mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2312258 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TORDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2023, Mme A B, représentée par Me Tordo, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de mettre à jour son statut sur la plateforme de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF) afin de lui permettre de renouveler son titre de séjour et de lui accorder un rendez-vous, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité dans laquelle elle se trouve d'obtenir une date de convocation dans un délai raisonnable porte atteinte au droit des ressortissants étrangers de voir leurs demandes de titre de séjour examinées, et l'empêche de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour ;
- la mesure demandée est utile dès lors que cette situation la prive de toute voie de droit permettant de faire examiner sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Renault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante congolaise, est entrée en France le 29 décembre 2021 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiante, qu'elle a fait régulièrement enregistrer. Elle a ensuite sollicité le renouvellement de son titre de séjour et a été informée qu'une décision favorable sur sa demande avait été prise le 5 octobre 2022, et qu'une carte de séjour temporaire, portant la mention " étudiant - élève ", valable du 15 décembre 2022 au 14 décembre 2023, était en cours de fabrication. Estimant être dans l'impossibilité de déposer une nouvelle demande de renouvellement de son titre de séjour du fait d'un dysfonctionnement informatique, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de mettre à jour son statut sur la plateforme de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF) et de lui donner un rendez-vous pour lui permettre de déposer son dossier de demande de renouvellement du titre de séjour sollicité.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. Mme B soutient qu'un dysfonctionnement informatique l'empêche de procéder en ligne au dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Aux fins de l'établir, elle produit une unique capture d'écran, anonyme et non datée, indiquant que l'administration n'a pas connaissance de la date de remise de son dernier titre de séjour, ceci faisant obstacle, selon l'intéressée, au dépôt d'une demande de renouvellement de ce titre. Mme B ne conteste pas qu'elle n'est pas en possession de ce titre, mais justifie cette situation par l'absence de tout message, par quelque voie que ce soit, l'informant de la disponibilité de son titre de séjour et l'invitant à le retirer, depuis l'information du 5 octobre 2022 mentionnée au point 1, sans toutefois établir ni même alléguer s'est enquise de sa disponibilité ou avoir effectué des démarches afin de pouvoir retirer ce titre. Elle produit également un courriel adressé aux services de la préfecture, daté du 3 octobre 2023, sollicitant " le renouvellement de [son] récépissé " qu'elle souhaiterait " prolonger avant expiration en attendant l'obtention de [son] diplôme ", mais si elle indique à cette occasion qu'elle n'a toujours pas son titre de séjour, elle ne demande pas de rendez-vous afin de pouvoir le retirer. D'une part, il ne résulte ainsi pas de l'instruction, que Mme B, qui ne justifie pas de raisons impérieuses justifiant cette absence de diligences, aurait réalisé l'ensemble des démarches qu'il lui était possible d'accomplir afin de retirer son titre de séjour avant que ne s'ouvre le délai dans lequel elle pouvait procéder à une demande de renouvellement de ce titre. D'autre part, la requérante n'établit pas davantage qu'elle serait dans l'impossibilité de demander un rendez-vous pour retirer le titre de séjour qui lui a été accordé, et procéder ensuite à une demande de renouvellement de ce titre, en se bornant à produire une capture d'écran d'un téléphone portable, non datée, indiquant qu'il n'y a plus de plage horaire libre pour une demande de rendez-vous, et dont l'objet n'est, au demeurant, pas mentionné.
6. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de preuve d'un quelconque dysfonctionnement technique, les mesures demandées ne présentent manifestement pas de caractère d'utilité. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Montreuil, le 31 octobre 2023.
La juge des référés,
Signé
Th. Renault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026