un passeport en cours de validité, aurait déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour en février 2023 et établit, par les pièces produites lors de l'audience, occuper un emploi de manière irrégulière depuis plus de huit ans et avoir déclaré ses revenus de l'année 2022 à l'administration fiscale, ces éléments ne permettent pas de considérer que l'obligation de quitter le territoire français, le refus de lui octroyer un délai de départ volontaire et l'interdiction de retourner durant vingt-quatre mois sur le territoire français porteraient une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, auraient été pris en violation des dispositions des articles L. 612-2, L. 612-3 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou résulteraient d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, y compris du risque qu'il se soustraie à nouveau à l'obligation de quitter le territoire français.
7. En dernier lieu, M. A n'étant pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est illégale, les moyens tirés de ce que les décisions qui l'assortissent sont illégales par voie de conséquence de son illégalité ne peuvent qu'être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de M. A ne peuvent qu'être rejetées, de même que, par conséquent, celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Leboul et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2023.
Le magistrat désigné,La greffière,
J.-F. BaffrayD. Coulibaly
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026