LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2312281

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2312281

jeudi 21 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2312281
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre (JU)
Avocat requérantMAILLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 octobre et le 8 décembre 2023, M. A C, représenté par Me Maillard, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2023, par lequel le préfet de la Seine-et-Marne en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français, refuse de lui accorder un délai de départ volontaire et fixe le pays de destination duquel il pourra être éloigné ;

3°) sur le fondement des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente du réexamen et selon les mêmes modalités d'astreinte, une attestation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence, d'insuffisance de motivation révélant un défaut d'examen complet de sa situation, d'une méconnaissance de son droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et en tant que principe général du droit de l'Union européenne, d'une erreur de droit - le préfet s'étant cru à tort en situation de compétence liée -, d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'exception d'illégalité, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'exception d'illégalité.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2023, le préfet de la Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est infondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat désigné chargé du contentieux des mesures d'éloignement.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus à l'audience publique :

- le rapport de M. Baffray ;

- les observations de Me Maillard pour M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant malien, né le 30 novembre 1969 ou 31 décembre 1970 selon ses déclarations, déclare être entré régulièrement en France en 1998 et s'y être maintenu depuis cette date. Le 17 septembre 2010, il s'est vu délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", qu'il a renouvelée le 17 novembre 2016. Le 17 septembre 2020, il a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle le 17 septembre 2020. Toutefois, le 6 août 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande. Par un arrêté du 14 octobre 2023, le préfet de la Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination duquel il pourra être éloigné. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".

3. Au cas particulier, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

4. En premier lieu, il ressort des pièces produites par le préfet de la Seine-et-Marne que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, M. D B, sous-préfet chargé de mission auprès du préfet de la Seine-et-Marne, manque en fait.

5. En deuxième lieu, le préfet a visé les articles pertinents du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ceux régissant les obligations de quitter le territoire français, l'octroi d'un délai de départ volontaire et les interdictions de retourner sur le territoire français, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise également les éléments de faits pris en compte pour leur application, notamment que M. C, sans ressources légales et régulières, déclare être marié et avoir des enfants vivant au Mali et ne justifie d'aucune circonstance particulière pouvant faire obstacle à ce qu'il retourne dans son pays d'origine sans délai. Dès lors, la décision attaquée comporte un exposé suffisant des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et, dans la mesure où elles correspondent aux déclarations que l'intéressé a faites lors de son audition préalable à l'édiction des mesures contestées, attestent d'un examen particulier de sa situation personnelle. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées seraient entachées d'insuffisance de motivation, comme l'exigent notamment les dispositions invoquées de l'article L. 613-1 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français, qu'elles procèderaient d'un défaut d'examen complet de sa situation ou que cette motivation révèlerait que l'autorité préfectorale se serait crue à tort en situation de compétence liée pour les prononcer.

6. En troisième lieu, l'intéressé a, comme il l'indique d'ailleurs dans son mémoire complémentaire, été entendu par les services de police avant l'édiction de l'arrêté contesté et a pu à cette occasion présenter ses observations sur la mesure d'éloignement envisagée et faire état des éléments qui pouvaient y faire obstacle. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir que son droit d'être entendu préalablement à toute acte défavorable le concernant, en tant que principe du droit de l'Union européenne, a été méconnu.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ".

8. Il est constant que, comme le relève l'arrêté litigieux, M. C s'est vu refuser, le 6 août 2021, le renouvellement de la carte pluriannuelle qui lui avait été initialement délivrée en 2016 et n'était pas, à la date de cet arrêté, titulaire d'un autre document l'autorisant à séjourner sur le territoire français. Par ailleurs, les pièces produites par M. C, en particulier les avis d'imposition sur les revenus, attestations de carrière et d'hébergement, ne permettent pas d'apprécier les conditions et la continuité de son séjour depuis 1998et l'intensité de de ses liens en France, tandis qu'il n'est pas contesté qu'il possède l'essentiel de ses attaches familiales et personnelles au Mali, où vivent son épouse et ses enfants, nés en 2005 et 2011. Dans ces circonstances et même si M. C a résidé sous couvert de titres de séjour de 2010 à 2021, justifie, en cours d'instance, avoir fait appel du jugement du tribunal administratif de Montreuil n° 2117221 du 31 janvier 2023 rejetant son recours contre la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis refusant de renouveler le titre de séjour pluriannuel et peut se prévaloir d'une attestation de connaissance de la langue française délivrée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration en 2010, l'obligation de quitter le territoire français, prise conformément aux dispositions précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne porte pas au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et ne résulte pas d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.

9. En revanche, compte tenu des mêmes éléments, mais aussi de ce que M. C est titulaire d'un passeport en cours de validité et a sollicité son admission exceptionnelle, tandis qu'il ne ressort d'aucun élément du dossier qu'il ait jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il existerait un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, la décision refusant de lui accorder le délai de départ volontaire assortissant en principe une telle obligation, en application de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, résulte d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. M. C est dès lors fondé à en demander l'annulation pour ce motif.

10. En dernier lieu, dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale, le moyen tiré de l'illégalité de la décision de refus d'octroi d'un départ volontaire par voie de conséquence de l'illégalité de cette obligation ne peut qu'être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire. Une telle annulation n'implique aucune mesure d'exécution.

12. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme à verser au conseil de M. C en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 14 octobre 2023 du préfet de la Seine-et-Marne est annulé en tant seulement qu'il refuse d'accorder à M. C un délai de départ volontaire.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Maillard et au préfet de la Seine-et-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

Le magistrat désigné,La greffière,

J.-F. BaffrayD. Coulibaly

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions